‹ La comtesse Sarah (volume 2)Chapitre 49 sur 105 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

mes yeux se sont ouverts... Depuis un an, vous me fuyiez et moi, instinctivement, je m'elTorçais d'élever entre nous des obstacles. Une sorte de fatalité nous a poussés Tun vers l'autre... Et qui donc aurait triomphé, là où nous nous sommes perdus ?

SÉVERAC, amèrement.

De plus honnêtes que nous.

s ARA H.

De moins ignorants, ou de moins sincères. D'ailleurs, ce qui domine tout, c'est notre amour? Ne pensez qu'à mon ivresse, n'entendez que mes aveux, ne voyez que mon sourire... .Je vous aime ! Je le sais maintenant : je n'ai jamais aimé et n'aimerai jamais que vous.

SÉVERAC

Ah I quel charme a votre voix, quelle douceur ont vos yeux ! Je vous écoute, je vous regarde et je reste sans résistance. Ah ! si vous devez m'imposer le mal, au moins faites que j'oublie tout ce qui n'est pas vous

et votre beauté ! (Roulement de voiture au dehors, Séverac

avec trouble.) Écoutez !... Quelqu'un vient!... c'est lui ?

(il interroge Sarab du reirard, elle répond affirmativement en

baissant la tête.) Ah ! je ne pourrai jamais soutenir son regard I

s Ali A H, à voix basse.

Si VOUS partez maintenant... Vous n'oserez jamais le revoir...

SÉVERAC

Par pitié !

SARAH, avec force.

Je ne veux pas que vous me quittiez ]...

'séverac.

Laissez-moi !

Il marche vers la porte.

SARAH, s'élançant vers lui.

Ah ! prenez garde ! Je défends plus que ma vie, eii ce moment. Si vous laites un pas pour sortir... (Elle vr. à la feaétre.) j'ouvre cette fenêtre et je me brise le front sur le pavé... Partez, maintenant, si vous l'osez !

Séverac s'arrête immobile.

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