‹ La comunauté des chirurgiens de RouenChapitre 51 sur 88 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

L’an de grâce mil sept cent dix sept le jeudi trentième jour de décembre devant nous François de Houppeville, écuyer, seigneur de Semilly, conseiller du Roy, lieutenant général de police en la ville, bailliage et vicomté de Rouen, se sont comparus honnêtes hommes Pierre le Terrier et Jacques Aveaux, maîtres chirurgiens jurés royaux année présente, en cette ville,

et bailliage de Rouen et François Thibaut fils et Louis Chupaut prévosls de la dite communauté, lesquels nous ont attesté que Jacques Mesnard est capable et sullisant d’être reçu maître du dit art de chirurgien par chef d’œuvre en ayant fait expérience. Et à celte lin nous le présente. A ces causes et du consentement du procureur du Roy de ce siège, Nous avons le dit Jacques Mesnard juré et reçu maître chirurgien en celte ville et bailliage de Rouen, par chef d’œuvre, pour par lui en jouir et l’exercer de ce jour à l’advenir ainsi que les autres maîtres du dit art.

Fait comme dessus :

De Houppeville, Germain, Beurey.

Scellé à Rouen, le 14 janvier 1718. Coût : Ving cinq sols. Delaurier. {Arc h. dcp., 25 3.)

Commissionnement d’un chirurgien préposé (1672).

Adrien de Grouchy chirurgien juré à Rouen lieutenant de Monsieur le premier barbier et chirurgien du roy, garde des Chartres, statuts et privilèges et ordonnances royaux faits sur l’art et état de maître barbier chirurgien de la ville, bailliage et vicomté du dit Rouen à tous ceux qui les présentes verront salut savoir faisons sur la requête à nous présentée par Nouel Jouenne , natif de la paroisse de Motteville, lequel est aspirant à la maîtrise de chirurgie au bourg d’Elbeuf attendu qu’il a exercé l’état l’espace de dix ans et plus tant en cette ville de Rouen, Paris que autres villes de ce royaume, même aux armées et en l’Hôtel Dieu de la ville de Paris, ayant fait son apprentissage sous M® Isidore Fauconnet M® chirurgien demeurant au bourg de Saint Valéry en Gaux selon ce qu’il nous est apparu de l’attestation signée du sieur Fauconnet passée devant Auvray tabellion de la haute justice assisté de Mathieu le Rouge son adjoint le xxc de ce mois par laquelle il est établi que Jouenne a fait actuelle demeure en sa maison l’espace de trois années consécutives qui ont fini en l’année 1645, le tout signé de Jouenne, Auvray et Mathieu le Rouge, tendant le dit Jouenne à être admis à faire le chef d’œuvre de barberie pli lé-

botomie, d’étancher un flux de sang aux personnes malades ou devenant blessées et faire barbes et cheveux et ce qui dépend de la fonction, de tenir boutique ouverte au bourg d’Elbeuf, pendre bassin et non ailleurs. Nous avons délibéré après avoir ouï et interrogé le dit Jouenne et instruit sur les points contenus en icelle et à lui fait faire plusieurs opérations chirurgicales en la présence de Me Jacques Le Vilain Maître garde, année présente, du dit état de chirurgie, Michel Lambert, Antoine de Henault, Guill. Danbin et François Roussel Maîtres particuliers de l’art et nonobstant la non compagnie de Me Nicolas deSahurs et Daniel Aveaux invités pour le sujet à notre hôtel d’école, desquelles interrogations et opérations il s’est bien et dûment acquitté a cause de ce nous l’avons jugé capable de faire l’exercice de l’art de chirurgie barberie phlébotomie, d’étancher un flux de sang, asseoir un premier appareil aux personnes malades ou récemment blessées, pour ces causes et autres bonnes considérations nous avons permis au dit Jouenne d’exercer l’art de chirurgie aux bourgs d’Elbeuf et villages circumvoisins, non ailleurs, tenir boutique ouverte, pendre bassins, faire phlébotomie, étancher un flux de sang aux personnes malades ou récemment blessées, barbes et cheveux, de jouir des privilèges ainsi que les autres qui ont exercé le dit art de chirurgie au bourg d’Elbeuf ; parce que le dit Jouenne, en cas de conflit, appellera quelque maître de la ville pour conseil, à laquelle lin avons au dit Jouenne- permis de prononcer le serment en la forme requise et accoutumée. A lui enjoint de garder et observer les statuts et ordonnances de l'art en la forme entendue, sans soutïrir ni laisser souffrir aucun abus et. s’il s’en commettait, nous en donner avis pour le faire corriger devant Notre Seigneur du grand conseil du Roi, duc, écuyer et conservateur des privilèges. A quelle fin avons signé et scellé de notre cachet et contresigné par notre greffier ordinaire à Rouen le lundi 27° jour d’août I6ül. Signé : de Grouchy et Pigeon, grellier, chacun paraphé et scellé du sceau de cire rouge et les présentes lettres en date du 29 août llidl dûment signées et scellées en reconnaissance d'icelles par David Delamare ci devant lieutenant, du 2 octobre 1(571.

Le clerc grellier nous avons permis au dit Jouenne de jouir

des privilèges suivant les lettres à nous assignées et apposé notre scel ordinaire et fait signer par notre greffier à Rouen cejourd’hui x x b 1 1 Ie octobre, gbci soixante et douze (1672.) — (Arch., reg. 217- 221.)

Apprentifs.

Inscription. — Devant nous Pierre Alexandre Le Périgé, chevalier seigneur de Porpinché(?) conseiller du roy, lieutenant particulier au bailliage et siège présidial de Rouen, Paul Leroux, (ils de Charles, a été juré apprenti de l’art de chirurgien juré royal, en celte ville et banlieue de Rouen sous Louis François Thibault maître reçu aujourd’hui, pour le temps de l’ordonnance, pendant lequel le dit maître sera tenu de fournir à son dit apprentif, boire, manger, feu, lit et l’hostel, lui montrer son dit art suivant les accords et pactions faites entre eux, nonobstant la non comparance des gardes et prévost du dit art nommés à cet effet aujourd’hui 8 heures du matin par exploit de Petit huissier etc... (1731.)

Démission. — En 1732, le 4 janvier, pareil engagement et serment pour Jean Dumesnil Huard. Puis, eu marge, se trouve à la date du 26 août même année : Je soussigné Jean Rapt. Huard, natif du diocèse de Coutance, déclare que comme la profession de l’art de chirurgie ne me convient plus et que j’ai demandé à ce sujet à sortir de chez le sieur Ménard, chirurgien juré à Rouen, sous lequel je me suis engagé en qualité d’apprentif pour le temps de trois années consécutives aux termes des règlements du dit art, ainsi qu’il est porté dans l’accord fait entre nous le 3 décembre 1731 et dans l’acte de serment que j’ai fait en conséquence devant M. le lieutenant général de police de Rouen le 4 janvier 1732, je renonce dès ce jour et à toujours à faire aucuns actes de la dite profession et art de chirurgie dans la ville et banlieue de Rouen sous et chez aucuns des maîtres qui composent la communauté des chirurgiens de cette ville. Fait à Rouen en présence de M® Guilvot premier prévost, receveur de la communauté, déposé au greffe de M1' Jourdain greffier de M. le premier chirurgien du roi dans

la communauté de la ville, le 26 août 1732. A ce moyen le marché d’apprentissage a été sauvé. Signatures Huard, Guilyot, Gaultier, Jourdain.

Renvoi par un maître. — Nicolas Freuel, fils de Jean a prêté serment d’apprentif le 25 février 1734 sous Me Pierre Rouverel et, en marge de ce serment, à la date du 13 mars 1736, on trouve : Je certitie avoir cejourd’hui remis au coffre de la communauté le brevet d’apprentissage en parchemin de Nicolas Frenel dont la copie est cy à costé, parce que le dit Freuel n’a pas rempli ni satisfait aux conditions portées dans l’accord que nous avions fait ensemble verbalement, ni aux statuts et règlements. — A Rouen 13 mars 1736. — Rouverel, Roussel.

