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LES MALADIES DES PAYS INTERTKOPICAUX

LA MALARIA. — LA FIÈVRE JAUNE. — LA LÈPRE A MAYOTTE. l'état SANITAIRE A MARSEILLE. — l'eNSEIGNEMENT

de la médecine coloniale en france a l'heure présente

A M. A. Pictri'Daudet,

Mon cher ami,

Vous savez combien la question de la prophylaxie et de la guérison des maladies intertropicales est passionnante, à riieure présente, et combien je m'en suis occupé moi-même, surtout depuis treize ans, depuis mes dernières missions économiques aux Antilles.

La question est également intéressante pour tous les pays chauds, car il y a encore beaucoup de personnes qui n'osent pas aller s'établir aux colonies ou simplement voyager dans les pays intertropicaux, par crainte des maladies que Ion y contracte. Or, à l'heure présente, l'on peut dire que Ton sait les causes et les origines de toutes les maladies et que l'on est bien près de les avoir fait disparaître toutes, sauf, hélas ! la terrible maladie du sommeil, qui continue à exercer ses ravages en Afrique, sur les noirs.

Ceci dit, nous allons passer en revue, rapidement, l'état actuel de la science en face de toutes ces affections, qui ont été si longtemps comme une barrière pour les craintifs entre les pays chauds et les pays tempérés.

Actuellement, vous savez que la quinine a toujours ses défenseurs et ses détracteurs, aussi il est intéressant de rappeler (|ue, en novembre dernier, le médecin major Stenber confirmait, dans \i\ Dcuhch Medczhi'm'hc Wochenschrift, l'opinion de

Koch qu'il est possible de protéger les Européens qui ne doivent résider que passagèrement dans une région malarienne contre la malaria, au moyen d'un traitement systématique à base de quinine. A lappui de son affirmation, M. Stenber dit ce qui suit :

Je considère comme un exemple classique, sous ce rapport, la conduite des équipages de deux grands bâtiments, qui furent obligés de rester chacun pendant trois ou quatre mois dans le port de Dar-es-Salam. L'équipage de l'un de ses bateaux — un navire italien — poussa si loin le mépris des recomniandations sanitaires que nous lui avions données, que les marins considérèrent comme superflu le port du casque tropical, comme sans danger le fait de dormir la nuit dans les buissons de manguiers, la plupart du temps en état d'ébriété, comme inutile l'emploi de la quinine.

Par contre, le capitaine de l'autre bâtiment — un navire allemand — suivait scrupuleusement les conseils médicaux qui sont fournis gratuitement par le gouvernement. Il ordonna strictement à ses hommes de passer la nuit à bord, d'éviter tous excès et surtout de se présenter tous les dimanches matin sur le pont et d'y avaler la dose de quinine — 1,5 — qui leur était remise à tour de rôle par un sous-officier de santé. Les résultiits ont été typiques dans les deux cas. Tandis que sur les trente hommes environ dont se composait 1 équipage italien, pas un seul n'échappa à la malaria, il ne fut constaté dans l'équipage de l'autre navire — environ 28 hommes — qu'un seul cas présentant des phénomènes malariens, sans que Ton pût toutefois y découvrir des parasites.

Mais quelques jours plus tard, avec la haute autorité (jui s'attache à son nom, le major Ronald Ross posait la question sur son véritable terrain, dans une conférence qu'il faisait au Royiil Colonial Instituiez sur les mesures préventives à prendre contre la malaria. Nous en donnons l'analyse ci-après :

La prévention de la malaria a une grande importnncc» économique, non seulement pour le commerce, mais aussi pour

Tadministration, et nous sommes obligés de nous demander quelle est la meilleure méthode à employer.

Les délais dans la prévention sont dus à deux causes : i^k une hésitation natui:elle de la part des autorités à dépenser les fonds nécessaires pour une semblable campagne ; 2o à une hésitation à ajouter un nouveau fardeau à la tâche des médecins et des ingénieurs coloniaux.

Pour être convenablement exécutés, les travaux contre la malaria entraînent de considérables dépenses pour le drainage et les autres mesures à prendre pour éviter la propagation des moustiques.

