Arbeilerfrage und Kolonisation, p
« quelques mauvais éléments, qui sont, malgré € tout, parvenus à s’introduire parmi les colons, « on peut dire que les colons sont des exploi- « tants sérieux ».
C'est un éloge complet, mais certainement un peu exagéré. Car, on ne peut se dissimuler que la Commission a commis de graves fautes. Au début surtout, elle achetait sans examen suffisant, si bien qu’au bout d’un an et demi, on trouva 27.000 hectares achetés impropres à la culture. Elle a acquis beaucoup de biens allemands, chose bonne en soi, mais contraire au but de la loi, Klle a, comme nous l'avons vu, payé beaucoup trop cher. Enfin, elle a commis l'erreur d'effectuer tout d’un coup des constructions fort coûteuses, au lieu de commencer par de petites installations à bon marché; ce procédé trop ambitieux a causé l’endettement des colons dès leur entrée sur la parcelle : de 1886 à 1890, 89 0/0 de ces colons ont dû abandonner leur exploitation. Parmi les colons restants, les uns se plaignent, les autres sont satisfaits ; M. Blondel, dans son livre sur la crise agraire en Allemagne, donne à ce sujet des exemples contradictoires ; il est impossible de fournir une conclusion nette sur ce point.
En ce qui concerne la fixation des ouvriers agricoles, la stabilisation de la main-d'œuvre
rurale, le succès ne fut pas très grand. La Commission a surtout créé des parcelles de 20 à 25 hectares, créant ainsi une classe moyenne de paysans. Mais au-dessous de 5 hectares, on trouve peu de parcelles ; or, pour qu’un colon soit en même temps ouvrier agricole, il ne lui faut pas une parcelle trop étendue qui l’occuperait complètement toute l’année, il lui faut une petite parcelle de 1 à 2 hectares qui lui laisse assez de jours libres pour aller travailler chez le grand propriétaire. D'ailleurs, l’ouvrier agricole se montrait assez peu empressé d’acheter une petite terre moyennant une rente, il craignait d’être obligé de louer son travail au grand propriétaire en restant attaché à la terre.
Quant au but politique cherché en 1886 fut-il atteint ? D’après M. Brentano (1) la colonisation allemande n’a fait aucun ‘progrès en Pologne. Les 100 millions de M. auront servi à établir 100.000 Allemands et 2.150.000 Polonais ; et, de plus, ces achats nombreux ont augmenté la valeur des biens polonais. Profitant de l’occasion, les nobles polonais ont vendu leur grand domaine très cher à la commission, ont payé leurs dettes et racheter une petite propriété plus à leur convenance et nette de charges.