Brevet d’apprentissage.

[Registre des délibérations, décembre 1728.)

Le soussigné Charles Léger, maître chirurgien juré demeurant rue Orbe, paroisse de Saint-Nicaise, connais et confesse avoir fait marché avec le sieur Jean Louis Briffaut père pour montrer l’art de chirurgie à son fils Charles Briffaut, savoir de montrer ma profession, à raser, à faire les cheveux, saigner, panser et étudier la profession de chirurgien et généralement tout ce qui lui sera possible dans sa boutique, pendant l’espace de trois années consécutives à commencer le 1er de décembre 1726 et finir à pareil jour que l’on comptera 1729 et s’oblige pendant les dites trois années à le nourrir, coucher, blanchir. Outre cela le dit sieur Léger s'oblige de le faire jurer de la dite profession devant les prévost de notre profession à ses dépends, et le sieur Briffault s’oblige par le présent, pour satisfaction du présent marché et pour en supporter les frais, de payer, savoir la somme de deux cents cinquante livres. Le premier paiement sera dans le mois de janvier prochain la somme de cent livres et le second paiement à la Saint-Jean sera de vingt-cinq livres et le restant à la fin des trois années. Fait double à Bonsecours ce deuxième jour de décembre 1726, approuvé, signé Léger et Briffault, chacun un paraphe.

Le présent brevet d’apprentissage registré suivant les règlements par moi Henri François Jourdain grellier ordinaire du premier chirurgien du Roy et approuvé à Rouen 6 décembre 1728.

1773. — Certificat de stage.

David, Docteur en médecine, maître en chirurgie de Paris, professeur et démonstrateur royal de chirurgie et d’anatomie, lithotomiste, pensionnaire, chirurgien major de l’Hôtel-Dieu et membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de la môme ville, certifie que le sieur Charles Martin Hareng, de Lindebeuf, pays de Caux, a travaillé à l’Hôtel-Dieu de Rouen, l’espace de deux ans et trois mois en qualité de chirurgien externe, et que pendant le dit temps il a suivi avec exactitude le cours public de chirurgie et de médicaments, de la maladie des os, d’ostéologie, d’anatomie et d’opérations que j’ai faits; qu’en outre, il s’est appliqué à la dissection ; en foi de quoi, etc. 14 septembre 1773.

Modèle de requête d'inscription.

1670. — Monsieur le lieutenant de Monsieur le premier chirurgien du Itoy,

Messieurs les Maîtres et (lardes de l’art de Chirurgie de la ville de Houen,

Supplie humblement Pierre Le Clerc, lils de maître Anthoine Le Clerc, aussi maître chirurgien en cette ville, et vous remontre que le dessein de son père ayant été de le rendre capable d’exercer aussi à l’avenir le dit art, il l’aurait instruit dans sa jeunesse, aux préceptes et enseignements nécessaires pour le faire parvenir à la connaissance de sa profession, et (pie, non content de ce qu’il lui avait montré, il l’aurait mis et envoyé chez plusieurs bons maîtres, tant de cette ville que d’autres bonnes villes, tant de ce royaume que pays éloignés, et môme l’aurait fait exercer sur la mer en qualité de chirur-

gien approuvé par celui qui est proposé pour les interrogations de la marine. Le tout pour sa plus grande perfection. Ce considéré, mes dits sieurs et qu’il vous appert de ce que dessus par les pièces cy attachées, il vous plaise accorder jour au suppliant au premier lundi d’après la tète de Quasimodo, prochainement tenant, pour passer par devant vous les examens requis et accoutumés, tant sur la théorie que sur la pratique de chirurgie pour, s’il est jugé par tous, capable d'exercer le dit art, lui accorder lettres de maîtrise. Et s’obligera à prier Dieu pour vos prospérités et santés. (Arch., reg. 225.)

Requête pour les examens de préposé.

Avril 1682. — A Monseigneur île Grucky chirurgien Juré Barhier Lieutenant de Monsieur le premier chirurgien du Boy en la Ville Bailliage et Vicomté de Rouen ,

Suplie humblement Pierre Levesque compagnon chirurgien aspirant pour estre admis et proposé au faubourg de Saint- Sever de cette ville.

Et vous remontre qu’il auroit bien et duement accomply le temps de son aprentissage de l’art de chirurgie souz maître Nicolas Saccepée chirurgien juré à Caudebec et depuis soubz plusieurs maistres en diverses villes de ce royaume notamment et souz Monsieur le Hue (1) chirurgien juré ordinaire de l’hostel Dieu de cette ville pendant deux années et désirant toujours se perfectionner pour parvenir à la maistrise de chirurgie ce quil ne peut quant à présent et, en atendanl quil se soit rendu capable de subir les examens, de faire les actes nécessaires pour ce sujet, désirant commencer un établissement II vous auroit présenté sa requête afin destre par vous en la Communauté admis et propozé au faubourg de Saint-Sever pour au

(1) Charles Le Hue (2'' du nom) remplaça son père comme chirurgien à l’Hôtel-Dieu le 18 décembre 1G57. 11 mourut le 24 novembre l(>99 et fut inhumé dans l’église île PHôtel-Dieu. (Monographie de M. Ch. de Beaurepaire.)

dit lieu et grade observer et étancher un il u x de sang, panser en premier appareil, le tout nuitamment et les portes de la ville étant fermées; faire saignées, barbes et cheveux, pendre bassins. Le tout conformément aux sentences et arrestés intervenus en conséquence.

A ces causes Mondit sieur, Il vous plaise donner jour au supliant au Lundy vingt deuxième jour de Juin prochain duement venant pour par vous el en présence de toute la communauté estre instruit et examiné sur les points concernant ladite admission et sil est capable estre par vous admis et proposé au faubourg de Saint-Sever et pour ce 1 u y accorder vos lettres. Et ledit supliant sera tenu de prier Dieu pour votre prospérité de santé.

Signé Levesque et de Grouchy.

En plus de la présente, suit un brevet d’aprentissage bien et dûement accomply, en conséquence avons au supliant accordé le jour par 1 u y demandé, renvoyé à la chambre au dit jour et sera tenu de prendre billet de Nous dans la huictaine avant ledit jour par luy demandé expiré, pour advertir les gardes des maistres chirurgiens pour estre présents à ses examens auxquels et néanmoins il rendra ses visites comme aussy advertira Messieurs les doyens en charge des médecins pour estre aussy présents à ses examens.

Donné en noslre chambre de juridiction le 2i' jour d’avril 1082. Signé de Grouchy.

Collationné par nous conseiller secrétaire du roy maison et couronne de France et de ses finances.

Le Masson.

Arrêt du grand conseil

réglant l’immatriculation des requêtes (1663. 25 mai)

au bénéfice de Guérin.

(Pièce sur parchemin. Arch., liasse L2.r>4.)

Entre les maîtres et gardes de l’art de chirurgie de la ville de Rouen demandeurs requérant l’antérinement d’une requête par eux présentée au conseil le 20° février 1003 tendante afin d’être

