PIECE VI
Arch. Parl. XL 479. — Assemblée Législative. Séance du 25 mars 1792.
Pétition de Mme Grandval :
« Je suis mère, et à ce titre je viens implorer la commisération et la justice des législateurs pour une classe infortunée d'hommes que les lois ont jusqu'à présent rejetés insolemment de la société. Des préjugés funestes réduisent les enfans naturels à la plus affreuse solitude : ils ne tiennent aux familles que par les liens de la nature ; et ces liens, à honte des lois civiles ! ces liens sacrés sont un opprobre.
« La tendre mère n'ose presser sur son sein l'enfan qui lui donna l'erreur qui lui est chère encore.
« Quel est donc cet orgueil de l'enfant que donne la loi, en opposition avec l’abaissement ou l’on réduit l'enfant que donne la nature ? Quelle est la source de cet orgueil barbare ? N'est-ce pas la Féodalité ? L'enfant naturel, abandonné de lunivers entier, était, hélas! une épave que les seigneurs s'approprialent et qu'ils réduisaient au servage pour lui sucéder. La féodalité n’est plus et le préjugé subsiste encore ; il pèse encore
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&ur cette classe intéressante. C'est à vous, messieurs, qui régnez sur l'opinion, c’est à vous à laver cette tache originelle. |
« Je viens vous demander loi qui permette aux mères d'enfants naturels de leur laisser leur succession et qui rende les enfants naturels habiles à recevoir des legs universels. Tirés de l’indigence par cette loi salutaire, les enfants naturels recevront une éducation plus soignée. La Patrie acquerra des hommes précieux par leurs lumières et par leurs talents. » =