Que faut-il donc faire pour hâter Texécution des travaux nécessaires, se demande le major Ross ? Il me semble, ajoutet-il, que la meilleure réponse est d'appliquer une série de résolutions récemment votées par les Chambres de commerce de Liverpool, de Manchester et de Londres, au Congrès de l'Institut sanitaire royal.

1. Nomination d'un médecin sanitaire pleinement qualifié dans chacune des principales villes ouest-africaines ; 2. Adjonction à ce médecin d'une commission sanitaire sur le modèle de l'organisation indienne; 3. Publication d'un rapport sanitaire annuel.

Enfin, toujours vers la même époque, le docteur Sergent, dont j'ai eu souvent l'occasion de signaler les remarquables travaux sur le paludisme et les moustiques anophèles, venait de terminer la série d'études dont il avait été chargé par l'Institut Pasteur.

Ses expériences sur l'application de la méthode qu'il préconisait pour combattre le paludisme se sont poursuivies, cette année, dans les gares de l'Est algérien, situées entre l'Aima et rOued-Athménia et celles de Beni-Mansour et Bougie.

Nous connaîtrons prochainement le résultat de ces expériences, dont la vulgarisation ne pourra que fiiciliter la disparition des fièvres terribles qui atteignent trop souvent les populations de certaines parties de l'Algérie.

Maintenant, que Ton sait que le moustique est Tunique agent transmetteur, Ton fait des progrès rapides, et c'est ainsi que, dans un numéro de la New-Orléans Piayunc le docteur Smith, de la Nouvelle-Orléans affirme avoir découvert dans le corps des moustiques ayant absorbé du sang de malades atteints de fièvre jaune, une sorte d'hématozoaire qui pourrait bien être le véritable parasite.

Ces hématozoaires subissent, dans le corps des moustiques, dont ils envahissent progressivement les divers organes, une évolution assez compliquée qui, vers le sixième jour, aboutit à la formation de spores.

Vers le douzième jour, les sporozoïtes rempUssent les glandes salivaires des moustiques, et leur seule issue est à travers les conduits exécréteurs de ces glandes, allant au rostre des moustiques, lequel, par piqûre, injecte ainsi dans le sang du patient une certaine quantité de ces micro-organismes infectieux.

Cette contamination tardive des organes du moustique cadre exactement avec ce fait, d'observation assez étrange au premier abord et bien constaté par la mission française, à savoir que les moustiques qui ont piqué des malades ne peuvent transmettre la maladie que douze jours après avoir ingéré du sang virulent.

Ceci est absolument vrai et tout à fait d'accord avec mes propres observations aux Antilles.

J'arrive à la terrible question de la lèpre, que l'on n'a point encore trouvé le moyen, hélas! de guérir, mais seulement de prévenir par Thygiène ; car il est bien ceiiain aujourd'hui que la lèpre se développe surtout dans les pays ordinairement livrés à la saleté et à la débauche, et j'en veux dire un mot à propos de Mayotte et de la léproserie de M'Zambourou ; à ce propos, le jeune et éminent médecin major en chef des Comores, à D'Zaoudzi, le docteur Georges Blin a écrit des pages éloquentes que je voudrais pouvoir reproduh'e ici tout entières, tant on y sent que le savant est doublé d'un homme de cœur.

Mais il faut savoir se borner et en voici seulement les passages les plus frappants :

C'est entre ces roches, sur un fond de sable caillouteux, où rhumus est rare que, privés pour la plupart de leurs mains et de leurs pieds, les extrémités réduites à des moignons informes, sur lesquels ils se traînent péniblement, ces damnés d'icibas vont gratter la terre, afin dy cultiver un peu de manioc : leur seule ressource de ITieure actuelle, en dehors des denrées administratives, le cyclone de 4898, dans son aveugle tourmente, leur ayant, à eux aussi, causé les dommages les plus grands en brisant les quelques arbres fruitiers qui existaient alors.

Rampant plutôt qu'ils ne marchent, la pente des sentiers étant raide et les cailloux méchants à leur chair déjà malade, les lépreux gravissent lentement la montagne, ensanglantant sur leur passage les saillies et les arêtes des pierres contre lesquelles se heurtent maladroitement leurs pauvres membres mutilés qui ont désappris à percevoir et à sentir le contact des objets extérieurs.

