‹ La Conduction Osseuse Et Son Utilisation Dans La Prothèse AuditiveChapitre 11 sur 34 · DOTE · texte numérisé non relu

DOTE

cherches remontent à des temps déjà lointains. Le premier, Cappivacrus, en 1509, recommande la conduction crânienne en vue du diagnostic des affections des nerfs auditifs. D’après lui, si les sons étaient perçus par voie osseusé, on pouvait conclure à l'intégrité de ces nerfs. E. H. Weger, s'appuyant sur les recherches expérimentales de Torruaz et de WneaAr- STONE, met au point à l’aide du diapason, l’épreuve à laquelle son nom est resté attaché et dont la valeur est bien connue (1829). Emerson trouve le premier que la conduction osseuse dans les affections de Pappareil de transmission peut être prolongée. Quelques années plus tard, ScHwaBacn recherche en détail la durée de la perception par conduction osseuse dans différentes affections, La détermination de ce temps de perception est alors appelée épreuve de Scawagacu. Les épreuves de GeLzLé, BING nous renseignent encore sur l’état de l'appareil de transmussion. L'idée d’établir le diagnostic différentiel entre les affections de l’apparel de perception et celles de l’appareil. de transmission revient à Po- LANSKY, qui en 1842, se sert de la montre à cet effet. En 1855, RiNNE remplace la montre par le diapason et décrit l'épreuve qui porte son nom. Dans celle-ci, la conduction osseuse est évaluée à l’aide du manche, l’aérienne à l’aide des branches. Son expérience fut négligée jusqu’en 1880, date à laquelle Lucas attire de nouveau l'attention sur elle et lui attribue une valeur certaine pour le diagnostic différentiel entre les affections labyrinthiques et celles de l’appa-

reil de transmission. Bonnier (1901) reconnaît au phénomène de la paracousie lointaine, dans son épreuve, une réelle valeur en vue du diagnostic précoce de la surdité progressive.

La prolongation de l’audition solidienne constatée

dans des maladies de l’oreille moyenne a été jusqu’à

maintenant expliquée par les auteurs de diverses façons. Des théories ont été même édifiées à ce sujet. Leur étude dépasserait le cadre que nous noussommes, imposé et nous ne ferons que mentionner 11 les travaux de Mac (théorie de l’écoulement du son), de Luca (théorie de la résonance), de BruniNGs (hypothèse de l’interférence). Les recherches récentes nous obligent, semble-t-1l, à modifier complètement les idées sur l’augmentation de la conduction osseuse qui paraissaient une vérité évidente. D’après les expériences de Hazcpike (1929), qui se basait sur une théorie (screening effect) avancée déjà en Amérique par Knupsen et Jones (1926), la conduction osseuse chez un sujet présentant une altération de loreille moyenne ne serait supérieure à celle d’un sujet sain qu’en apparence. HazLpiKkE soutient les idées suivantes : si, dans une chambre ordinaire,

on étudie l’audition osseuse pour un certain diapa-

son, il faut considérer que l’oreille est soumise à deux excitations sonores provenant l’une du diapason, l’autre de la multitude de bruits parasites dont il est impossible de se libérer. S'il s’agit d’un sujet atteint de surdité de la /conduction, on voit que de second élément (bruits parasites aériens) n'intervient

2 ps

LRO EDS

pas puisque le sujet est sourd ; le diapason doit être perçu infiniment mieux que par un sujet normal. Les deux sujets étant mis dans les mêmes conditions, en pratiquant par exemple l’acoumétrie dans des chambres silencieuses qui éliminent tous les bruits extérieurs, la conduction osseuse a une valeur égale chez l’un et chez l’autre. Cette conception originale est venue rendre encore plus coraplexe le problème déjà si délicat de l’acoumétrie.

La constatation déjà ancienne que le son est transmis par les os du crâne a été le point de départ de recherches en vue d’améhorer l’audition. Divers appareils ont été inventés qui utilisent la conduction osseuse. Nous allons parler des principaux dans ‘le chapitre suivant.

Page 1