I. — Si les employés se servent des filets moustiquaires
II. — Si toutes les ordures, les bouteilles cassées, les vieilles boîtes de conserves, etc., sont jetées dans une boîte spéciale à ordures.
III. — S'il n'y a pas d'eau stagnante nulle part dans les bâtiments et dépendances, à moins que ce ne soit dans des vases à ce destinés et protégés avec de la gaze, ou dans des citernes et puits sur lesquels il sera répandu chaque semaine une couche d'huile.
IV. — Si toutes les dépendances de l'immeuble sont tenues dans un rigoureux étal de propreté.
V. — On fait observer qu'il serait utile qu'un état do tous les cas de fièvre se déclarant parmi les employés soit tenu avec soin.
7. Indigènes, — Le chef s'appliquera à imposer ces prescriptions aux employés indigènes tout comme aux Européens.
8. Règle générale. — Si les bâtiments de la limie sont situés au milieu de terrains réputés malsains, si les rues sont malpropres, les maisons, les cours et les terrains incultes ou couverts de végétations inutiles, ou si des flaques d'eau stagnante existent dans le voisinage des locaux de la firme, le chef dressera un rapport chaque mois sur ces faits et l'enverra à l'autorité locale sanitaire ou médicale, jusqu'à ce qu'il y soit remédié et il adressera copie dudit rapport au siège social de la fii^ie,
9. — Si le chef a besoin de nouvelles instructions en ce qui . concerne lapplication des prescriptions ci-dessus, il s adressera à l'autorité locale, sanitaire ou médicale, ou au praticien médical chargé de veiller sur la santé des employés de la fii^ie, ou à leur défaut, aux autorités de la métropole.
iO. — Si, après expérience, il reconnaît qu'il lui est innpossible de mettre ces instructions en pratique, il notera en face desdites instructions* imprimées et ce, à lendroit réservé, les difficultés qu il aura rencontrées dans leur application.
Ces instructions sont comme la confirmation éclatante de tout ce que j'ai écrit et recommandé moi-même ici, avec insistance, avec mon expérience personnelle des pays intertropicaux; mais si j'ai tenu à les publier intégralement, ce n'est pas seulement parce qu'elles sont nppelées à rendre les plus grands services à nos colons, fonctionnaires, ou employés à la côte occidentale d'Afrique, mais encore à tous les Français de France et plus particulièrement du Midi, où il y a beaucoup de moustiques.^ qui voudraient bien se donner la peine de les observer.
Que l'on ne s'y trompe pas, les mesures hygiéniques les plus sévères, même dans les pays tempérés, constituent encore et toujours la meilleure des prophylaxies.
LA MÉDECINE COLONIALE
J.ES MOUSTIQUES ET LEURS ENNEMIS DANS LA FLORE. — LE TÉTANOS LES DERNIÈRES NOUVELLES
Dans le Journal des Débats^ M. de Parville affirme qu'on parle beaucoup en Angleterre d'un végétal qui jouirait de la propriété de faire fuir les moustiques : le papayer, carica papaya !
M. P. Groom a étudié cet arbre en Chine. Son habitation n'était pas visitée par les moustiques, alors que tout autour de lui, dans Tile, les maisons étaie^nt envahies par ces insectes insupportables. Il existait entre la maison de M. Groom et la rivière voisine une rangée de papayers, qui protégeait Thabitation. Jamais j\I. Groom n a vu de moustiques se poser sur les papayers, ni même aucun insecte. Un jour, un cyclone abattit quelques papayers devant la maison; aussitôt les moustiques apparurent au rez-de-chaussée. A quoi tient cette propriété spéciale du végétal de repousser les insectes? On n'en sait rien encore. On pense (pie l'arbre dégage sans doute une odeur propre qui les fait fuir.
Le papayer possède aussi la propriété d'attendrir la viande On a l'habitude de pendre au milieu de l'arbre la viande de boucherie destinée au repas du jour. La raison du fait est également ignorée. Il faut savoir cependant que le papayer renferme un ferment digestif, la « papaïne i>, de soile que des fruits de cet arbre, mis à portée de la viande et des albuminoïdes, en opèrent la digestion in vUro. C est sans doute pour cela que l'arbre attendrit la viande en commençant à agir sur elle. Peutêtre, de même, les moustiques ne s'en approchent-ils pas tout simplement dans la crainte de subir un commencement de digestion.
