INÉGALITÉ ENTRE LES ENFANTS ISSUS DES MÊMES PARENTS
diverses races d'hommes; mais trop souvent ils induisent de ce fait des conséquences exagérées et des conclusions fausses. Ceux qui se livrent à ces exagérations et à ces erreurs admettent que l'organisation matérielle du corps humain engendre fatalement dans chaque race certaines aptitudes et certaines défaillances. Ils en concluent que son rang est fixé d'avance d'une manière absolue sur l'échelle de la souffrance ou de la prospérité.
Pour échapper à ce fatalisme dangereux, il n'est pas nécessaire d'étudier comparativement tous les peuples : il suffit d'appliquer la méthode des monographies, soit à un voisinage, soit même à l'observation d'une seule famille féconde. Les enfants issus des mêmes parents montrent les plus grands contrastes dans leurs tendances innées vers le bien ou le mal. Ces contrastes ne sont pas inférieurs à ceux qui sont signalés entre les diverses races; et parfois, malgré l'uniformité de l'éducation, ils persistent dans le caractère des individus. Les lois naturelles maintiennent donc une sorte d'équilibre dans les tendances innées des enfants, comme clans la répartition des sexes. Considérés au point de vue de leur nature originelle, les peuples ne diffèrent pas entre eux aussi profondément que sembleraient l'indiquer certains phénomènes de prospérité ou de souffrance. Les gouvernants qui ont
pour mission de remédier aux maux du passé ne doivent donc jamais désespérer de l'avenir. Quel que soit dans le présent l'état de corruption, ils peuvent, avec confiance, faire appel aux Autorités sociales pour développer les germes de bien qui, chez les jeunes générations, sont toujours mêlés aux manifestations du vice originel.
Comment la famille met à profit l'inégalité naturelle de ses enfants pour se perpétuer dans la stabilité et la paix.
Pour guérir le mal ou maintenir le bien, les familles stables sont partout les meilleurs auxiliaires des hommes d'élite, qui donnent le bon exemple par leur vie privée, ou qui influent sur la direction de la vie publique. Dans la prospérité, comme clans la souffrance des races humaines, le père et la mère restent toujours la plus sûre garantie contre l'invasion du vice originel. Grâce à l'intimité de la communauté domestique, les parents aperçoivent le mal dès sa source, et voient éclore chez leurs nouveau-nés les instincts perturbateurs qui sont le danger de l'avenir. Ils répriment, dès leur apparition, ces instincts, parce qu'ils en sont les premières victimes. Ils procèdent d'ailleurs à cette répression avec une admirable douceur, parce qu'ils s'ins-