ACTE QUATRIÈME H
BLANCHE
Mon bon oncle, ma reconnaissance et ma tendresse sont infinies... Je n'oublierai jamais les bontés que vous avez eues pour moi.
LE COMTE
Eh bien ! si tu veux t'acquitter, sois heureuse. Qu'en te voyant souriante, je puisse me réjouir avec cette pensée : tout ce que ma chère sœur a pu souhaiter pour son enfant, je l'ai réalisé... Je l'ai donnée à l'homme qu'elle aime, et son bonheur est mon œuvre...
BLANCHE, fiévreuse.
Réjouissez- VOUS donc. Je suis heureuse!
LE COMTE
Cependant, par instants, tu as l'air si triste... Pourquoi?
BLiVNGHE.
N'est-ce pas explicable ?... Ce jour est de ceux qui font penser aux êtres chers qu'on a perdus, et qu'on voudrait avoir auprès de soi... Ainsi, toute joie se mélange d'amertume... Mais rassurez -vous... je suis heureuse I...
Sévcrac entre par la gauche une lettre à la main. Krossard par le fond.
LE C G M T K , à Séverac.
Qu'est-ce que c'est ?
SÉVEUAC.
C'est une lettre qu'un planton vient d'apporter, mon général.
LE COMTE, prend la lettre et l'ouvre. A Frossard.
Eh bien ! mon cher Frossardj?
FROSSARD
Eh bien! moncher comte, j'ai trouvé madame la com-
M() LA COMTESSE SARAIl
tcsso fort vaillante. Elle avait quelques questions à m'adresser... Notre conversation s'est prolongée peutêtre plus qu'il n'eût fallu, et l'a un peu fatiguée... Elle désire se reposer.
LE COMTE, qui a lu sa lettre.
Le chef d'état-major du ministre me fait appeler. (a Séverac.) Il s'agit de vous, sans doute. Vous pouvez aller chercher votre mère... Vous viendrez directement à la mairie... (a Blanche.) Avant une heure, je serai de retour.