reçus opposants à l’exécution d'un arrêt du conseil du 7 novembre 1662 obtenu par le défendeur ci-après nommé, el faisant droit sur la dite opposition il soit ordonné que le dit défendeur rapportera les lettres de maîtrise de maître chirurgien en la ville de Rouen à lui délivrées par le premier barbier du Roy, lui faire défense de l’exercer en la dite ville de Rouen jusqu’à ce qu’il ait subi les examens et fait les opérations au nombre de 14 actes qui se font en la dite ville de Rouen et pour remédier à tels abus qui se pourraient commettre à l’avenir qu’il soit ordonné que le lieutenant du premier barbier du Roy en la dite ville de Rouen recevra à l’avenir les requêtes qui seront présentées par les aspirants pour être reçus à leurs examens et opérations lesquelles le dit lieutenant sera tenu répondre et y donner le jour conformément aux arrêts et règlements du conseil du 28 mars 1618 et 10 avril 1622 el ensuite les rapporter dans l’assemblée de la communauté pour être agréés et inscrits dans les registres d’icelle, et la signature tant du dit lieutenant que des aspirants et jurés dans la huitaine du jour qu’elles auront été présentées au dit lieutenant et paieront les aspirants les assemblées qui se feront pour l’aggrégation et enregistrement des dites requêtes conformément aux anciens usages à peine de nullité d’icelles et de tous les actes qui se pourraient faire tant de la part du dit lieutenant que des aspirants sans avoir observé cette formalité et de tous dépends, dommages et intérêts des suppliants et condamner le dit défendeur aux dépends d’une part et Louis Guérin maître chirurgien eu la dite ville de Rouen reçu au dit acte par le premier barbier du Roy en conséquence du dit arrêt du conseil du 7 novembre 1662 delïendeur, d’autre et entre les maîtres et gardes de chirurgie de la ville de Rouen demandeurs et requérants l’entérinemenl d une requête par eux présentée au conseil le 17 du présent mois et an aux lins pour les causes y contenues qu’il soit ordonné que les requêtes qui y seront présentées par les aspirants pour être reçus aux examens et opérations pour parvenir à la maîtrise seront signées de leurs conducteurs, que défenses soient faites à Laurent Laisné maître chirurgien et lieutenant du premier barbier du Roy de donner aucun refus aux dits aspirants sans au préalable avoir fait

assembler la communauté des dits maîtres chirurgiens, pour eu délibérer d’une part. Et le dit Laisné défendeur d’autre, sans que les qualités puissent nuire ni préjudicier, après que Duhamel pour les dits gardes assisté de Birv comme procureur et Jean Félon l’un d’iceux présent à l’audience, Porlier pour le dit Guérin aussi présent assisté de Le Bonnier son procureur. Le conseil sur l’opposition des dits demandeurs a mis et met les parties hors de Cour et de procès. Ce faisant ordonne que le dit Guérin jouira de la maîtrise en la dite ville de Rouen ainsi que les autres maîtres de la dite ville et que les aspirants à la maîtrise de chirurgie en la dite ville de Rouen seront tenus de faire signer les requêtes qu’ils présenteront pour cet elle! par leur conducteur, lesquelles seront registrées et immatriculées dans le registre de la dite communauté dans la huitaine et à cette fin le dit Laisné lieutenant sera tenu de convoquer à s’assembler la dite communauté et ne pourra le dit lieutenant refuser les dites requêtes sans en avoir délibéré avec la dite communauté. Fait au dit conseil à Paris le 2oe mav 1663. Herbin, Bordes. (Collationné.')

1665. — Olivier Delamare aspirant à la maîtrise de barbierchirurgien demande à ce que l’on procède à sa réception suivant les arrêts et règlements approuvés par la Cour, .tandis que Laurent Laisné lieutenant prétend le contraindre à suivre des règlements qu’il a fait reviser au grand conseil. La Cour donne raison à Delamare. Il sera procédé à sa réception conformément aux arrêts et règlements de la Cour. ( Parchemin , liasse 262.)

1787. — Affaire Deschamps. — Gamarre étant lieutenant à Rouen.

Deschamps demande son aggrégation qui lui est refusée parce qu’il ne remplit pas les conditions de l’article 78 des règlements qui disent que les chirurgiens reçus dans une communauté de ville à archevêché ou évêché pourront être agrégés à Rouen à condition d’avoir résidé 10 ans dans la première ville. Deschamps n’a pas résidé 10 ans donc qu’il se fasse recevoir par la voie ordinaire mais on ne peut l’agréger d’emblée.

Claude - Nicolas LE CAT en 1 756

D’après la gravure de Houbraken, 1762.

(Collection Dr Payennevil le.)

Type des procès-verbaux pour les examens de grand chef-d’œuvre. — Lu Cat.

Le jeudi 23 juillet 1733, la communauté des maîtres chirurgiens est assemblée pour l’acte d’immatriculle de Claude Nicolas Le Cat aspirant à la maîtrise de chirurgie par le grand chefd’œuvre. Est arrêté d’une voix à l'unanimité que la requête de l’aspirant sera immatriculée et renvoyée pour son premier examen au terme de l’ordonnance et a payé le dit aspirant le droit de bourse commune suivant les règlements en la chambre commune au jour et an que dessus.

Demande de Le Cat. — A M. fie Goüey, lieutenant du premier chirurgien du Roy et chirurgien juré en cette ville supplie humblement Claude Nicolas Le Cat, chirurgien de feu Monseigneur l’Archevesque, lils de maître Claude Le Cat, maître chirurgien à Blérencourt, province de Picardie, faisant profession de la religion catholique, apostolique et romaine, comme il paraît par l’extrait baptistaire ci-joint, aspirant à la maîtrise de chirurgien en cette ville par le grand chef d’œuvre, vous remontre le suppliant que depuis douze à treize années il se serait appliqué à l’étude de l’art de chirurgie tant chez son père que sous les plus excellents maîtres de l’art à Paris, dont il aurait vu pratiquer et pratiqué lui-même devant eux, comme il vous paraîtra, Monsieur, par les certificats attachés à la présente. Et comme il désirerait parvenir à la maîtrise du dit art en celle ville par le grand chef-d’œuvre ce qu’il ne peut qu’en subissant les examens et faisant les expériences devant vous, les sieurs prévôts et la communauté, suivant et conformément aux règlements, pourquoi il a l’honneur de vous présenter sa très humble requeste, à ce qu’il vous plaise Monsieur accorder jour, pour commencer le chef-d’œuvre et subir devant vous, les sieurs prévosts et la communauté (etc.)..., pour en cas de capacité reconnue être reçu maître chirurgien en cette ville et jouir des droits et privilèges dont jouissent les autres maîtres, et vous ferez bien.

Signé Le Cat et Du fai/.

Soit communiqué aux prévosts, gardes en charge à Rouen ce 9 juillet 1773.

signe De (ioiiey.

Nous prévosts en charge de la communauté des chirurgiens avons pris communication de la présente et des attachées, n’empêchons la lin d’icelle suivant et conformément à l’article 36 des statuts, à Rouen 9" juillet 1733.

Signe Gaultier, Chiffandel, chacun un paraphe.

Le 21 août 1733, premier examen de Marette.

Le 31 août, lundi, premier examen de Claude N. Le Cal. alloué et renvoyé à la semaine d’ostéologie.

Lundi 3 octobre, semaine d’ostéologie de Le Cat.

8 octobre ici . , alloué et renvoyé à la semaine d'anatomie et opérations.

Suite reprise en 1734.

La communauté avait décidé en 1721 que les examens malgré les nouveaux édits continueraient comme par le passé, que les aspirants seraient reçus à leur examen en tous temps sauf à la communauté de les renvoyer à un autre moment, en cas d’insuffisance; que ceux qui se présenteraient dans la saison propre pour faire l’anatomie seraient tenus de le faire lorsqu'il se présenterait un sujet (ordre du procureur général du 27 février 1721).

— Le lundy cinq d’avril 1734 neuf heures du matin, la communauté des maîtres chirurgiens assemblés en leur chambre commune et de juridiction, sur le mandat de M0 Louis Léger de Goüey, lieutenant du premier chirurgien du roy pour le premier acte d’opérations de Sulpice Nicolas Marette et de Claude Nicolas Le Cat, tous deux aspirants à la maîtrise de l’art de chirurgie, pour le grand chef-d’œuvre, l’acte fait du dit Sulpice Nicolas Marette il a été arresté d’une voix unanime que le dit Marette est renvoyé à deux heures de relevée pour le premier acte d’anatomie. Et après l’acte exercé de Claude Nicolas Le Cat, il a été aussi pareillement arrêté d’une voix unanime que le dit

Le Cat est renvoyé à cejourd’huy, trois heures de relevée, pour son premier acte d’anatomie.

(M° de Manteville absent.)

Signé : De Goiiey, Chifanilel, Guilgot, Jourdain.

L’après-midi Marette et Le Cat sont renvoyés au lendemain pour continuer.

Mardi 6 avril, 2e acte d’anatomie à 9 heures; tous deux renvoyés à l’après-midi 2 heures pour continuer.