Pour mon compte personnel, j'avoue que je ne m'en suis jamais aperçu.
J'ai étudié de très près le papayer aux Antilles, au double point de vue pharmaceutique et comestible, mais je n'ai jamais eu l'occasion de constater cette propriété particulière. Il est certain que son emploi est excellent dans les maladies d'estomac et que Ton fait d'excellentes confitures avec ses fruits.
En tout cas, si elle existe, les papayers comme préservatif, ne pourront jamais être qu'un adjuvant, car on ne peut pas en planter partout.
D'un autre côté, on nous écrit de la côte orientale d'Afrique ;
On a découvert récemment qu'une petite plante, YOciwum viride^ déjà connue pour ses propriétés médicinales, présente l'avantage d'écarter les moustiques. Le résident anglais de Kabba (A. 0.) a constaté qu'en conservant un certain nombre de pieds de cette plante autour de sa maison, il était possible de dormir sans moustiquaire. Si les propriétés de cette plante sont définitivement prouvée», son usage permettra, non seulement d'éviter les ennuis causés par la présence des moustiques, mais encore d'empêcher la propagation de la malaria, dont ces insectes transportent le germe.
Un habitant de Delagoa-Bay préconise aussi, d'après son expérience personnelle, contre la malaria le tournesol^ déjà connu dans l'Amérique du Sud comme préventif contre la fièvre jaune. Le gouvernement prend un grand intérêt à la culture du tournesol et a envoyé à Komati deux attachés au département de l'agriculture afin de faire des expériences sur une étendue d'environ 600 acres.
Tout cela est fort intéressant sans doute, mais encore une fois ne doit pas faire oublier les grandes mesures prophylactiques que j ai souvent indiquées ici, et que les Américains ont appliquées avec tant de succès à Cuba et puis, la nuit, comme je l'ai dit souvent, dans sa chambre à coucher, en dehors de la moustiquaire, bien entendu, il suffit d'avoir un grand vase
rempli de poissons et un autre vase plein d'eau avec une petite lampe à Facétylène pour que tous les moustiques aillent se brûler à la lampe ou se faire dévorer par les poissons.
On sait combien le tétanos est une maladie aussi fréquente que terrible dans les pays intertropicaux. Un nouveau né a-t-il le cordon ombilical mal lié, une goutte d eau tombe-t-elle sur une plaie ou même sur une simple écorchure, avez-v?us ramassé un peu de terre avec vos mains et les avez-vous frottées par mégarde à une muqueuse, êtes-vous remonté à cheval, la selle étant restée cinq minutes au soleil, et crac, voilà le terrible tétanos qui vous terrasse et vous tue : c'est dire avec quelle joie on a appris dans nos colonies la découverte du sérum antitétanique.
A ce propos, M. Roux vient de communiquer à l'Académie des sciences une notice du D^ Calmette, de Lille, relative à l'action immunisante du sérum antitétanique sec employé au' pansement des plaies tétanigènes.
Des expériences du laboratoire ont démontré que l'immunisation pouvait avoir lieu presque constamment chez les cobayes, si la plaie tétanigène était pansée ou saupoudrée quelques heures après.
Au bout de sept heures, l'action n'est plus certaine. M. Calmette estime que ce mode de pansement peut avoir du bon pour le soldat en campagne, notamment dans les colonies, où le tétanos est trop commun.
En adoptant cette méthode pour le pansement des plaies ombilicales cliez les jeunes enfants, on réaliserait de la manière la plus simple la meilleure des prophylaxies contre le tétanos des nouveau-nés qui, dans certaines régions du globe, représente un des principaux facteurs de la mortalité infantile. En Indo-Chine, par exemple, un cinquième des enfants qui naissent, disparaissent avint le dixième jour par le fait de cette maladie.
Le sérum antitétanique à l'état sec conserve indéfiniment son activité préventive. Son emploi pour le pansement des
plaies ne présente, s'il est bien préparé, aucun inconvénient et n exige aucune instrumentation sptjciale. Il peut être mis entre les mains les plus inexpérimentées.
Pour quiconque sait comment les médicaments les mieux préparés s'altèrent vite dans nos colonies intertropicales, il est inutile d'insister sur les avantages de la préparation du D»" Calmette et sur les services journaliers qu'elle est appelée à rendre.