‹ La Concentration en Ions Hydrogène et Sa Mesure par la Méthode ÉlectrométriqueChapitre 6 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ily a déjà fort longtemps que l’on à reconnu l'importance de la réaction actuelle du milieu dans l'étude de la plupart des phénomènes naturels, mais ce n’est que depuis une dizaine d’années que Ton s’est préoccupé de la déterminer systématiquement Ce procédé d'investigation est loin d’avoir donné tous les résultats que l'on en peut attendre, aussi se développe-t-il de plus en plus et, aujourd’hui, aussi bien en France qu a ne le nombre de travaux biologiques et de chimie pure, guidés par la notion de concentration en ions hydrogène, | “est considérable. É < __ Le perfectionnement des techniques de mesure se poursuit parallèlement et l'on peut dire qu’il est aussi facile maintenant de connaitre le pH d’une solution que d’en titrer, par les procédés classiques, l'acidité ou l’alcalinité. ; Deux méthodes principales sont en présence. L'une, dite électrométrique, est la méthode étalon, déduite directement de Ja théorie. L'autre, colorimétrique, dérive de la précédente et : … permet d'évaluer la concentration en ions hydrogène d’un liquide par comparaison avec des solutions de titres connus. Cette dernière méthode jouit d’une grande faveur, notamment dans les laboratoires de clinique, pour la rapidité avec laquelle elle fournit des résultats très suffisants. Mais on commettrait une grave erreur, croyons-nous, en la considérant comme plus simple que la méthode “électrométrique. ne Les soins nécessités par la préparation des solutions colorantes, des mélanges étalons, par leur conservation, par le calibrage des tubes, etc..., en font un procédé très délicat à mettre en œuvre. Aussi risque-t-on de commettre de graves Vincent . 1

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| En CE un exemple : l'établissement d'une échelle de pH çonnus se fait en mélangeant, en proportions déterminées, des solutions ne de phosphates monopotassique et disodique à

2H°0. La mu du phosphate disodique à deux molécules d’eau, par exposition à l'air du sel à 12 molécules, nécessite d’après les ouvrages les plus autorisés, une durée approximative de 15 jours. Au bout de ce laps de temps, n'ayant remar- __ qué aucun changement appréciable du poids d’un tel phosphate pendant 4 jours consécutifs, nous en avons fait l'essai par calcination et nous avons trouvé-une perte d'eau de 50 0/0 : environ au lieu du chiffre normal : 25,28. L'analyse nous à donné, d'autre part, une teneur de 65 0/0 seulement en phosphate à 2H°0, ce qui correspond à 48 0/0 d’eau, chiffre très voisin du précédent. Ainsi, dans des conditions que nous supposions très bonnes, en plein été, notre sel contenait encore, au bout de 15 jours, près d'un tiers d'eau en excès. Nous ne sommes arrivés que trois semaines après à obtenir un corps de composition à peu près fixe, subissant à la calcination une perte de 25,32 0/0 au lieu de 25,28.

On peut juger de l'erreur que nous aurions commise dans l'établissement de nos solutions étalons si, les 15 jours écoulés, nous avions arrêté l'exposition à l'air sur læ sçgule constatation d'une constance passagère de poids et sans nous préoccuper autrement de la qualité du produit obtenu. ;

Ceci est un exemple du contrôle à exercer sur les diverses

manipulations ; mais que d'autres points encore à vérifier minutieusement ! à $

— Pureté et titre de la solution de soude nécessaire à l’ob- È tention du sel sodique des colorants ;

L er — Neutralité de la verrerie ;

3 — Pureté de l’eau bi-distillée (dont le pH, pratiquement \ voisin de 6, ne peut et ne doit jamais dépasser 6,5 dans les condi- : tions ordinaires de préparalion) ete., ete. (!).

(*) Cette valeur paraît très éloignée de celle admise pour l'eau pure qui est pH 7. Mais si l’on songe qu’en l'absence de tampons, il suffit de traces : infimes de gaz carbonique pour abaisser énormément ce chiffre (0,00001 mo-

à et, conséquemment, on a toujours un résultat, FES PEN

Souvent, au contraire, l’électrométrie renseigne elle-même l'opérateur sur une faute de technique, par l’impossibilité dans laquelle il se trouve d' obtenir un potentiel constant, même au

bout de plusieurs heures. ;

Ces raisons nous ont décidé à employer de Re cette dernière méthode. Nous reconnaissons néanmoins les services que peut rendre la colorimétrie dans un grand nombre de cas, malgré bien d'autres inconvénients que nous avons passés sous

silence, tels que les écarts de coloration dus à la présence de sels d’acides forts ou de protéines. Nous désirons seulement

montrer, contrairement à l'opinion généralement admise, que

J’électrométrie ne doit pas être considérée comme l'apanage des laboratoires de recherches, possédant une installation compliquée et coûteuse, mais qu” elle peut, avec avantage, être mise en pratique dans tout laboratoire d'hôpital, ainsi que nous l'avons fait nous-mêmes.

Avant de parler de la mesure du pH du sang, nous de

rons la méthode elle-même. Bien que de nombreux ouvrages et articles aient déjà paru sur la question, surtout à l'étranger,

nous pensons rendre quelques services en condensant ici les renseignements puisés à des sources très diverses, et’en y ajoutant les détails que notre propre expérience nous à permis de connaître. :

Nous exposerons les résultats obtenus, qui nous ont encouragé par la simplicité avec laquelle nous avons retrouvé des faits déjà signalés par de nombreux auteurs, et dont l'étude mérite d'être poursuivie. Enfin, nous terminerons en relatant . quelques expériences sur le trouble apporté dans la réaction sanguine par l'injection intraveineuse de colloïdes électriques.

lécule-gramme de CO: par litre, soit 0 cc. 22 font passer le pH de 7 à 6), on comprendra qu'il y a lieu, au contraire, de se méfier des valeurs trop voisines de 7 qui, dans la pratique courante, laisseraient soupçonner une alcalinisation par le verre employé.

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