A la réunion de l’après-midi on renvoie au lendemain pour continuer.

Mercredi 7 avril, 3e épreuve pour les 2 aspirants.

Jeudi 8, 4° épreuve le matin et après l’épreuve de l’aprèsmidi le jury arrête, après avis pris, que la semaine d’anatomie et d’opérations leur sont alloués à tous deux Marette et Le Cat et qu’on les renvoie à la semaine de saignée et médicaments.

Absents du présent acte : M's de Manteville et Renault l’aisnê, De Goiiey, Chifandel, Guilyot et Jourdain.

Marette continue sa semaine de saignée et médicaments le lundi 3 mai 1734 et le jeudi (j et Le Cat le mardi 4 mai, le premier acte de cette semaine lui est alloué et pour l’acte des médicaments il est renvoyé à vendredi prochain. (De Manteville et Renault l'aisné toujours absents.)

Le vendredi 7 mai l’acte des médicaments est alloué à Le Cat.

( Manteville absent.)

Le lundi 17 mai, Marette passe son dernier acte et est reçu maître chirurgien.

Le même jour Le Cal passe le dernier examen du chef-d’œuvre, qui lui est alloué à une voix unanime et il est reçu maître chirurgien en cette ville; « par quoi le sieur lieutenant du premier chirurgien du Roy a pris et reçu du dit Le Cat le serment au tel cas requis et accoutumé, en la chambre commune le jour et an que cy dessus. »

Absent du présent acte, M. de Manteville.

Ont signé : Le Cat, De Goiiey, Chifandel, Guilyot, L. Relye , Marette, L. Chupault, Darracq, Elie, Itonnier (J), Gaultier, Nicolle, Danbrin, Gigo, J. Mesnard, de Moyencourt , Boussel, Chupault, Drouet, Baptiste Sonnes, Dufay,

Le Cauchois, Charles de Hesnault , Eiujuehard, Dubuisson, L. Thibault, Denier, Jourdain, Marelle fils, Le Bigre.

1721. — Différend de la communauté avec l’aspirant Chifandel Desbarres à propos du mode de chef-d’œuvre à faire, ancien ou nouveau règlement, avec opérations sur le cadavre. Desbarres argue que la mauvaise volonté des chirurgiens à son égard tient à ce qu’il refuse de leur offrir un repas ou une buvette.

Frais d'examen. — Honorarium.

Fixé à la suite d’un procès qui dura de 1659 à 1662 et fut intenté par Louis Hellye garde, puis Michel de Saint-Aubin, à Raoult Delamarre, Pierre Quesnel. Jacques Fournier et Jean Félon. La cour saisie en appel ordonna : « Que Delamarre, Quesnel, Fournier et Félon sont condamnés au paiement de la somme de cinquante livres chacun et ordonne qu'à l’avenir les aspirants au dit art paieront pareille somme de cinquante livres lors de leur réception pour le louage de la chambre et les frais ou honorarium de la communauté dont les gardes sont obligés de rendre compte sans qu’aucun, même les fils de maîtres, puissent en être exempts ni dispensés ». (4 août 1662, liasse 202.)

Pour la campagne, les aspirants ne feront que quatre examens et 5 requêtes : la tentative, le premier examen. l’ostéologie, bandages, médicaments ou examen de rigueur. Le droit de la bourse commune sera de soixante-quinze livres.

Pour le grand chef-d’œuvre le compte total des frais paraît s’élever à 881 1. 10 sous, dans une communauté comptant 50 maîtres, comme à Rouen. (Arch., liasse 249.)

1595. — Bienaise condamné à payer les vacations des examinateurs, bien qu’il n'ait pas été reçu à cause de son insuffisance. (Li. îles pareil.)

1712. — Statuts des chirurgiens d'Avranches concernant les jurés royaux et la réception des aspirants

(demandés par ceux de llouen, pour se documenter).

Us auront à présenter au chirurgien royal en charge trois requêtes : la première pour être immatriculés, la seconde pour entrer en semaine, la troisième pour l’examen de rigueur dont les droits seront payés par l’aspirant, savoir au premier chirurgien 4 livres, au greffier 2 livres.

Au greffier 2 1. pour communiquer les requêtes au prévost, aux prévosts chacun 3 1. et aux autres maîtres 2 1.

Le DHOir A PAYER LE JOUR DE L’IMMATRICULE :

Au chirurgien en charge. Au greffier

A chaque prévost 3 1.

Aux autres maîtres.

Pour la tentative :

Au premier chirurgien. .

Aux conseillers médecins

Au greffier

Aux prévosts chacun 3 1.

Aux autres maîtres chacun Mêmes sommes pour le premier examen.

Mêmes sommes pour l’acte d’ostéologie.

Pour l’anatomie :

Au médecin. ... ... 11

Au premier chirurgien. .... 11

Au greffier . . . 5 1. 10 s.

Aux deux prévosts (i

Aux autres maîtres 2

Pour l’acte des saignées cl médicaments, comme l’ostéologie Pour l’acte des opérations et bandages, comme l’ostéologie.

Pour l'examen de rigueur ou enverra des billets, et pour cela

le premier chirurgien aura 6 1

El pour assistance à cet acte. ... 61

Le médecin 6 1

Le greffier 3 1

Les prévosts 6 1

Les autres maîtres 2 1

Lors de la réception des aspirants sera donné, suivant les statuts de Paris, au premier chirurgien 8 jettons d’argent, deux paires de gants, l’une garnie et l’autre simple. Au greffier 4 jetions et une paire de gants. Mais le greffier n’aura rien à réclamer pour l’expédition de l’acte de chef-d’œuvre, à peine de concussion.

En outre des droits ci-dessus, l’aspirant aura à payer pour la bourse commune la somme de cent cinquante livres, à Avranches, avant d’avoir ses lettres de maîtrise. ( Arcli ., liasse 249.)

Gagnant maîtrise par EHospice-Général.

Edit du Uni portant établissement de Y Hôpital-Général pour le renfermement des pauvres mendiants de la ville et fauxbourgs de Rouen, donné à Versailles au mois île mai 1681, vérifié en parlement, les chambres assemblées le 23e juin ensuivant (1).

Article 21. — Voulons aussi que le corps des apothicaires et chirurgiens, donnent chacun deux compagnons de leurs dits corps capables, pour servir gratuitement au dit hôpital, et y assister les pauvres et officiers domestiques d’iceluy, pour les indispositions communes des pauvres et les maladies ordinaires des officiers et domestiques : et après le temps de six ans les dits compagnons apothicaires et. chirurgiens gagneront pareillement leur maîtrise sur les certificats des six directeurs, et auront les mêmes droits et privilèges que tous les autres, maîtres.

— Le premier fut Charles Col, qui était présenté par Michel de

(1) Voir Histoire de V Hospice-Général, par François Hue. Kourn. Lostringant, 1903.

Saint-Aubin, de Manteville et Roux Lesguile (surnom probable de Raux Delamare).

Ses successeurs lurent :

On trouvera dans l’histoire de l’Hospice Général les dillicultés que chacun de ces gagnants maîtrise eut avec la communauté pour arriver à être agrégé sans passer par les examens du grand chef-d’œuvre et sans payer les droits d’examen toujours élevés. La querelle se renouvelle à chaque fois jusqu’à la suppression de la communauté, de sorte que Maury fut choisi seulement par l’administration du bureau des Valides. — Gela paraît avoir été aussi cause de la prolongation des mandats des gagnants maîtrise au-delà des six ans de l’édit de 1681, car la communauté ne donnait son concours pour l’examen des candidats qu’en rechignant.

Gagnants maîtrise par l’Hôtel-Dieu.

.1 rticle 2 3 des lettres /intentes de F Ilôtel-Dieu ilu mois île mai 1730.

