LE VICE ORIGINEL NEUTRALISÉ PAR L'ÉDUCATION
Comment l'éducation neutralise l'action du vice originel et rend l'individu apte à pourvoir à ses deux besoins.
En résumé, l'homme diffère de tous les êtres vivants. Il naît incomplet, mais il peut se compléter sous certaines influences dont le principe n'est pas en lui. Enfin, quand une race a suffisamment atteint ce but, et tant qu'elle résiste aux influences contraires qui tendent toujours à l'en éloigner, l'accroissement de sa prospérité n'a plus que deux limites : la première est fixée par l'étendue des territoires dont la race dispose; la seconde, par la corruption et la violence des races établies sur les territoires voisins.
Les influences qui, chez les peuples prospères, grandissent l'homme en le complétant, constituent « l'éducation ». Elles se rattachent à trois régimes principaux, qui peuvent être nommés : « la contrainte des parents, l'apprentissage de la profession, l'expérience de la vie». Toutes agissent sur l'individu depuis la naissance jusqu'à la mort ; mais chacune d'elles améliore spécialement trois âges différents. La contrainte des parents réprime chez l'enfant les impulsions émanant du vice originel; au besoin, elle oblige l'écolier à recevoir renseignement qui l'aidera
plus tard à distinguer sûrement le bien d'avec le mal et le vrai d'avec le faux. L'apprentissage de la profession donne la fécondité réelle à l'enseignement scolaire; il aide l'adulte à conquérir la condition sociale qui répond à ses vertus et à ses talents. Enfin l'expérience de la vie donne la maturité aux fruits que les deux premiers régimes ont fait naître ; elle confère à l'homme fait et au vieillard la sagesse qui assure aux races prospères la paix sociale, assurée par le gouvernement judicieux de la famille et de la société.
La famille, premier moyen d'éducation, principe constitutil et conservateur des races prospères.
Chez toutes les races, et dans le cours de chaque existence individuelle, la famille est le premier moyen d'éducation. C'est le seul en action chez les races simples, qui se procurent la subsistance journalière en récoltant les productions spontanées du sol et des eaux. C'est toujours le plus important , même chez celles qui fondent leur subsistance sur des méthodes de travail très compliquées. La famille, en effet, ne produit pas seulement les rejetons qui perpétuent la race : elle leur transmet peu à peu, dès la naissance,