‹ La Confédération argentineChapitre 25 sur 151 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

capilulalion illusoire, parce que ses conditions ne pouvaient être remplies par ceux en faveur desquels on l'avait sollicitée; c'est le but que se proposait Buenos-Àyres.

La dissolution d'une armée de siège, forte de treize mille hommes, et ayant sa retraite assurée, est un fait difOcile à comprendre pour ceux qui ne savent pas ce que sont les armées révolutionnaires dans ce pays; ils ne pourront jamais concevoir qu'un corps d'armée, qui n'a subi aucun revers, puisse se dissoudre et disparaître dans l'espace de vingt-<{uatre heures.

BuenoS'Âyres avait vaincu la campagne, et avait porté une rude atteinte à l'autorité nationale. Par l'énergie et le patriotisme des provinces confédérées et de ses représentants au congrès, le triste dénoûment du siège de Buenos-Ayres aurait eu pour conséquence la guerre civile. 11 n'eut pour résultat «que d'éloigner davantage l'époque de l'union de 4îette province, qui, peu de mois après, se donna une Constitution par laquelle, sans reconnaître d'une manière absolue qu elle se séparait de la Confédération, elle se déclara en plein exercice de sa souveraineté intérieure et extérieure.

Pendant que Buenos-Àyres sanctionnait une charte •qui l'isolait complètement de la famille argentine, le directeur provisoire convoquait les comités électoraux qui devaient élire le président et le vive-président de la Confédération, et déléguait ensuite le

gouvernement politique et administratif à ses trois ministres : don Salvador M. del Carril^ don Mariano Fragueiro, et don Facundo Zuviria, qui, sous le nom de gouvernement national délégué, entrèrent en fonctions le 7 novembre 1853.

Le résultat du scrutin fut proclamé en février par le congrès constituant : le général Urquiza fut élu premier président constitutionnel de la Confédération, et M. del Garril ^ vice-président. Leur installation eut lieu le 5 mars 1854, et ils prêtèrent serment le même jour entre les mains du congrès, qui se déclara dissous.

La Confédération, définitivement constituée, se trouva en possession d'institutions analogues à celles qui avaient fait la prospérité des États-Unis de l'Amérique du Nord.

* M. Salvador Maria del Carril, bien certainement un des plus grands hommes d'État de rAinérique du Sud, jouit d'une réputation justement acquise parmi ses concitoyens et les étrangers résidant dans la Confédération, pour son talent, ses idées libérales et Taménité de son caractère. — En 1825, jeune encore, il fut élu gouverneur de la province de San Juan, où il est né, et peu après le président Rivadavia Tappela à Buenos-Ayres, et lui confia le portefeuille des finances. Les guerres civiles le forcèrent à s'exiler. Après la victoire de Monte Caseros, il s'empressa de rentrer dans sa patrie et d'oflfrir le concours de ses services pour Torganisation du pays au général Urquiza, dont M. del Garril fut dès lors Tami et le conseiller sincère et dévoué. Depuis le 3 février 1852, le nom de M. del Garril se trouve associé aux actes les plus importants de la politique et de l'administration de la Gonfédération, comme membre du conseil du gouvernement, membre et président du congrès constituant, membre du gouvernement national délégué en 1855, président du sénat et Tice-président de la Confédération.

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