‹ La comtesse Sarah (volume 2)Chapitre 54 sur 105 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

LE COMTE

D'abord, parce qu'il fait cinquante degrés à l'omLre, ensuite parce que les indigènes se battent très bien.

ZOÉ, étourdiment.

Est-ce vrai qu'ils mutilent leurs prisonniers?

ME K LOT

Parfaitement. Ils leur coupent le nez, lesoreJlles,et souvent, pour linir, la tète.

ZOÉ

Pourquoi ne commencent-ils pas parla?

Pour faire durer le plaisir plus longtenq^s.

/OÉ, à son mari.

Heureusement, tu n'iras pas.

MADAME SMOUDKN.

En Amérique aussi, nous avons des guerres, avec les Peaux-Rouges. Il y a trois ans, j'ai accomi^agné mon mari de New-York à San-Francisco. Il y avait des soldats dans le convoi, et, dans les gares, on forçait les voyageurs à s'armer de revolvers.

FROSSARD

Un vrai train de plaisir.

MADAME SMORDEN, avec tranquillité.

Nous n'avons pas été attaqués. Je l'ai regretté : M. Smorden est le meillfur fusil de Chicago. Il eût fait des prodiges. Seulement il m'avait préveoue que, si les Indiens paraissaient avoir le dessus, il me tuerait, de sa main, avant la fin du comJiat.

ZOÉ

Pourquoi ?

MADAME SMORDEN.

r.Iuis, ma chère, pour ne pas m'e.\poser à devenir la

femme d'un grand chef, ayant des plumes plantées sur la tète et des chevelures humaines suspendues à la ceinture.

FROSSARD

Bah! ces hommes-là sontpeut-i'4rede relations charmantes dans lintimité.

MADAME SMORDEN.

Quelle horreur !

LA LIVINIÈRE.

Avec vos belles toilettes, ils vous auraient prise pour une déesse. Vous avez peut-être été à deux doigts d'un temple.

MADAME SMORDEN.

Eti bien ! en tant que d'avoir un autel...

FROSSARD

Vous préférez l'avoir aux Champs-Elysées ?

MADAME SMORDEN, gaiment.

Parfaitement.

LE COMTE

Et vous avez raison

ZOÉ

Oh ! messieurs, des récits d'insurrection et de massacre, le soir, cela donne le cauchemar. Dansons.

LE COMTE

C'est ça !

Voilà leur mot d'ordre ! (sortie par couples.) Dis donc, Canalheilles, il faut que je te fasse part d'une découverte que j'ai faite.

Voyons.

AGTK TROISIÈME 79

MEIILOT.

Il y a tontes les nuits un homme qui se promène dans le parc.

LE COMTE, tranquillement.

Eh bion! c'est quelqu'un iini aime le grand air et le clair de lune.

MERLOT

Et qui passe de préférence sous les fenêtres du pavillon qu'habitent mademoiselle de Cygne et ma lille... Il a même, la nuit dernière, longé un espalier, dont il a fait tomber les poires. Des crassanes ! Polisson !

LE COMTE

Qui soupçonnes-tu?

MERLOT

Parbleu! L'est ce scélérat de Frossard.

LE COMTE

Si c'est lui, il mérite une leçon, ((uoique vraiment le pauvre garçon soit poussé à ces extravagances par les façons de geôlier que tu as avec ta fille. En t us cas, silence, et quand tout le monde sera couché, ce soir, nous deux, en fumant un cigare dans le parc...

MEKLOT.

Compris! Ça me va! Nous surprenons le gredin...

LE COMTE, gaîment.

Et comme il a compromis ta tille, tu es obligé de l'accepter pour gendre.

De lui couper les oreilles... J'aime mieux ça l

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