Permettons aux dits administrateurs de nommer et faire installer tous les douze ans en la manière accoutumée et après les examens et opérations en tel cas requis faits au concours, tant en la présence des médecins et chirurgiens du dit Hôtel-Dieu qu’en la présence des dits administrateurs, un chirurgien et un apothicaire qui auront été trouvés les plus dignes : pour après leur réception en qualité de maîtres tenir boutiques ouvertes dans la dite ville de Rouen à la charge par eux de servir pendant 12 ans du jour de leur nomination et installation dans l’hôpital de Saint-Louis du lieu de santé, en cas qu’il arrive quelque maladie contagieuse dans la dite ville, et ce conformément à l’arrêt du conseil de 1671 et à ceux de notre Cour de

En 1685, Gilles Roussel.

1692, Godin.

1698, Amyot.

1703, Jourdain.

1709, Colette de Chamsieu.

1716, Enquehard.

1722, Dubuisson.

En 1728, Lefebure.

1737, Du Caucel 1742, Grillon.

1748, Bonamy.

1755, Leschevin

parlement de Rouen des 3 décembre 1 68<S et 27 janvier 1003. (Le chirurgien n’était payé qu’en cas de maladie contagieuse. 800 1. de gages. Gravé.) (Arch., liasse 257.)

Hotel-Dieu : jury d’examen des gagnants maîtrise.

Conseil d’Etat 19 octobre 1737.

Au lieu de tous les 12 ans le chirurgien sera nommé de six ans en six ans au concours. Celui-ci sera annoncé 2 mois avant la date lixée. Les candidats auront 24 ans au moins et déjà 4 ans d’études soit à l’Hôtel-Dieu de Rouen, soit à celui de Paris. Le jury sera composé du lieutenant de la communauté des chirurgiens et de deux prévosts en charge ou leurs suppléants, le premier chirurgien de l’Hôtel-Dieu en présence des gouverneurs et administrateurs, du doyen des médecins de Rouen et de deux médecins de l’Hôtel-Dieu. Le jury dressera la liste des candidats par ordre de mérite et les administrateurs choisiront. L’élu sera tenu de panser les malades de l’Hôtel-Dieu sous le premier chirurgien pendant six années consécutives, sans pouvoir travailler en ville pendant ce temps en qualité de maître. Après ces six ans il aura faculté d’ouvrir boutique ainsi quoies autres maîtres sans aucun nouvel examen, simplement sur certificat de la commission administrative. Le tout à charge de continuer pendant six autres années à servir les pauvres en l’hôpital de Saint Louis, en cas de peste ou autre maladie contagieuse seulement.

Lettres patentes confirmatives du 17 mars 1741). — Confirmation en parlement de Rouen le 19 juillet 1768 avec explication sur le tirage au sort des questions.

Pièces officielles d’un chirurgien gagnant maîtrise

par l’Hôtel-Dieu.

(Jacques Gravé, 1721- 1737 ) (Arc, h., liasse 254. — Parchemin.)

1° Immatriculation d’aspirant.

L’an de grâce mil sept cents vingt et un, le mercredi douzième jour de novembre, devant nous Jean Pierre Le Pesant,

chevalier seigneur de Moupertuis, conseiller du Roy, lieutenant général de police alternatif et niitriennal en la ville, bailliage et vicomté de Rouen, Jacques Gravé a été juré apprenti f de l’art de chirurgien en cette ville et banlieue de Rouen sous Christophe Chifandelle dit Débarre maître du dit art. reçu le 28 d’août dernier, pour le temps de l’ordonnance, pendant lequel le dit maître sera tenu de fournira son dit apprentif boire, manger, feu, lit et hôtel et lui montrer son dit art suivant les accords et pactions faites entre eux, en la présence d’honnorables hommes Louis Chupaut et Adrien Dambrin chirurgiens jurés royaux année présente du dit art et de Louis Elye et Pierre Rouverel prévosts de la dite communauté.

Fait comme dessus.

Lepesant. Laisnel.

2° Brevet d’apprentissage.

Je soussigné, Christophe Chilïandel dit Desbarres, maître chirurgien juré à Rouen, certi lie à tous ceux qu’il appartient que Jacques Gravé a fait son apprentissage chez moi pendant le temps et espace de trois années consécutives, lequel s’est bien acquitté de son devoir; en foi de quoi je lui ai signé et délivré le présent brevet pour lui servir et valoir au besoin. A Rouen, ce vingt et un novembre mil sept cent vingt-quatre. — Chifïanclelle dit Desbarres.

3° Brevet de chirurgien de marine.

Nous, maîtres chirurgiens jurés royaux pourvus par lettres patentes de Son Altesse Sérénissime Monseigneur l’Amiral pour examiner tous les chirurgiens qui s’embarqueront sur les navires marchands et en course, attestons cejourd’hui avoir bien et dûment examiné le sieur Jacques Gravé, natif de la ville de Rouen en Normandie, tant sur constitution du corps humain, opérations manuelles et diverses infirmités corporelles, que sur la qualité, faculté et mélange des médicaments contenus dans un colïre de médecine ; lequel a très bien satisfait aux demandes ci-dessus mentionnées, ce qui nous a obligés de lui expédier les

présentes lettres d’approbation en lui protestant qu'elles n’auront de valeur que pour la mer et qu’elles seront enregistrées au greffe de l’amirauté de cette ville.

En foi de quoi nous, nous sommes soussignés à la Ciotat, le septième août mil sept cents vingt-six. — Rastel, Guaydon.

4° Lettre de gagnant maîtrise par l’Hotel-Dieu.

( '“JC) septembre 17 32.)

Elirait du registre < les délibérations du bureau de /’ Hôtel-Dieu de Houen :

Du vendredi 26 septembre mil sept cents trente-deux, au bureau de l’Môtel-Dieu, devant nous les gouverneurs et administrateurs d’icelui.

Eu exécution de la délibération du dernier jour sont entrés au bureau Messieurs Néel et Larchevesque, médecins, et Godin, chirurgien, aux fins par eux d’examiner le sieur Jacques Gravé sur l’état de chirurgie, vu que le dit Gravé a présenté sa requête à la Compagnie, tendante à être reçu chirurgien de l’hôpital Saint-Louis, dit la Santé, pour succéder au sieur Poignon Delalonde, actuellement pourvu, et vu le décès arrivé du sieur Bidaut, qui y avait été reçu par délibération du 1 1 août 1730. Et à l’instant s’est présenté le sieur Gravé, lequel a été examiné par les dits sieurs médecins et chirurgien en présence de la Compagnie, et après le dit examen fait, les dits sieurs médecins et chirurgien ont attesté que le dit sieur Gravé était capable et qu’ils estimaient que la Compagnie pouvait le recevoir chirurgien du dit hôpital Saint-Louis en la manière ordinaire.

Délibéré et arrêté, vu le rapport fait par les dits sieurs médecins et chirurgien de la capacité du dit sieur Gravé après l’examen par lui subi, que la Compagnie reçoit le dit sieur Gravé pour être chirurgien ordinaire de l’hôpital de Saint-Louis, dit la Santé, et jouir de* la maîtrise de chirurgien en cette ville, comme les autres maîtres d'icelle, concédée et accordée en faveur de ceux qui sont nommés chirurgiens du dit hôpital de

la Santé. A commencer du jour que les douze années du dit sieur Poignon Delalonde, actuellement pourvu, seront expirées, que sera au mois de mai mil sept cents trente-six ; à la charge qu’à compter du mois de mai 1736 le sieur Gravé sera tenu de I servir pendant douze années entières. Au cas qu’il arrivast de

Ila maladie contagieuse, auquel cas de contagion seulement il lui sera payé par l’Hôtel Dieu huit cents livres de gages par chacun an, payable par quartiers et par avance, à laquelle fin le dit sieur Gravé en a prêté le serment au cas requis et accou tumé, et tiendra sa boutique ouverte sous le bon plaisir de nos seigneurs de parlement à l’expiration des douze années du dit sieur Delalonde ou son décès arrivant.

Signé : rie Brinon, Le liai Pif, Mesnager, Le Bourgeois, rie Belleville , Guillaume Ellge , Bit. Thiron , F. Henry, l)e Saint- Aubin. — Controllé.

Enregistré en la Cour rie Parlement rie liouen, après rapport rie Le Pesant rie Boisguilbert , le 19 décembre 1732.

