‹ La Conduction Osseuse Et Son Utilisation Dans La Prothèse AuditiveChapitre 12 sur 34 · ES · texte numérisé non relu

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DES APPAREILS UTILISANT LA CONDUCTION OSSEUSE POUR AMÉLIORER L’AUDITION

C’est au xvirre siècle, semble-t-1l, que l’on songea à utiliser pour la première fois la voie osseuse dans le but de combattre la surdité. Certes, depuis les époques les plus reculées de l’histoire, de multiples applications de l’acoustique avaient été faites en vue de parer à l’insuffisance de l’oreille, mais jusqu’à cette date on ne trouve pas d'appareils basés sur la conductibilité osseuse du squelette crânien.

Un médecin allemand, Jorissen, en 1757, conseille le premier aux personnes sourdes de placer entre les dents une tige de bois préparée convenablement. La personne qui parle tient entre ses dents l’autre extrémité de la tige et les vibrations sonores se transmettent par l’intermédiaire de ce corps solide aux os de la tête et de là aux nerfs acoustiques. Dès lors, le premier appareil utilisant la voie osseuse est créé. Sa simplicité est extrême, nous le voyons. Toutefois avec Jui l’idée a reçu sa première application pratique.

INGRIMAS, ATHaNase Kircner et BoErHaAvE avaient déjà indiqué avant JorisseN ce moyen de communiquer avec les sourds. Après lui, J. H. Winc- KLER soutint la même thèse sans y rien ajouter d’original (Leipzig, 1759. De ratione audiendi per dentes). Dès le premier appareil, si toutefois la simple tige de bois de Jorissen mérite ce nom, ce sont les dents qui sont choisies sur le squelette comme source de vibration. Cela s'explique du fait que les dents constituent une des parties de la tête qui transmettent le plus nettement le son à l'oreille interne. C’est grâce à cette voie que Beethoven, devenu sourd, pouvait dans ses dernières années entendre le piano. L'artiste utilisait une baguette de bois dont l’une des extrémités était placée dans la boîte de l'instrument et l’autre tenue entre les dents.

Dans un Mémoire paru en 1851, BonnaronT rapporte le cas d’un accordeur atteint d’une maladie incurable des conduits auditifs et de la membrane du tympan à qui il conseilla de faire usage d’un conducteur formé d’une tige en fer terminée à chaque extrémité par une plaque : une plaque reposerait sur le piano tandis que l’autre serait appliquée sur sa tête. Ce dispositif permit ainsi au malade de continuer son métier. Incrassras cite l'observation d’un Espagnol, qui, devenu sourd par suite de l’obstruction du conduit auditif externe, n’entendait sa guitare qu’en plaçant le manche de l'instrument entre ses dents.

L'idée de Jorissen est perfectionnée plus tard

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par Irarv. Le principe est toujours le même ; c’est la transmission par les dents qui est utilisée. Une modification est cependant apportée par l’otologiste français. 11 substitue à la tige une sorte de portevoix très mince dont l'extrémité placée entre les. dents de la personne qui parle, a un léger écartement de quelques centimètres et permet de transmettre les vibrations de la voix sans gêner Varticulation ; l’autre extrémité est évasée largement (fig. 1).

Fig. 1 — Appareil d'Itard.

Si l’ébauche des premiers appareils revient à l'Europe, il faut reconnaître que l'Amérique s’est occupée par la suite très activement de leur construction. Nous devons aux auristes américains l'appareil baptisé Dentaphone. Il consiste en une sorte de boîte dont on a enlevé une des parois et dont on a remplacé la paroi postérieure par un morceau de vessie de porc. Une tige de fer ou d’acier est fixée au centre de cette membrane tendue ; l'extrémité libre de la tige s’élargit en forme de plaquette. Le sourd serre cette plaquette entre ses dents ; les ondes sonores viennent frapper la membrane et se transmettent aux nerfs auditifs par l'intermédiaire de la tige, des dents et des os du crâne (fig. 2). Le

Dentaphone fut plus tard amélioré par la Dentaphone, Compagnie américaine à, Cincinnati (Ohio)

qui le rendit portatif, par suite plus commode à

utiliser, et améliora la netteté et la puissance des ondes sonores ‘transmises. On essaya d’étendre l'emploi du Dentaphone américain aux sourds-muets et Treisez, directeur de l’Institut Royal des sourds-

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Fig. 2.-— Dentaphone.

muets de Berlin, fit des essais dans des degrés différents de surdi-mutité. Ses conclusions furent défavorables à l’appareil qu'il décréta n’être d'aucune valeur ni d'aucun secours du moins dans la forme. qu'il présentait alors.

Les Japonais modifient ensuite le Dentaphone en essayant de le rendre encore plus pratique. La boîte est supprimée et remplacée par un éventail à la

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