ACTE QUATRIEME H
partir, allor an devant de la mort!... Ah ! pourquoi unije pas pu? Vous auriez consorvu de moi un tendre et fier souvenir... Tandis que, maintenant, je vous...
(il va dire: *je vous aime», Blanche 1 arrête d'an geste. Il continue avec désespoir.) et je sais que je ne puis rien espérer !
BLANCHE, très troublée.
Monsieur, je vous en prie... Dans un instant je n'aurai pas trop de toute mon énerp;ie... D'ailleurs, entre nous, ce n'est pas du passé qu'il doit être question, c'est de l'avenir. En vous épousant, vous savez quel devoir rigroureux, j'accepte... Facilitez-m'en jusqu'au bout l'accomplissement... Doublez ma force, en m'assurantque, quoi qu'il arrive, je puis compter sur vous comme sur moi-même. Enfin, r.idez-moi à sauvegarder la sécurité morale de celui qui ne doit pas souffrir.
SÉVERAG.
Je VOUS appartiens : disposez de moi.
BLANCHE
La comtesse va venir. Une dernière lutte va s'engager, décisive, entre elle, défendant ce qu'elle appelle son bonheur, et moi, défendant notre honneur à tous. Eh bien, ce que je veux obtenir, c'est que vous vous éloigniez d'ici en ce moment, votre présence serait pour nous le plus grand des dangers.
SÉVERAC
Il sera fait comme vous le désirez...
BLANCHE
Je vous remercie.
SÉVER.\C, humblement.
Je ne le mérite pas. Mais s'il vous plaît de me savoir gré de mon obéissance, c'est à une autre que moi que je vous demande de paj^er cette faible dette... En partant, je vais laisser ilerriére moi une pauvre femme, ma mère, à qui je vous prie de penser quelquefois quand je ne serai plus là... Reportez sur elle l'affection dont je me suis rendu indigne. Et, si je viens à disparaître, soyez assez bonne pour ne l'abandonner jamais.
120 I.A COMTESSE SARAII
Je serai sa fille.
SÉVERAG, avec émotion.
Ah!... Vous m'accordez plus que je ne pouvais espérer.
BLANCHE, écoutant.
Quelqu'un vient... allez!... (Séverac sort par le jardin. — La porte du fond s'ouvre. Sarah paraît.) C'est elle!