‹ La Concurrence de l'Automobile et des Chemins de FerChapitre 2 sur 45 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

et camions automobiles détournent du rail voyageurs et marchandises.

La plus importante de ces compétitions est celle qui met aux prises l'automobile et le Chemin de fer ; toutes les autres s’effacent devant elle. La concurrence faite par la route au rail se révèle si nouvelle et si intense, qu’à peine décelée, elle devient un péril pour la prospérité des réseaux ferrés et une source de trouble pour l’économie des pays.

On ne peut aborder son étude sans rencontrer des opinions aussi péremptoires que différentes.

C’est d’abord l’existence même de la concurrence, qui est mise en doute par ceux à qui elle profite, exagérée parfois, par ceux qui en souffrent. C’est ensuite l’intervention de l'Etat, qui, réclamée par les Chemins de fer, repoussée par les Transports automobiles, tente de concilier les intérêts des parties avec ceux du pays.

Au travers des discussions et des affirmations, on aperçoit un problème général : dans tous les pays civilisés, le développement remarquable de l’automobile, en moins de dix ans, a fait perdre aux Chemins de fer le monopole de fait des transports terrestres. Partout il s’agit d’apprécier l’étendue et les formes de la concurrence, de discerner ses causes et ses conditions, d’estimer la valeur des solutions proposées.

La nouveauté de la question ne permet pas de disposer de tous les éléments nécessaires. Les statistiques sont confuses et incomplètes et les efforts très sérieux d'organismes internationaux pour les rendre claires et comparables, n’ont pas encore abouti. D'autre part, on ne peut que relever des tendances et des projets, aussi

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bien dans les moyens de lutte employés par les Chemins de fer que dans les tentatives de coordination des deux modes de transport.

Cependant il nous a paru intéressant de rassembler, d'un point de vue impartial, les données du problème et d'exposer les solutions qu'il paraît comporter. Après avoir dans un premier chapitre examiné l’élendue de la concurrence de l'automobile au Chemin de fer et les difficultés de sa mesure,! nous rechercherons l’explication des faits en comparant les conditions d'existence des deux systèmes de transport.

Le troisième et le quatrième chapitre seront consacrés respectivement à l'étude des mesures prises par les Chemins de fer sur leurs réseaux pour lutter contre la concurrence el à l'exposé des tentatives de collaboration faites par les intéressés.

Enfin nous montrerons dans un dernier chapitre, en manière de conclusion, quelles interventions on sollicite de l'Etat et quelles considérations pourront déterminer la législation des transports de demain.

1. On pourra s'étonner à la lecture de ce premier chapitre de ne pas trouver dans les statistiques présentées de chiffres postérieurs à fin 1299. Cette omission est partiellement involontaire. En effet la publication de certains éléments statistiques est assez tardive et ce retard s’accentue lorsqu'ils proviennent de pays éloignés.

Mais d’autre part nous avons négligé à dessein certaines informations connues postérieures à 1929. A partir de cette année, une dépression économique aussi intense que générale a fait décroître l’activité de tous les modes de transport à un point tel que son influence absorbe et dissimule les effets de la concurrence automobile sur le trafic des chemins de fer. Les statistiques perdent au point de vue qui nous occupe et depuis cette époque une grande partie de leur intérêt.

Il n’en faudrait pas conclure que la concurrence n’existe plus ou décroit Bien au contraire, la diminution du trafic la rend certainement plus âpre, encore qu’elle devienne très difficile à apprécier exactement,

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