L'ENSEIGNEMENT DE LA MÉDECINE COLONIALE A BORDEAUX
Voici d'abord un résunné assez complet de tout ce qui touche au diplôme de médecin colonial, dont j ai déjà eu Toccasion de parler ici-même :
La Faculté de médecine et de pharmacie de l'Université de Bordeaux décerne chaque année des récompenses aux docteurs et aux pharmaciens reçus par elle, à l'occasion des travaux scientifiques et des recherches médicales de toute nature qu'ils ont pu elfectuer pendant leurs voyages ou leur séjour à l'étranger ou aux colonies.
Des récompenses, dont la valeur sera prélevée sur une subvention spéciale mise à cet effet à la disposition de la Faculté par l'Institut colonial de Bordeaux, sont particulièrement attribuées à des études sur la géographie, l'histoire, les coutumes, mœurs, religions, etc., des pays, étrangers ou des colonies.
Par exception, les docteurs en médecine reçus dans une Université autre que celle de Bordeaux, peuvent prendre part au concours, s'ils sont pourvus du diplôme de médecin colonial de l'Université de Bordeaux.
Les récompenses sont représentées par des médailles dont la valeur varie avec l'importance des travaux publiés. Elles sont proclamées à la séance de rentrée et figurent au palmarès.
Sont sieuls admis au concours, les travaux publiés dans les cinq dernières années, quel que soit le mode de publication : livres, brochures, articles de journaux ou de revues.
Les candidats peuvent s'inscrire à toute époque de l'année, en envoyant deux exemplaires au moins de leur travaux au secrétariat de la Faculté. Toutefois, les travaux reçus entre le 15 juillet et le jour de la distribution des prix seront examinés seulement en vue du concours de l'année scolaire suivante.
(Règlement adopté par délibération du Conseil de la Faculté, en date des 20 février et ii mai 4903.)
A ce propos un de mes confrères de la Dépêche Coloniale dit fort judicieusement :
Les programmes ont été publiés trop tardivement pour que les anciens élèves de la Faculté éloignés de la métropole, aient eu le temps de faire parvenir leurs travaux avant le 15 juillet.
Deux médecins des colonies, en congé en France, ont cependant pu présenter au concoure les travaux qu'ils avaient publiés dans les conditions indiquées au programme.
En ce qui les concerne, voir un extrait du rapport de M. le professeur Le Dantec sur les prix décernés par la Faculté à la fin de Tannée scolaire.
Et il ajoute, en parlant des médecins coloniaux ou de ceux qui sont allés s'établir dans nos colonies :
Elle a créé, avec Taide de l'Institut Colonial de Bordeaux, des prix pour des travaux qui lui seraient adressés sur l'ethnographie et la médecine exotiques. Deux mémoires ont concouru : l'un, dû au docteur Rouffiandis, sur la géographie médicale du Moyen-Laos; l'autre, dû au docteur Tardif, sur la mission du Lang-Bian. Tous deux ont été reconnus dignes d'une médaille de vermeil.
Ces prix sont modestes, comme vous le voyez ; mais, pour le solitaire exilé, ils auront le parfum d'un souvenir plutôt que le réalisme d'une récompense.
Maintenant je crois qu'il est intéressant de mettre sous les yeux de mes lecteurs l'un des derniers tableaux de l'enseignement de la médecine coloniale à Bordeaux, pris au hasard et, ensuite je donnerai la liste des diplômes des médecins coloniaux. C'est un peu long, mais tout à fait nécessaire pour bien faire oucher du doigt la grande et superbe œuvre qui est en train de s'accomplir sans bruit en ce moment, qui est tout à l'honneur de notre science médicale et que le grand public ignore encore en partie :
— 515 ^ Tableau de service
l. — ENSEIGNEMENT CLINIQUE
(A 8 heures du matin)
. MM. les professeurs dé clinique et cliefs de service des hôpitaux civils et militaires et M. Le Dantec, professeur de pathologie exotique.
MM, Testevin, médecin principal ; HassleVj médecin-major de l'c classe, et M. Le Dantec : I. Syphilis grave exotique et paludisme chez un soldat d'infanterie coloniale venant de la Guadeloupe. II. Anémie paludéenne chez un soldat d'infanterie coloniale venant du Sénégal. — Mercredi, hôpital militaire, 10 heures.