5° Lettre de maîtrise. ( Sur parchemin.)

L’an de grâce mil sept cents trente-sept, le samedi vingt-huitième jour de décembre, devant nous Jacques Billiard de Mainville, écuyer, conseiller du Roy, lieutenant général de police au bailliage, ville et vicomté de Rouen, s’est présenté Jacques Gravé, lequel nous a exposé qu'il a travaillé l’espace de treize années consécutives dans l’hôpital de Saint-Louis, dit lieu de santé de cette ville en qualité de chirurgien, savoir trois années externe et dix années en qualité de premier compagnon, après des examens par lui subis devant les sieurs Néel, Larchevesque et Godin, médecins et chirurgiens, suivant qu’il paraît par l’extrait de l’acte de délibération du bureau de l’Hôtel-Dieu du vingt-six septembre mil sept cent trente deux, contrôlé le vingthuit février dernier, en conséquence duquel ayant présenté sa requête à la Cour par arrest du 19 décembie 1732 est ordonné | que la dite délibération et réception sera registrée ès registres d’icelle pour être exécutée selon sa forme et teneur et jouir par

le dit Gravé de l’eiïet d’icelle, vu la dite délibération portant réception du dit Gravé le dit arrêt par copie le tout devant daté, Nous, du consentement du procureur du Roy de ce siège, avons permis et autorisé le dit Jacques Gravé d’ouvrir boutique en cette ville et de faire la profession de l’art de chirurgien juré aux charges portées par la dite délibération et arrest de la Cour et de se bien et fidèlement comporter dans la dite profession, à l'effet de quoi de lui pris et reçu le serment requis et accoutumé, donné comme dessus.

I {illard, Germain, Lhcrnault.

Scellé à Rouen le il [écrier, reçu , trente sols.

Différend des chirurgiens avec PHôtel-Dieu, 1737.

Les administrateurs de l’Hôtel-Dieu avaient obtenu, en mai 1730, sur simple requête, des lettres patentes enregistrées à la Cour du parlement, et qui n’avaient pas été communiquées aux chirurgiens intéressés, lettres patentes qui portaient :

Permettons aux administrateurs de nommer et faire installer tous les douze ans, en la manière accoutumée, et après les examens et opérations en tel cas requis, faits au concours, tant en la présence des médecins et chirurgiens du dit Hôtel- Dieu, qu’en la présence des administrateurs, un chirurgien et un apothicaire qui auront été trouvés les plus dignes.

A propos de la nomination de Gravé les chirurgiens reprochent aux administrateurs de ne pas avoir suivi les réglements, de nommer sans concours vrai, en éliminant les concurrents possibles, le garçon du chirurgien en titre qui se trouve reçu sans aucune garantie d’examen sérieux. De plus, il ne reste pas ses douze ans et s’en va avant la fin, un autre lui succède de même, ce (pii en fait deux dans ce laps de temps qu’on leur impose ensuite comme agrégés sans qu’ils aient jamais subi des épreuves sérieuses.

Pareille chose n’a pas lieu pour l’ilopi ta 1-Géaéral , pour lequel la communauté réunie dans sa chambre fait subir aux candidats quatre sévères examens, en présence des administrateurs et d’un médecin.

Gravé avait été nommé, en efïet, pour succéder à Poignon belalomle avec un seul examen passé devant le médecin et le chirurgien de l’Hôtel-Dieu, et nommé chirurgien ordinaire de l’Hôtel-Dieu pour 12 ans sans gages, sauf si la peste survenait, auquel cas de contagion il lui serait payé, par l’Hôtel-Dieu, huit cents livres de gages par chacun an, payables par quartier et par avance. 11 avait par la même occasion la maîtrise de son art et pouvait tenir sa boutique ouverte sous le bon plaisir de nos seigneurs du parlement. (Délibération de la Commission administrative de l’Hôtel Dieu du vendredi 20 septembre 1732, contrôlée le 28 février 1737. Enlrée en fonction en 1730.) (Arch., liasse 247.)

- Gravé habitait place de la Calendre, paroisse Saint-Etiennela Grande-Eglise.

La demande d’aggrégation de Gravé était parvenue pendant un interrègne de de Moyencourt, lieutenant, ce qui en retardait l’examen suivant les ordres de La Peyronie, premier chirurgien du roy.

1764. — (Le chirurgien gagnant maîtrise à l’Hôtel-Dieu servait 0 ans plus 0 années en oultre, mais en cas de peste ou maladie contagieuse seulement.)

Gagnants maîtrise par la peste.

Afin de s’assurer le concours d’un chirurgien pour les pestiférés la municipalité avait obtenu du parlement, pendant le temps de l’épidémie, de nommer à ce poste officiel un compagnon chirurgien qui, de ce fail, gagnerait maîtrise. Les compagnons chirurgiens paraissant s’ètre succédé rapidement dans ce posle périlleux (I); cependant quelques-uns échappèrent à la contagion et eurent alors à soutenir une lutte avec les chirurgiens de chef-d’œuvre qui admettaient difficilement leur agrégation à la communauté.

(I) Voir les relations d’épidémies de peste à Rouen : Dr Roucher,

t)r Panel.

Nomination par la ville d'un chirurgien du danger.

( Extrait des registres de l’Ilôtel commun.) { A reh., Hanse 2.7/.)

Peste de 1668.

Les conseillers échevins de la ville de Rouen réunis pour le décès arrivé à M. Charles Pelé, vivant commis pour panser les malades de peste en cette ville, décidant qu'il soit besoin de pourvoir d’une personne capable au lieu et place du dit défunt Pelé, savoir faisons que pour le bon et louable rapport qui nous a été fait de Louis Leprévosl compagnon chirurgien en la dite ville de Rouen et étant duement informés de ses suffisantes capacités et expérience au fait de la chirurgie par l’examen qu’il en a prêté devant nous sur les questions et opérations qui lui ont été proposées en deux divers jours par les doyens du collège des médecins de celte ville et les maîtres et gardes de la présente année de l’état de chirurgie, iceluy pour les causes et autres considérations à nous mouvants avons commis, institué et établi, commettons, instituons et établissons à la charge de chirurgien au dit Rouen au lieu et place du dit Pelé pour par le dit Leprévost duement panser et médicamenter gratuitement les malades de peste, les visiter en leurs maisons et leur aider de son état en ce qu’il connaîtra en sa conscience être propre el nécessaire pour le recouvrement de leur santé, aux gages de trois cents livres par chacun an, tant en temps de maladie que de santé à commencer de ce jour date des présentes et continuer à l’avenir, outre son demeure en la maison qui lui sera baillée par la ville dans le clos ordonné poulies officiers de la dite maladie de peste, laquelle maison il entretiendra bien et duement accordée pourvue de grosses et menues réparations. Et au moyen que sous le bon plaisir de la Cour et eu égard aux dits examens prêtés par iceluy Leprévosl et du danger auquel il s’expose il lui sera permis de tenir boutique de son état de chirurgie dans icelle ville ainsi que les autres maîtres du dit état. Disons que de ce que dessus le dit Leprévost en fera le serment par devant M. le Bailly de Rouen ou son lieutenant. Cy donnons en mandement au receveur de la dite ville pour l’avenir que les dits gages soient pa'yés par le dit

receveur comptant au dit Leprévost ainsi qu’il est cy dessus déclaré. Et rapportant ces présentes ou vidimus d’icelles duernent collationnées pour une fois seulement les dits gages lui seront passés et alloués en la dépense de ses comptes de la manière ordinaire sans difficulté et lui avons accordé la somme de trente livres en considération de ce qu’il entre présentement dans la dite maladie contagieuse. Donné sous les seings de nous : Jacques Duhamel, écuyer, Jacques Langlois, sienr de Fumechon, Alexandre Varin, écuyer, sieur de Bouville, Jacques Bulteau, Toussaint Guenet et Pierre Fermanel, écuyer, sieur du Mesnil-Godefroy, Conseiller du Roy, lieutenant particulier au Bailliage, siège présidial du dit Rouen, le septième jour de septembre 1668. — Signatures. . .

