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LA TRADITION ET LA NOUVEAUTÉ DANS LA FAMILLE

par la nature du travail qui procure le pain quotidien; et par ce même motif, ils sont inégalement distribués sur le globe. Ils coexistent, quand la diversité des sols entraîne celle des travaux: l'un d'eux domine souvent sur une grande étendue de territoires uniformes.

Le « régime de tradition » exclut encore aujourd'hui les deux autres sur de vastes régions. Il est propre à deux sortes de races, les nomades ou sauvages et les pasteurs, qui laissent leur territoire dans l'état où il était avant l'apparition de l'homme, et qui vivent par conséquent des productions spontanées du sol. Celles de ces races qui sont stables se composent de familles patriarcales, qui se groupent généralement en tribus par les liens de la propriété communale.

Le « régime mixte » , qui crée l'équilibre entre la tradition et la nouveauté, repose sur la famillesouche. 11 assure la prospérité à de nombreuses classes qui, sans modifier notablement le territoire, se rattachent à trois branches principales du travail. Tels sont: les pêcheurs côtiers, qui ont surtout peur domaine le rivage maritime contigu à leur habitation; les forestiers, qui conservent les massifs boisés en les exploitant; les mineurs, employés à extraire des profondeurs du sol les métaux qu'a déposés l'action des forces minérales. Ce même régii ssl de plus en plus

représenté par deux autres branches de travail , qui transforment le sol en y marquant leur forte empreinte : l'agriculture et l'industrie manufacturière. La famille-souche est plus apte que la famille patriarcale à produire une heureuse conciliation entre les deux tendances de l'humanité. Après une longue cohabitation avec le chef de famille, l'héritier est dressé à garder la tradition au foyer des ancêtres; au contraire, en fondant de nouvelles familles, les jeunes rejetons sont plus enclins à y introduire la nouveauté.

Le troisième régime a pour trait caractéristique le grand commerce. Alors même qu'il conserve fidèlement la stabilité dans la famille , il est plus apte que les précédents à développer dans la race la prépondérance de la nouveauté. Trois causes principales amènent ce résultat. Le commerce, en facilitant les échanges, stimule l'activité du travail dans les anciens ateliers et provoque la création d'ateliers nouveaux. Il sillonne les territoires par des voies de transport qui, plus encore que les nouvelles branches de travail, transforment les hommes et les choses. Enfin, il agit plus directement encore sur les races en important des pays étrangers une foule de produits, qui créent des besoins et qui, en conséquence, modifient, malgré la résistance des familles les plus stables, les idées, les mœurs et les institutions. Une fois engagés dans cette

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