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LA LUTTE CONTRE LES MOUSTIQUES

DEUX MOYENS EMPIRIQUES, MAIS INFAILLIBLES AU POINT DE VUE DE LA PROPHYLAXIE INDIVIDUELLE.

Dans le numéro du Journal de la santé^ je viens de lire un article signé : D»" X, sur la lutte contre les moustiques, qui résume les mesures préventives à prendre, mais qui, selon moi, appelle, non pas des critiques, mais des explications complémentaires.

D'abord, il ne faut pas oublier que partout où Ton a installé sérieusement des toiles métalliques, Ton a obtenu des résultats merveilleux et tout à fait surprenants, c'estainsi, comme je l'ai expliqué ici même, en détail, que les Américains sont arrivés à faire disparaître virtuellement la fièvre jaune de Cuba en un an, et c'est si vrai que l'on vient également d'obtenir les meilleurs résultats en Italie par l'emploi des dites toiles métalliques à toutes les ouvertures, portes et fenêtres.

Je viens précisément de me livrer à une enquête personnelle en Italie, sur toute la côte, de Gènes à Naples, en passant par Rome et les Marais Pontins, et j'ai été absolument convaincu des résultats obtenus contre la malaria partout et plus particulièrement encore, si l'on vient aux environs de Civita-Vecchia, sur ce que Ton est convenu d'appeler la mer Tyrrhénienne.

Les moustiquaires ne nous privent pas d'air, mais la vérité est qu'elles laissent toujours pénétrer un moustique ou deux, ce qui est plus que suffisant pour être intoxiqué, suivant le pays, par la malaria ou la fièvre jaune.

Et lorsque l'on a habité les pays chauds ou que l'on réfléchit simplement, il est très facile de comprendre le rôle extraordinairement bienfaisant des toiles métalliques, car c'est précisé-

ment lorsque Ton dort pendant la nuit, que Ton est exposé sans défense aux morsures des moustiques.

Maintenant, j'arrive aux deux moyens empiriques que j'ai déjà indiqués ici même je crois, que j'ai expérimentés moimême aux Antilles et dont je me suis toujours trouvé trèS bien, après l'emploi des toiles métalliques aux ouvertures, bien entendu.

Le premier moyen consiste à placer sur une table, au milieu de la pièce où l'on couche, une vasque pleine d'eau et assez vaste pour contenir quatre ou cinq petits poissons rouges ou petits cyprins qui font une consommation énorme des moustiques qui viennent à la surface de l'eau.

Le second moyen est aussi simple et encore plus efficace, pendant la nuit, ce qui est là le point essentiel, comme nous venons de le voir.

Au-dessus, au centre, à vingt centimètres environ de la vasque on place une petite lampe à acétylène, à flamme vive grosse comme une noisette à peine ; les moustiques viennent s'y brûler par centaines, vous laissant tranquille pendant ce temps et formant le matin une véritable couronne de purée dans l'eau où ils sont tombés.

Ce sont deux moyens empiriques, je le sais, seulement bons pour les chambres à coucher, quand on n'a pas eu encore le temps d'établir les toiles métalliques ; mais ce sont deux moyens excellents, qui m'ont toujours parfaitement réussi et que je me fais un devoir de recommander à nos jeunes gens, plus nombreux chaque jour, qui partent aux colonies.

Je relève dans la plupart des journaux coloniaux la petite note suivante dont la très haute importance ne saurait échapper à mes lecteurs :

« M. Lâveran a fait une importante communication à l'Académie des sciences. Au cours de ses travaux sur l'étrange

« tnaladie du sommeil », considérée jusqu'ici comme mortelle, il a pu, assure-t-il, se convaincre récemment de l'immunité des cynocéphales pour les trypanozomes.

« Deux de ces animaux sont, actuellement, à l'Institut Pasteur. M. Laveran a fait avec eux des expériences concluantes. Des animaux infectés de trypanozomes ont été guéris par des injections du sérum des cynocéphales. M. Laveran voit là un moyen de traiter efficacement les hommes atteints de la maladie du sommeil.

De mon côté, je dois ajouter que j'ai des informations identiques et qui ne font que confirmer celles-ci, de la part de mes amis portugais qui s'occupent également de cette terrible maladie, et je peux dire que les recherches du Docteur Laveran concordent admirablement avec toutes les données de la science en général et même en particulier, par rapport à la maladie du sommeil.

On peut donc être à peu près cei'tain, dès maintenant, que le Docteur Laveran a bien réellement découvert le sérum préservatif de la maladie du sommeil et quand on pense aux milliers de victimes qu'elle fait chaque année parmi les noirs, on ne «^aurait marquer trop haut la reconnaissance que tous les coloniaux doivent à ce savant éminent.

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