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LA GRANDE- BRETAGNE ET SES COLONIES

discordes provoquées sur le Continent par la révolution de 1780, puis par les passions hostiles aux Ottomans, elle a successivement détruit, sur les eaux d'Aboukir, de Copenhague, de Trafalgar et de Navarin, toutes les marines européennes. Grâce à cette politique, suivie avec persistance depuis l'époque où les flottes do Cromwell, puis les Hottes alliées de Charles II et de Louis XIV avaient ruiné les suprématies maritimes de l'Espagne et de la Néerlande, la Grande-Bretagne avait définitivement conquis l'empire de la mer. Elle pouvait donc désormais envahir, par la colonisation et la conquête, tous les territoires fertiles contigus aux rivages des océans. Cette œuvre a été accomplie, et elle se poursuit sous nos yeux avec une rapidité sans exemple.

La loi morale, qui était restaurée en Grande- Bretagne à l'époque où je visitai ce pays pour la première fois, en 1830, a été la cause principale de ces succès extraordinaires. Parfois, il est vrai, elle a été violée, dans l'exécution des entreprises, non sans porter atteiutt- à la bonne reaommée de la probité britannique. Cependant la corruption, conséquence habituelle des conquêtes faites parla violence, n'a point eu les caractères pernicieux (pie l'on a toujours constatés sur le Continent depuis cinq siècles. Les deux forces fondamentales de l'humanité, incarnées dans les familles dirigeantes, ont donné souvent à quel-

ques-unes d'entre elles l'ascendant social nécessaire pour condamner hautement l'abus des prospérités nationales. Ces grands exemples de courage civil ont été donnés, en 1786, par Edmond Burke lors de la conquête do l'Inde, et tout récemment, en 1858, par lord Elgin, après la guerre de l'opium. Malgré de persévérantes recherches, je n'ai pu constater que ces honorables protestations contre les abus de la force se soient produites chez les Turcs, les Vénitiens, les Espagnols, les Portugais, les Français et les' Allemands, depuis la prise de Gonstantinople jusqu'aux plus récentes conquêtes.

La Russie d'Europe et d'Asie.

Parmi les agriculteurs et les manufacturiers, le peuple russe est celui qui se rapproche le plus des pasteurs asiatiques, en ce qui touche la soumission à l'autorité paternelle. Ce sentiment perpétue depuis une époque reculée la paix et la stabilité dans les familles ; il explique l'inclination naturelle qui les a portées à se gouverner elles-mêmes, sous le régime des communautés rurales. Ces mœurs sont caractéristiques pour la race entière; elles ont leur source dans de naïves croyances, transmises par le culte

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