‹ La Conduction Osseuse Et Son Utilisation Dans La Prothèse AuditiveChapitre 15 sur 34 · CE OR · texte numérisé non relu

CE OR

Fig. 4. Audiphone de Rhodes.

qui démontrait expérimentalement aux États-Unis que beaucoup de sourds-muets distinguaient les sons musicaux de quelques instruments (articulation de la voix) et que leur éducation orale se trouvait considérablement abrégée avee son appareil. fl avait également constaté des résultats favorables chez des personnes atteintes de simple surdité.

Cependant, dans la séance de l’Académie des Sciences de 1880, M. Dumas, à propos de l'appareil de Cor.La- DON, parla de « grande découverte ». En Amérique, Knapr de New-York déclara que l’Audiphone de Raones n’était pas sans quelque valeur et le recommanda aux personnes chez lesquelles le cornet acoustique n’apportait aucune amélioration ou qui ressen-

taient avec le cornet une impression très désagréable

dans l'oreille. TurnBuzz de Philadelphie pensa, au

contraire, que l'utilité de l’Audiphone n’était pas. encore très appréciable. Il faut, disait-il, pour que

Pappareil ait une réelle valeur une certaine intégrité des nerfs acoustiques et des incisives bien fixées dans le maxillaire supérieur. On ne peut dire, ajoutait-il, jusqu’à quel point l’instrument peut se montrer utile à l’enseignement des sourds-muets. GRBEN se rallia également à la thèse de l’intégrité de l’acoustique qui conditionnait l’usage de l’Audiphone. Enfin, restant dans un juste milieu, HucEenToBLer de Lyon tira de ses expériences en, 1880, les conclusions dont nous extrayons ici les points principaux :

19 L'Audiphone peut remplacer pour certaines personnes frappées de surdité le cornet acoustique ordinaire.

20 Il existe une proportion constante et graduelle entre la sensibilité du nerf acoustique et les résultats obtenus avec l’Audiphone.

30 [/Audiphone ne peut rendre de services bien réels aux véritables sourds-muets.

49 Nous ne pouvons croire que l’Audiphone fasse

D qu

comprendre jamais aux sourds-muets une pièce de musique ou une conversation intime ; mais nous nous plaisons à voir en lui un instrument qui, perfectionné, permettra peut-être un jour de leur donner une idée exacte du son isolé, ce qui nous aidera à faire disparaître à peu près complètement la monotonie du sourd-parlant.

L'invention du phonographe permit à Læwes de construire un appareil qui est une application des travaux d’Epison à la prothèse auriculaire. Un cornet, portant à son ouverture inférieure une membrane vibrante au centre de laquelle est fixée une pointe d’acier, est appliqué au milieu du front. Les vibrations sont transmises par la pointe aux os du crâne.

Les différents appareils que nous venons d’envisager n’ont à la vérité Jamais bien eu la faveur des malades. S'ils ont attiré à un certain moment l’attention des auristes, 1l faut reconnaître tout de même que leur utilité est médiocre. Cela explique que les auteurs modernes leur ont attribué une importance tout à fait secondaire dans la prothèse auditive. :

Plus près de nous, la découverte de l'électricité a marqué une date et un progrès dans l’évolution, de la lutte contre la surdité. Il n’y a guère plus de vingt-cinq ans que l'électricité est utilisée pour faciliter l’audition aux sourds. On ne peut nier les services qui leur sont rendus par les appareils microphoniques actuels. Mais, si le nombre des systèmes microphone-téléphone empruntant la voie normale

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