Ce spectacle est poignant et navrant, mais digne d'admiration aussi, tant est sublime TeiTort et belle l'énergie de ces humains qui, n'étant plus pourtant que des loques, veulent vivre quand même et encore.

Le sol où ils sèment le grain qu'ils doivent à la charité désintéressée et bonne, ressemble à un vaste damier dont les cases noires seraient les roches — leur calvaire — et les cases blanches, la terre — leur espérance.

L'un des plus vieux d'entre ces malheureux me racontait, en un style imagé que je regrette fort de ne pouvoir rendre ici, qu'il se plaisait à voir germer les graines plantées par lui et grandir à ses côtés, sous son œil à demi éteint déjà, les arbrisseaux à l'ombre desquels il finirait et reposerait peut-être un jour.

Vivant en république parfaite, admirables de bonne entente et de solidarité, pratiquant, entre eux, la charité la plus

délicate, les lépreux de M'Zambourou savent se partager tout, avec réquité la plus digne d'éloges.

Les plus infortunés, ceux que leurs hideuses infirmités condamnent à Timmobilité etlïnaction forcées, reçoivent des parts aussi copieuses que leurs compagnons d'exil, plus valides, à qui incombe le soin généreux, mais toujours difficile et pénible, de pourvoir aux besoins de la petite colonie tout entière.

Très propres dans les maigres morceaux de toile dont ils se ceignent, et, paraissant accepter avec la plus grande résignation le sort affreux qui leur est fait, ils ne se plaignent jamais.

Une grosse joie pour ces misérables, c'est l'arrivée du médecin, sur leur plage inhospitalière et si peu fréquentée, car il leur apporte non seulement des vivres, mais encore des soins et aussi un peu de consolation.

C'est, en eîTet, à lui seul, qui ne craint pas de leur causer, de les approcher, de les toucher et de panser leurs ulcères répugnants, que ces déshérités de la nature osent demander un peu de soulagement.

Le médecin se fait volontiers le porte-parole de toutes ces misères vivantes, l'intermédiaire désintéressé entre ces malheureux et ladministration, mission de bien et de charité qu'ont toujours accomplie, de leur mieux, tous ceux à qui elle fut confiée.

Leur joie de voir le médecin, je l'ai moi-même constatée quand, pour la première fois, je me suis rendu à M'Zambourou. Ma baleinière n'avait pas plutôt franchi la pointe sud de l'ile que, de toutes les cases, sortirent des têtes curieuses.

Presque aussitôt alors, les valides et les ingambes accoururent au devant de moi, sur le rivage, tandis que les plus impotents, soutenus par des bras amis ou bien courbés sur un bâton, marchant et rampant lentement sur les restes informes de leurs membres, allèrent m'attendre sur la petite place des cabars du village de Mounta-Coundia.

Ce fut là, que quelques instants plus tard, je les trouvais presque tous rassemblés, le visage rayonnant de plaisir, mêlé pourtant à un tantinet de curiosité, car, pour eux, j'étais encore rinconnu et le médecin nouveau.

Gomme mes prédécesseurs, je leur apportais de vieux ustensiles de cuisine, du linge et des pagnes provenant de l'hôpital, quelques pioches et des couteaux, des hameçons et de la corde, du tabac, des médicaments et, enfin, des vivres administratifs — riz, sel et sucre.

Personne, alors, ne semblait plus souffrir. Mes premières paroles furent pour leur annoncer une bonne nouvelle : Taugmentation considérable de leur ration mensuelle, ainsi que la perspective d'achats réguliers de tous les objets dont ils avaient non seulement la plus grande envie, mais encore le plus pressant besoin.

Ils déliraient, ravis.

Plusieurs lépreux manquaient à l'appel, malades, dans leur case. Ce fut à eux que je fis ma première visite et mes premiers présents .

Ceux-là étaient retenus, étendus sans mouvement, . sur leurs nattes, en pleine évolution de leur terrible maladie, par des ulcères profonds et vastes, accompagnés d'une forte poussée de fièvre.

