‹ La Confédération argentineChapitre 132 sur 151 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

impôt de perception difficile, qui doit, ou donner lieu h des vexations envers les colons, ou rapporter aux entrepreneurs infiniment moins que ce qu'ils avaient calculé.

Le gouvernement ne peut aider de cette manière ces entreprises, car cela exige d'immenses capitaux qu'il ne possède pas; d'ailleurs ce système, s'il peut convenir pour attirer quelques groupes d'immigrants, n'est pas réalisable pour la colonisation sur une grande échelle, colonisation dont a besoin la Confédération. La protection du gouvernement envers ces entreprises doit se limiter, pour le présent, à la concession de terres, en s'assurant qu'elles seront colonisées dans un temps donné et que les immigrants deviendront propriétaires d'une partie du sol. Mais il est urgent, dans Tintérét de l'immigration spontanée, la meilleure, car elle n'impose aucune charge à l'État, et, la plupart du temps, elle apporte des capitaux, qu'une loi détermine le mode de vente des terres de propriété nationale. Il est né cessaire aussi que chaque province adopte une mesure qui dégage une partie des domaines qui, dans les premiers temps, ont été plus ou moins régulièrement concédés à titre de propriété définitive, ou simplement pour la mise en culture dans un délai donné. Ces concessions, si nombreuses dans toutes les provinces, seront, aussi longtemps qu'elles ne seront pas régularisées, les plus grands obstacles nu développement de la colonisation, et maintiendront

le pays à l'état de désert au sortir des portes des villes, n faut que la loi nationale, de même que les lois provinciales, après avoir déterminé les domaines qui sont de propriété publique, établissent un véritable cadastre, prescrivant le mesurage et la démarcation des propriétés et les divisions des terres incultes et fixant le prix de celles-ci.

Les mêmes difficultés se sont offertes au Brésil ; elles ont été vaincues par la loi du 18 septembre 1850, dont les dispositions ont été complétées parle décret impérial du 30 janvier 1854. Le règlement du 50 janvier 1854 contribue parfaitement à conduire au but que voulait atteindre la loi de 1850.

Le gouvernement argentin a compris, dès le principe, qu'une loi sur la vente des terres était indispensable comme base de la colonisation, et, afin d'éclairer la question, il a ouvert un concours pour la rédaction d'un mémoire sur les divers points que la loi doit embrasser. Il est à espérer que la loi sera sanctionnée dans la prochaine session législative, et il est hors de doute que le prix des terres sera inférieur à celui fixé au Brésil» qui n'est que le quart de ce que l'on paye aux États-Unis. Aux États-Unis, le prix minimum est de 6 francs 25 centimes Tacre, tandis qu'au Brésil la même étendue de terre vaut 30 centimes, 60 centimes, 90 centimes ou 1 franc 25 centimes, suivant la qualité et la situation.

En ce moment, le gouvernement argentin, en Fabscnce d'une loi sur la vente des terres publiques,

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