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VII. — Remarques finales

La découverte faite par De Vries que de nouvelles espèces peuvent se former par mutation et la possibilité de faire de la loi de Mendel une application large, sinon générale, aux phéilomènes de l'hérédité, comme Tont fait voir particulièrement Bateson et ses élèves, doivent pour le moment sinon toujours servir de base aux théories de révolution. Ces découvertes offrent au biologiste expérimentateur le but défini de produire des mutations par des moyens physicochimiques. Il est vrai que certains auteurs affirment y avoir réussi, mais l'auteur voudrait s'excuser auprès de ces auteurs de l'impossibilité où il est de se convaincre lui-même actuellement de ce qu'ils affirment. Il pense que ce n'est qu'en élevant ces êtres ayant subi en apparence la mutation pendant plusieurs générations, qu'on peut démontrer avec évidence qu'on a affaire à ^ de véritables mutations et non à des variations * pathologiques*.

Ce que nous avons dit relativement à la production d'espèces nouvelles par des moyens physico-chimiques peut être répété d'une manière encore plus justifiée pour ce qui concerne le second problème de l'évolution, je veux dire la formation de matière vivante à partir de matière

I. Depuis que ceci a été écrit, ^es belles expériences de Kammerer, aussi bien que celles de Tower, ont donné la preuve que les condi. lions extérieures peuvent amener chez les animaux des changements héréditaires.

DE L'INFLUENCE DU MILIEU SUR LES ANIMAUX

inanimée. Les imitations purement morphologiques de bactéries ou de cellules que des physiciens ont annoncées de temps à autre comme des productions artificielles d'êtres vivants, ou les jeux de mots par lesquels, par exemple 1^ régénération d'un cristal brisé et la régénération des membres perdus par un crustacé sont déclarées identiques, ne méritent pas l'attention des biologistes. Nous savons que la croissance et le développement chez les animaux et les végétaux sont déterminés par des séries définies quoique compliquées de réactions chimiques superposées, d où résulte la synthèse de composés définis ou de groupes de composés, tels que les nucléines.

Les nucléines ont la propriété d'agir comme ferments ou enzymes dans leur propre synthèse. Ainsi un type donné de noyau continuera à faire la synthèse de nucléine de sa propre espèce. C'est ce qui détermine la continuité de l'espèce, chaque espèce a3^ant, à ce qu'il semble, sa nucléine ou ses substances nucléaires propres. Mais cela nous fait voir du même coup que quiconque prétend avoir réussi à obtenir une matière vivante à partir d'une matière inanimée doit fournir la preuve qu'il a réussi à préparer un ensemble nucléaire qui agisse comme ferment pour sa propre synthèse et qui puisse ainsi se multiplier. Personne n'y a réussi jusqu'à ce jour, bien que rien ne nous autorise à déclarer que ce but est hors de ce que la science peut atteindre.

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