ACTE DEUXIEME
LE COMTE
Ma ch^re, soyez bonne, comme vous savez l'être, quand vous voulez... Pennettoz que la dette que j'ai coufractée envers le pî-re, je la paie au fils... Je me résij^nerai à le voir s'éloigner, puisque vous ne pouvez le souffrir aupr.''S de vous, mais je veux, avant, le faire nommer chef d'escadron... C'est l'affaire de quelques mois...
SARAH
C'est bien ! Je traiterai donc M. Séverac, comme un être privilégié. Il aura le droit de tout dire et de tout faire, sans que j'aie, moi, le droit de trouver rien mauvais... Est-ce suffisant?
LE COMTE
Ce serait trop, s'il était homme à s'imposer... Mais soyez tranquille, je le connais : vous le verrez encore un peu moins que par le passé.
Tant mieux!
LE COMTE
Vous aurez la gracieuseté de le recevoir tout à l'heure : il attend.
SARAH
Va-t-il falloir que je lui fasse des excuses?
LE COMTE
Tendez-lui la main et tout sera effacé. Je vous laisse. Blanche m'a écrit qu'elle désirait me voir. Le ton de sa lettre me paraît plus sérieux que de coutume. Peut-être va-t-elle prendre la résolution que je lui conseille depuis .si longtemps.
SAIiAH, avec ironie.
Et quitter le couvent ?
LE COMTE
Oui!
SARAH
A merveille, elle pourra causer avec M. Séverac. Ils mettront en commun, elle, son mysticisme, lui, sou puritanisme. Cela fera un délicieux mélange.
LE COMTE, avec reproche.
Pardonnez-moi, je plaisante. .J'aime beaucoup votre nièce. Vous voulez que je reçoive monsieur Séverac, je le recevrai; seulement, j'ai un peu mal aux nerfs et puis, il y a de l'orage, et puis j'ai dansé, et puis... et puis... Enfin n'ai-jepas le droit d'avoir des lubies?
LE COMTE, très tendrement.
Je vous fais faire une chose qui vous contrarie, voilà tout!... ^n l'embrasse sur le front.) Soyez assez bonne pour ne pas m"en vouloir.
Il sort.