‹ La condition essentielle de l'humanitéChapitre 49 sur 86 · LA RUSSIE D'EUROPE ET D'ASIE · texte numérisé non relu

LA RUSSIE D'EUROPE ET D'ASIE

domestique autant que par renseignement du clergé. Dans la famille, comme dans la commune , les deux forces principales de l'humanité se prêtent un mutuel appui.

A l'orient des monts Oural , du fleuve Oural et de la Caspienne, la Russie européenne confine à des territoires d'une étendue presque illimitée. Le règne des productions spontanées est encore prépondérant dans ces régions; mais voici qu'elles sont atteintes à leur tour par le réseau des voies ferrées , dont les premiers linéaments partirent, il y a un demi-siècle seulement, des rivages de l'Atlantique. Ces voies , en se prolongeant vers l'Orient, vont accélérer le mouvement déjà ancien, qui attire les colons européens vers les mines, les pâturages et les forêts de la Sibérie ou de l'Asie jcentrale. Elles ne fortifieront pas seulement les colonies actuelles ; elles transformeront sans violence les populations indigènes. Le climat septentrional des vastes plaines baignées par les affluents de la mer Glaciale, celui de l'Altaï et des montagnes qui s'étendent au delà vers le Midi et l'Orient, ne comportent point les riches productions des climats chauds. En revanche, il se prête, plus que ces derniers, au développement de races morales, sobres et énergiques. Les riches forêts expédieronl d'abord par flottage les bois nécessaires à la construction des voies ferrées et au service des locomotives;

plus tard des houillères, dont les ressources considérables sont aujourd'hui sans emploi , compléteront les approvisionnements de combustible. Tous les éléments qui peuvent accroître la puissance d'un grand empire se trouvent donc réunis maintenant dans le nord de l'Asie.

La Nouvelle -Angleterre et ses Conlédérés.

Dès leur arrivée en Amérique, au xvne siècle, les Anglais qui fondèrent les petits Etats coloniaux de la Nouvelle-Angleterre se préoccupèrent surtout d'y trouver , pour l'exercice de leurs cultes, la liberté que leur refusait la mère patrie. Ils s'appuyèrent donc sur les deux fondements de toute société prospère, plus que ne l'avaient fait la Virginie et les autres colonies créées à une époque antérieure. Ils n'importèrent pas seulement, comme leurs devanciers, les excellentes coutumes anglo-saxonnes; ils prirent le texte de leurs lois écrites dans le Livre saint , et spécialement dans le Décalogue. C'est grâce à l'énergie de leurs croyances et à la solidité de leurs mœurs, que les descendants de ces grands hommes ont exercé une action prépondérante sur les coutumes de leurs voisins, tant que dura le régime colonial. Pendant la révolution d'où

Page 1