En 1690, François de Beaurain fut nommé pour succéder à Louis Leprévost après avoir passé un examen qui dura deux jours, en présence des sieurs Porée et Noël, médecins, de Grouchy, chirurgien, et autres maîtres. Il était nommé « pour panser et médicamenter les malades de la peste, les visiter en leurs maisons et leur venir en aide de son état et ce qu’il connaîtra en sa conscience être propre et nécessaire pour le recouvrement de leur santé ». Aux gages de 300 livres par an, tant en temps de maladie que de santé, à commencer du moment où il entrait au service de la contagion. « Et demeurera en la maison occupée ci devant par l’apothicaire, sise dans l’enclos ordonné pour la maladie de peste, etc. . . et sera permis de tenir boutique dans cette ville ainsi que les autres maîtres du dit état. » Signé : Etienne Lecouteulx, Ch. le Ber, Godefroy Dehors, Beaudoin, sieur de (?), P. Godefroy, René Dehors et Pierre Locque. — 12 octobre 1690.

La nomination de de Beaurain n’avait pas eu lieu sans secousses. S’il avait été reçu par les médecins et les échevins, il avait été refusé par les chirurgiens. Ceux-ci lui déniaient le droit de tenir boutique. Ils avaient même protesté, après un repas île remerciement que Beaurain avait offert chez lui à ses examinateurs, parce qu'il n’avait pas été reçu par chef-d’œuvre et ils avaient fait fermer sa boutique. On plaida et de Beaurain

eut gain de cause devant la Cour qui confirma son droit de tenir boutique, le S août 1691. Les chirurgiens tinrent bon, car de Beaurain, qui avait à se plaindre de la concurrence de son voisin Adeline exerçant sans mandat, chose constatée par huissier pendant qu’Adeline pansait d’une plaie de jambe une de ses pratiques, ayant porté les pièces de sa contestation aux autres maîtres, ceux-ci retinrent les pièces et ne voulurent plus les rendre. Ils (irent de nouveau fermer la boutique de Beaurain. Celui-ci dut adresser une supplique à M. de la Berchère, intendant de la justice, police et finances de la province de Normandie, qui lit rouvrir la fameuse boutique le 9 déc. 1692 (1).

Droit de veuve. — Bail.

Je soussignée, Eléonor Miré, veuve de feu Brasdefer, confesse par ce présent avoir cédé et transporté à François Bonde! mon droit et privilège de barberie et chirurgie que je peux avoir en qualité de veuve de chirurgien juré à Bouen, pour le temps et espace de trois ans, à commencer à Pâques prochain et finir à même jour et termes que nous compterons par la grâce de Dieu en l’année mil six cent soixante huit, et ce, par le prix et somme de cinquante livres par chacun an, payables de terme en terme parce qu’il me sera permis, comme au dit François Rondel, reprendre et remettre le susdit droit et privilège toutes fois et quantes en l’avertissant trois mois devant. Et dès à présent je lui cède mon dit droit jusques au terme de Pâques suivant les pactions verbales entre nous convenues et le paiement (pie lui fait présentement.

Fait à Bouen ce 27 janvier 1665. ( Arch ., liasse 247.)

Bail de garçon élève , 1664. — Bail par lequel Jean Nicolle exerçant la chirurgie à Rouen prend à bail la maison occupée par la veuve de Lempereur, chirurgien, et par sa fille Marie,

(I) Voir au chapitre dos procès la supplique où Beaurain dit qu’il a été doux ans en prison, qu’il a 40 ans de pratique dans Part chirurgical, médicinal et non pas barbotai !

veuve elle- même de Jean Brasdefer aussi chirurgien. Elles continuent à habiter la maison sise près la fontaine de Saiut- Ouen, paroisse Sainte-Croix-Saint-Ouen. (Pièce du procès de Laurent Laisné, lieutenant des chirurgiens.) ( Arch ., liasse 247.)

1072. — Arrêt de la Cour déchargeant les veuves de leur cotepart des dettes de la communauté sur requête d’Hélène Joigneaux, veuve de M® Baltazar Paillet Rombaut.

469,7. — Procès contre Jouas qui a tenu la boutique de la veuve De la Boche même après sa mort. Défense est faite à tous garçons d’exercer la chirurgie autrement qu’en qualité de garçons travaillant sous les veuves ou maîtres et demeurant avec elles ou iceux maîtres à feu et à pain. (Arch., liasse 247.)

Livre des veuves. — Présentation annuelle par les veuves des garçons qui tiennent leur privilège, afin qu’ils soient agréés par la communauté après examen. Du 11 juillet 1712au 9 mars 1789.

— Le droit à payer était cette dernière année de 200 livres pour un an. (Arch., registre 235 .)

— Renonciation au privilège du mari par une veuve par acte notarié (veuve Gravé, 1782) avec dépôt au coffre des chirurgiens îles diplômes de son mari. (Liasse 257.)

Réception de sages-femmes. — Modèle.

Registre des obstétrices, 1093 à 1720. (Registre 235, Arch. dép.)

Messieurs les chirurgiens jurés royaux, syndics et communauté de la ville de Rouen, supplie humblement Marie Barbe Enguehart, fille âgée de 35 ans, et vous remontre qu’elle est au service des pauvres de l’Hôtel-Dieu, dans la gésine d’iceluy depuis plus de dix années, où elle a fait depuis le dit temps tous les accouchements des femmes qui s’y sont présentées, avec succès, ce qui est connu par Messieurs les administrateurs de l’Hôtel-Dieu qui l’y ont admise, même des sieurs médecin et chirurgien du dit Hôtel-Dieu, pour quoi elle vous présente sa requête pour être reçue à faire les fonctions de sage-femme dans la ville et pour l’exercer comme les autres et vous

obligerez la suppliante à prier Dieu pour vos prospérités et santés.

Pai • collation : Signé Marguerite Enguehart et Thibaut.

Le lundi 12e jour de juillet 1706 les jurés royaux, syndics et communauté des chirurgiens assemblés en leur chambre commune pour l’examen de Marie Barbe Enguehart aspirante à être reçue à continuer l’exercice des accouchements, après que la dite Enguehart a été interrogée et examinée tant par Monsieur Duvivier, docteur en médecine conseiller et médecin ordinaire du Roy, que par les jurés royaux, syndics et communauté, elle a été jugée capable d’exercer l'art des accouchements en cette ville, pour quoi elle a été reçue à exercer l’art des accouchements et a prêté serment entre les mains de Me Thibaut père, premier juré royal, de bien et fidèlement exercer le dit art des accouchements, de ne jamais se livrer à aucune manœuvre abortive, ce qu’elle a signé.

— Une autre (1720)a étudié à Paris à l’Hôtel-Dieu, puis reçue à Saint-Cosme, et a exercé à Lisieux avant de venir à Rouen. Elle a présenté ses certificats.

Dans ce meme registre ' 233 .

Barbiers. — Nominations des barbiers-étuvistes de 1693 à 1701 et prestations de serment devant la communauté avec déclaration des noms des garçons perruquiers employés et assurance qu’ils n’entreprendront rien de chirurgie.

Dentiste-bandagiste.

Pierre Desforge, dit La Boche, demande à être examiné et dit qu’il a été élève de chirurgiens de Rouen, de Hénaut, Beaurain, Thiphaigne, et enfin de Surin, expert à Paris pour ces matières.

— 1703. — Procès de Pierre Desforge, dit Laroche, qui demande à continuer la profession qu’il fait depuis huit ans sous la veuve de Guil. Thiphaigne, dit Laroche, de forger, faire,

garnir et appliquer bandages, tirer les dents et appliquer d’artificielles pour futilité du public, comme a fait le dit défunt De la Roche tant qu’il a vécu et que la dite veuve a continué depuis son décès avec Guil. Thiphaigne son neveu et qu’elle a fait exercer par le dit Desforge la même profession depuis le dit temps de huit ans qu’il a épousé sa fille et que le dit Thiphaigne a pris le parti de se faire chirurgien et de quitter sa tante. Les chirurgiens royaux prétendaient l’obliger à passer le cbefd’œuvre de chirurgie. La Roche soutenait son droit d’être examiné seulement pour sa spécialité comme à Paris. Pour avoir la paix il s’engagea passer chirurgien. Déplus, comme il s’était inscrit sur sa boutique sous le nom de Laroche, le premier Laroche, en réalité Thiphaigne, l’accusait d’usurper son nom. Le tribunal décide que c’est un nom de guerre appartenant aussi bien à l’un qu’à l'autre. ( Arch ., liasse 250.)

