ACTE DEUXIÈME
moi une dangereuse «lupcrie. Parco qu'entre une femme comme vous, et un homme comme moi, un tel lien est impossible. Parce que le sentiment que j'éprouverais, pourrait tout d'abord être pur, mais se corromprait fatalement. (Mouvoment de sarah.) Ah ! je sais que je me perds à jamais dans votre esprit, mais puisque vous me forcez à parler, sachez donc ce qui pourra complètement vous expliquer ma conduite. Si, depuis que je vous connais, je vous ai fuie, c'est que vous êtes si belle qu'on ne peu^ vous approcher sans vous aimer, et que vous aimer, pour moi, eût été un crime. C'est qu'en vous écoutant, ma volonté fléchit, qu'en vous regardant ma raison se trouble, et que, tenez, en ce moment même, je prononce des paroles que je devrais retenir au prix de ma vie... qui cependant m'échappent, et pour lesquelles vous allez me chasser... Oh ! je l'espère bien!
s AU A H, (leboat, appuyée à la chaise, comme défaillante, bas.
Vous avez raison. Éloignez-vous, adieu !
SKVERAG.
Adieu !
Il marche vers la port«.
SARAH, se laissant tomber sur la chaise, la tète dans ses mains.
C'est fini maintenant, je ne le reverrai jamais.
SÉVERAG, s arrêtant en l'entendant pleurer et venant à elle.
Par grâce, au moins, ne pleurez pas, vous me déchirez le cœur : je vous en prie, ne pleurez pas.
Elle se tourne, ils se trouvent face à face se dévorant du regard. SARAH.
Oh ! aveugle, qui ne comprends pas que je ne peux plus vivre s'il n'est pas là.
PII". URE, la prenant da»s ses bras.
Sarah ! ah !... je vous adore !
SARAH, la tète sur 1 épaule de Séverac.
Ah!
SÉVERAC, revient à lui, la regarde, puis avec horreur la repoussant.
Ah ! misérable que je suis ! Tout ! tout, pour raclieter cette honte I...
SARAH
Pierre !
SÉVERAC
La mort ! La mort cent fois pkitùt 1
SARAH
Alors tous les deux !
SÉVERAC, avec égarâinent.
Vous? non! C'est moi qui suis coupable.
SARAH
?klème faute, même châtiment. D'ailleurs, croyezvous que la mort me fasse peur?
SÉVERAC
Oh I Je la demande pour moi. Mais je n'en veux pas pour vous. Et puis, est-ce ainsi que nous devons expier?. . Nous n'avons devant nous qu'une issue, la séparation éternelle.
SARAH, avec force.
Tout, excepté cela !
SÉVERAC, avec désespoir.
Je vous en prie, accusez-moi, exécrez-moi, rendezmoi seul responsable, mais oubliez cette seconde de folie.
SARAH
Et quand je le pourrais, qui vous dit que je le veuille ? Par ce qu'il y a de plus sacré au monde, quand je vous ai parlé d'amitié tout à l'heure, j'étais sincère. Je me faisais illusion à moi-même... En un instant,