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jouerait un rôle que dans la conduction aérienne ; les vibrations émises par le crâne arriveraient au labyrinthe uniquement par l'intermédiaire des os de la tête. La voie crânienne pure est aussi pour ZIMMER- Mann le seul chemin suivi par les ondes. ZIMMERMANN est même allé jusqu’à édifier une théorie de l’audition en 1900 dans laquelle il déclare que ce chemin est le seul qui puisse conduire un sdn au labyrinthe. WirrrmaAcx, recherchant en 1907 la localisation dans l'oreille des lésions produites par des bruits intenses chez les animaux, paraît encore admettre que la voie crâmienne pure entre seule en jeu dans la transmission osseuse.
D’autres auteurs ont attiré l’attention sur le fait que la membrane du tympan et la chaîne des osselets ne restaient pas inertes dans l’auditron par voie solidienne, mais participaient à la transmission en transmettant au labyrinthe le mouvement vibratoire reçu du squelette cranien. Ils admettent donc simultanément la voie crânienne pure et la voie crântotympanique. Il semble que ce soit actuellement une théorie qui réunit le plus grand nombre de suffrages. C’est Poransxy, le premier, qui a attribué à l’appareil de transmission un rôle dans la conduction osseuse. J. Murrer, E. EH. Weser acceptent également ces deux voies. Les premiers travaux véritablement scientifiques sous ce rapport datent de la période 4860-1870. Lucas et Porrrzer ont le mérite d’avoir édifié leurs théories sur des bases expérimentales et scientifiques. Pour Lucas, les vibrations se
rendent au labyrinthe empruntant à la fois la chaîne des osselets et la voie crânienne pure. Pozrrzer signale, à côté de ces deux voies, que lon doit tenir compte, en outre, dé vibrations transmises des parois de la caisse du tympan aux osselets, grâce aux points de contact de ces derniers avec la caisse ; d’autres vibrations, ajoute-t-1l, passent directement des os du cräne sur la platine de l’étrier, sur la membrane de la fenêtre ronde, sur l’air de la caisse et celui du conduit auditif externe. De toutes ces vibrations, il ne retient pour la perception auditive que celles qui ont
- un sens identique à celui des vibrations émises par le tympan et les osselets. GELLÉ rappelle dans sa thèse (1895) que le son du diapason-vertex arrive au laby- * rinthe par la platine de l’étrier, propagé par le temporal tandis que les sons aériens traversent tout l'appareil de conduction pour arriver à l’étrier. Bon- NIER, BRUNINGS admettent comme PozrrzEer que, dans laudition solidienne, la membrane du tympan et la chaîne des osselets participent à la transmission. Une nouvelle conception de la conduction osseuse apparaît avec Brzoz» (1904) qui n’envisage que la seule voie crânio-tympanique. Ses recherches lont ‘amené à éliminer la voie cranienne pure. Il pense que les seules ondes sonores perçues sont celles qui touchent l'appareil conducteur. Cela revient à dire que, pour lui, toute audition est liée à une conduction ostéo-tympanale ou plutôt ostéo-stapédiale. Toutes les ondes sonores qui traversent le crâne ou le labyrinthe ne seraient donc pas utilisées pour la percep-
tion auditive. Le rôle de l'appareil de transmission consisterait à transformer en transversales les ondes sonores longitudinales aériennes ainsi que celles, également longitudinales, qui traversent le crâne.
Les ondes ainsi modifiées dans leur orientation et transversalement dirigées seraient en somme les seules susceptibles d’être perçues par les appareils nerveux terminaux de l'oreille. Herzoc avait fait siennes les idées de Bezorp jusqu’en 1926, date à laquelle il se vit dans l’obligation de les rejeter à la suite d'expériences exécutées à l’aide d’un appareil spécial. Il démontra expérimentalement que, contrairement à l’avis de Bezoup, la voie crânienne pure entre pour une part essentielle dans la conduction osseuse. Herzoc avait eu un précurseur en Resro. Ce dernier avait déjà communiqué en 1924 une théo-
rie de la conduction osseuse qu’il soutint de nouveau
au Congrès Intrnational d’O. R. L., de 1928. A la suite d'expériences utilisant un modèle en ivoire du labyrinthe, Regyro arrive à la conclusion que les vibrations osseuses du crâne sont transmises au labyrinthe à travers les deux fenêtres. Les unes se dirigent vers la fenêtre ronde, analogues à celles qui sont produites par la vibration de l’esrier dans la fenêtre ovale dans le cas de l’audition aérienne ; les autres se dirigent vers la fenêtre ovale. Les ondes en direction de la fenêtre ovale sont de sens contraire au mouvement de l’étrier. L’élasticité des deux fenêtres étant différente, les vibrations vers la fenêtre ronde sont les plus fortes ; d’où il s'ensuit que la
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résultante des deux sortes de vibrations est dirigée vers la fenêtre ronde, comme cela se passe dans l’audition aérienne et le son est perçu comme si l’on était en présence de ce dernier mode d’audition.
Les théories de Bezozp, de Pozrrzer et des auteurs qui avec eux admettent la voie crânio-tympanique seule ou associée à la voie crânienne, sont basées sur l’ancienne conception de Hezmnorrz d’après laquelle les sons pénètrent dans le labyrinthe par la fenêtre ovale. Mais certains auristes, parmi lesquels Becu- MANN, KLEWNscHmiDnT, SEccui, Bixcnam, Bonain ne font jouer à l’appareil de conduction dé l’oreille moyenne qu'un rôle d’accommodation et de protection ; ils considèrent, en outre, que la fenêtre ronde est la voie de transmission normale des sons au limacon. D'ailleurs, Lucar avait été déjà un des premiers à admettre la suppléance de la fenêtre ronde. Ne fautil] pas dans l’audition solidienne faire jouer un rôle à cette dermière fenêtre ? Dans ce dernier cas, à côté des voies crânienne et crânio-tympanique, on peut donc encore placer la vote crânio-pneumatique qui emprunterait l’air de la caisse, le promontoire et la fenêtre ronde.
L’examen des diverses théories résumées ci-dessus prouve que l'incertitude règne encore dans l’esprit des auteurs en ce qui concernc le mode de transmission-du son au labyrinthe. S'il n’existe pas encore une conception satisfaisante acceptée par tous à ce sujet, en revanche les travaux consacrés aux côtés
physique et physiologique de la conduction osseuse Fabre 2