Réclame de dentiste. 1753.

(Liasse 2,17.)

Lebigre premier prévost attaque devant le lieutenant au bailliage le nommé Landumiey, soi disant dentiste, qui avait fait distribuer dans la ville le billet suivant :

Avis au Public :

Messieurs et dames,

Landumiey, de Paris, fils du sieur Landumiey, dentiste de la Cour, et ancien chirurgien du Roi, donne avis qu’il est arrivé en cette ville, il tire les dents avec toute la dextérité possible, les lime, les plombe, les nettoye, les redresse, et en fait d’artificielles. Il espère que l’attention avec laquelle il exerce cette partie de la chirurgie, lui attirera la confiauce du public. Il a un élixir parlait pour blanchir les dents.

Le matin il va en ville, et l’après-midi on le trouve chez lui, chez le sieur Aubin, rue des Ramassés, paroisse Saint-Vincent, vis à vis le « Lion fumant ».

— 1771. — Pelou chirurgien herniaire et dentiste rue Etoupée se plaint par huissier à Quesnay, prévost en charge des concurrences déloyales qui lui sont faites à Rouen. (Liasse 249.)

— 1772. — Sentence de Trugard de Maroni me, lieutenant de Police, à la requête du collège contre Leroy exerçant la chirurgie dentaire clandestinement chez Danton dont la femme est sage-femme. Objets saisis rue Dinanderie : imprimés où on prétend guérir les maladies des gencives venant de chez Leroy père demeurant à Paris rue Saint-Honoré, vis à vis celle de l’Arhi 'e sec, au grand balcon. — Plus deux petits pots d’étain contenant de l’opiat brun et deux brosses à queue propres pour les dents.

15 janvier 1780. — Balan et Martin dentistes sont condamnés par le lieutenant de police à payer chacun 8 livres au collège des chirurgiens pour une année de droit de visite due.

( A rch ., liasse 249.

Abbé des Etudiants.

Du douzième d’octobre 1677 devant nous, Nicollas deGrouchy, lieutenant du premier chirurgien du Roi, s’est présenté Eloi Vignier, écolier en chirurgie, nommé par les autres écoliers en chirurgie demeurants à présent en cette ville de Rouen pour leur abbé, lequel nous a requis lui délivrer nos lettres pour conformément à icelles jouir de la prééminence sur les autres écoliers en chirurgie ainsi qu'il ensuit : Nicolas de Grouchy, chirurgien juré et barbier, lieutenant de Monsieur Félix, conseiller premier barbier chirurgien du Roy en la ville, bailliage et vicomté de Rouen, garde des Chartres, statuts et privilèges de l’art de chirurgie, à tous ceux qui les présentes lettres verront salut, savoir faisons que sur la requête verbale qui nous a été humblement présentée par les écoliers étudiants en chirurgie et demeurant chez les maîtres barbiers chirurgiens de cette ville, lesquels nous ont représenté que pour s’avancer et perfectionner dans l’art et science de chirurgie et pour maintenir les bonnes coutumes qui de tout temps ont été

il observées par les écoliers eu chirurgie qui ont accoutumé en toutes les bonnes villes du royaume, chaque année, d’aller aux • leçons qui leur sont faites tant par messieurs les médecins que f) maîtres barbiers chirurgiens, môme d’avoir soin des pauvres il serviteurs passants, et pour empêcher autant qu’ils pourront les désordres et abus qui pourraient se commettre par quelqu’écolier mal intentionné et pour parvenir à toutes ces choses suivant la coutume des autres villes de ce royaume, nous ont requis leur vouloir permettre s’assembler le 27 septembre dernier dans le couvent des révérends pères carmes de cette ville pour choisir et élire un d’entre eux pour leur abbé et enfin choisir plusieurs autres pour officiers, pour tout ensemble avoir soin de leur faire faire des leçons alin de se perfectionner au dit art et science de chirurgie, offrant payer chacun à leur égard tous ensemble aux frais nécessaires, ce qu'ils ne peuvent faire sans notre permission, que leur avons accordé faire au dit lieu ce qu’ils ont fait. Et après icelle. tous les dits écoliers sont revenus par devers nous où tous unanimement ont dit et déclaré qu’ils avaient nommé, élu et choisi, et que d’abondant ils nomment et choisissent, en notre présence, pour leur abbé, Eloy Vignié, natif de Péronne en Picardie, un des dits écoliers en chirurgie professant la religion catholique, apostolique et romaine, comme connaissant ces mœurs en suffisance et le plus expert d’iceux, demeurant à présent chez la dame veuve du feu maître Pierre Lemoyne, en son vivant un des maîtres barbiers chirurgiens en cette ville, ayant enfin nommé et établi du consentement de tous pour son lieutenant Pierre le Blanc, natif de Beaune, en Bourgogne; Philippe Agasse, natif d’Abbeville, en Picardie; premier conseiller et trésorier, Jean-Baptiste de Lamarche, natif du Havre-de-Gràce , en Normandie; second conseiller, Claude Monthieu, natif de Bourg-en-Bresse; troisième conseiller, François Grosos, natif de Nogent-sur-Seine ; quatrième conseiller, Jacques Le Maryé, natif de Honfleur, en Normandie; cinquième conseiller, Nicolas Lefevre, natif d’Amiens, en Picardie; sixième conseiller, Pierre Cogmer, natif du Havre-de-Gràce, en Normandie; greffier, Firmin Le Boy, natif d’Amiens, en Picardie ; pour prévosts, tous iceux officiers nommés par le dit Vignié abbé approuvé et reconnu par tous

les autres écoliers eu chirurgie, lesquels out promis obéir au dit Vignié, leur abbé, en tout ce qu’il appartiendra et comme fut de tout temps observé dans toutes les bonnes villes de ce royaume, même à tous les officiers, chacun à leur égard, après quoi le tout bien considéré, nous, lieutenant du dit sieur premier chirurgien de sa majesté, avons consenti et consentons à la dite élection du dit Eloi Vignié pour abbé, et les autres par lui nommés pour ses officiers; parce qu’il ne sera rien inové tant par iceux que par les autres écoliers en chirurgie sur le choix que les dits maîtres barbiers chirurgiens de cette ville voudront faire des écoliers en chirurgie arrivants qu’ils jugeront à propos prendre à leur service conformément aux statuts, sans par les présentes en rien déroger. Et avons ceci expressément recommandé, tant au dit Vignié qu’aux autres officiers et écoliers, de bien et décernent faire et exercer leur charge sans commettre ni souffrir être commis aucun abus ni malversation contre le dit art, même particulièrement de porter, faire porter honneur et respecta nous lieutenant et à tous les autres maîtres barbiers chirurgiens de cetle ville. Si donnons en mandement à tous et un chacun les écoliers étudiants en chirurgie qu'ils aient à obéir au dit Vignié, leur abbé, en tant que de raison, et le reconnaissant tel, ce qu’ils nous ont promis de faire. A laquelle lin lui avons délivré et signé ces présentes et à icelles apposé le cartel de nos armes et fait contresigner par notre greffier ordinaire, en notre Chambre de juridiction, ce jourd’hui, douzième octobre, l’an de grâce mil six cents soixante et dix sept.

K. Vignier, abbé; J. Lamarche , deuxieme conseiller; Pierre Leblanc, lieutenant; Philippe Agasse, premier conseiller et trésorier; Mathieu, Grosos , Fizet, De Grouchy. (L’acte paraît de l’écriture de Lamarche.)

[Arc, h., registres 2/7-22/.)

Page 1