Les secours distribués et les pansements une fois terminés, je procédai alors à l'examen le plus minutieux de chacun de ces intéressants malades.

Tout d'abord, d'après les renseignements pris sur leur provenance individuelle, j'acquis l'absolue certitude qu'il n'était pas un point de la Grande Terre qui n'eût été visité déjà par le bacille de Hansen.

Voici, du reste, le compte rendu exact de mes observations sur place :

Neuf femmes sur quatorze sont privées de leurs pieds et de leurs mains, remplacés par des moignons arrondis et lisses. Quant aux cinq autres, elles présentent des lésions tubercu-

leuses plus ou moins avancées, siégeant également aux extrémités, ainsi du reste qu'à la face.

Chez les hommes, dont une dizaine à peine sont âgés de moins de trente ans, ce sont encore les formes tuberculeuses et mutilantes que Ton rencontre en plus grand nombre.

Plus épargnés, pour la plupart, que les femmes, beaucoup d'entre eux n'ont encore vu disparaître que , quelques-uns de leurs orteils et de leurs doigts.

D'autres, au contraire, leur diathèse s'étalant au grand jour, dans une poussée d accidents rapides, sont déjà porteurs d'ulcérations nauséabondes qui mettent à nu les aiticulations sous les parties molles en lambeaux et au milieu desquelles se dessine visiblement le travail lent, mais latal, de la destruction des tissus.

Chaque jour, en elTet, le sillon qui délimite la région indemne de celle qui doit être éliminée se creusera davantage et ce sera pour CC3 misérables, la mutilation d'une main ou d'un pied, à laquelle fera suite un répit de souffrances d'un laps de temps plus ou moins prolongé. Chez les mieux partagés, chez ceux qui osent encore montrer avec fierté et bonheur leurs doigts ou leurs orteils, devenus pourtant presque inutiles, aussi, ce sont des mains en griffes que l'on rencontre, de ces mains aux articulations raidies dans une désespérante flexion qui ne fera que s'accentuer davantage.

Le type léonin s'aperçoit là dans toute sa hideur, avec des rides profondes aux bords indurés et l'infiltration tuberculeuse de la peau du front ; l'épaississement et la proéminence des arcades sourcilières ; la bouffissure des paupières et la saillie énorme des pommettes, l'épatement et l'encroûtement des ailes du nez et de son lobe médian ; la bouche extraordinairement lippue et les lobules des oreilles volumineux et pendants, considérablement infiltrés.

Quant à la forme purement nerveuse, elle est relativement rare, les cas les plus heureux étant mixtes par les symptômes présentés.

Pour conclure, il n'est pas sur l'île de M'Zambourou un seul lépreux qui ne soit porteur de traces avérées et graves, patentes et déjà avancées, pour la raison bien simple, mais incompréhensible, que sont désignés comme dangereux par la police les propriétaires, les chefs de village ou les familles, ceux-là seulement qui sont déjà atteints de lésions affirmées, d'ulcères nauséabonds ou d'infirmités repoussantes.

Avant d'en arriver à des phases aussi confirmées de leur maladie, les lépreux sont soigneusement dérobés, par leur entourage, aux regards et aux recherches du médecin.

Aussi, est-ce très rarement que ce dernier parvient à déceler les indigènes atteints de lèpre, dans le musée pathologique des autres malades toujours conduits nombreux à sa visite sur les propriétés. Nombreux sont donc, à Mayotte, les lépreux.

Le danger étant réel et considérable, il convenait, pour préserver la colonie de la contagion de la lèpre, de prendre au plus vite les moyens les plus radicaux et les plus énergiques.

A Mohéli, il avait été trouvé, en novembre 1901, à proximité d'un sentier très fréquenté et exposé à tous les regards, le cadavre d'un lépreux en pleine décomposition, abandonné là depuis plusieurs semaines déjà.

A quelques mètres de cette pourriture dangereuse, vivait une famille de trois autres lépreux : les parents du mort probablement, porteurs, eux aussi, de plaies et d'ulcères éminemment contagieux ; spectacle afireux qui rappelait les horribles détails des scènes de ce genre, dues au pinceau des peintres flamands du moyen-âge, presque toujours réalistes par la fidélité de reproduction des misères de leur temps. »

Je suis profondément désolé de ne pouvoir citer ce remarquable travail entièrement ; mais, maintenant que le bacille de Hansen est connu et étudié, qu'il me soit au moins permis d'espérer que le docteur Georges Blin, le savant médecin en chef des Comores, ne tardera pas à trouver le remède à cette maladie vieille comme le monde, à ce terrible fléau qui s'appelle la lèpre

Sous une forme humoristique, le Petit Journal parle en ces termes du lazaret du Frioul :

Si jamais question a pris du temps à l'Académie de médecine, exigé des enquêtes et des rapports de commissions, et des discussions et encore des discussions, c'est bien celle du lazaret du Frioul.

Certes I intéressant Thygiène publique, elle valait bien que les plus savants de nos médecins s'occupassent d'elle ; >Us n'y ont pas manqué : mais quand donc, quand donc ne palpitera plus cette palpitante question ? Quand donc le problème sanitaire sera-t41 résolu?

A l'une des dernières séances de l'Académie de médecine, M. Josias avait lu un long rapport, dont nous avons parlé, sur les réformes à appliquer au lazaret du Frioul, où les navires venant d'Orient, et suspects d'apporter la peste, subissent une quarantaine avant de débarquer à Marseille leurs passagers.

Ce rapport a fait, mardi, le sujet d'une longue discussion à laquelle ont pris part MM. Vallin, Brouardel, Monod et Roux.

M. Vallin a émis cette opinion ^u'il n'était peut-être pas très utile de faire de grosses dépenses au lazaret du Frioul, pour y construire de nouveaux bâtiments, attendu qu'on pourrait bien avoir renoncé au système des quarantaines avant que ces bâtiments pussent être utilisés.

Il est d'avis que, le plus souvent, il suffirait d'isoler, pendant quelques jours seulement, les personnes qui auraient été directement en contact, pendant la traversée, avec des malades morts à bord et qu'avec des installations pouvant isoler de vingt-cinq à cinquante personnes, c'est-à-dire en portant le minimum d'atteinte à la liberté individuelle, la défense du territoire contre le fléau serait assurée.

De son côté, M. Brouardel a dit qu'à la convention internationale, qui s'est tenue récemment, toutes les puissances étaient, au début, favorables au système de la quarantaine. Après l'exposé de certains faits et une édifiante discussion.

Tingt-quatre de ces puissances sur vingt-sept se sont prononcées pour l'atténuation des mesures quarantenidres.

Enfin, on a mis au vote les conclusions du rapport de M. Josias et TAcadémie a adopté tout de suite la première, relative à Taménagement des lazarets, en y ajoutant des hôpitaux et des infirmeries munis des derniers perfectionnements de la prophylaxie moderne.

Voilà qui est parfait ; mais pourquoi ces messieurs, si compétents, ont-ils oublié de parler de Tétat de saleté repoussante des vieux quartiers de Marseille ? J'en arrive précisément, et j'ai vu la chose de près. A quoi sert un lazaret si l'on attrape la peste en parcourant ou en traversant seulement les vieux quartiers de Marseille, qui sont la honte et le déshonneur de la vieille cité phocéenne ? Il faut croire qu'il y a une muniqipalité muette, sourde, aveugle, endormie et surtout sans odorat, dans cette pauvre cité de Marseille, où la saleté épique et l'ordure homérique sont profondément vénérées !

11 me reste à parler de l'état actuel de l'enseignement de la médecine coloniale et intertropicale en France, et, à ce point de vue spécial, je suis heureux de constater tout d'abord que, s il n'est pas encore assez général, assez répandu, il est du moins tout <i fait supérieur et de premier ordre dans les villes où on l'enseigne.

Je voudrais, pour en convaincre mes lecteurs, citer ici tous les programmes des cours ; ne pouvant le fah-e, faute de place, je vais me contenter d'en donner quelques courts extraits.

Voici d'abord le tableau de service, du 4 au 9 janvier 1904, de l'enseignement de médecine coloniale à Bordeaux :

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