CHAPITRE PREMIER
rien à espérer de ses troupes, résolut de tenter un nouvel' effort auprès de Buenos-Ayres pour la ramener à r union par des voies pacifiques ; mais cette nouvelle tentative échoua.
Entre temps, le congrès constituant discutait la Constitution argentine, qui fut votée le 1^ mai. Le 25 du même mois, elle fut promulguée par le directeur provisoire, et prise avec enthousiasme dans toute la Confédération le 9 juillet suivant.
Le congrès envoya à Tarmée uiie commission de trois de ses membres, chargée de soumettre cette Constitution à l'approbation de la province de Buenos-Âyres. Elle devait être présentée d'abord à la campagne, et^ une fois admise par celle-ci, soumise à l'adoption de Buenos-Âyres.
Une convention spéciale, nommée par les habitants de la campagne, fut chargée de l'examen de la Constitution. La rapidité avec laquelle se suivirent les événements désastreux qui amenèrent la dissolution de Tarmée assiégeante ne permit pas à la convention d'exprimer sa pensée définitive sur la Constitution; mais il était fortement à craindre qu'elle ne l'eût pas acceptée en son entier.
Le premier événement qui vint rendre impossible la victoire à l'armée assiégeante fut la trahison de Joseph Coe, commandant de l'escadre nationale, qui, vendu au gouvernement de la ville, passa à l'ennemi avec toute la force navale.
La défection de l'escadre changea entièrement la
situation; il devenait impossible de prévoir la fin d'une guerre civile qui menaçait de se prolonger indéfiniment, et qui rendait plus indispensable que jamais une armée bien disciplinée et commandée par des officiers entièrement dévoués à la cause qu'ils défendaient.
L'armée assiégeante se démoralisait rapidement, le gouvernement de Buenos*Âyres encourageait et payait la trahison et la désertion. L'anarchie était au comble, et une force ennemie, d'accord avec quelques chefs de l'armée fédérale, menaçait les derriè* res de l'armée assiégeante. Le directeur provisoire, dans cette position critique, chercha à obtenir du gouvernement de Buenos-Âyres une capitulation qui assurât la paix entre cette province et les autres, et qui rétablit la fraternité entre les habitants de la ville et ceux de la campagne. Les ministres de France, d'Angleterre et dei^ États-Unis furent chargés de la négociation.
Le gouvernement de Buenos-Ayres accepta les bases proposées; mais la ratification se fit attendre, augmentant ainsi la démoralisation des troupes et leurs méfiances. Le 13 juillet, la dissolution de l'armée était complète, et le général Urquiza fut forcé de s*embarquer. Le lendemain seulement, Buenos- Ayres signait la capitulation convenue et arrêtée trois jours auparavant, et qu garantissait l'honneur, la vie et les biens des habitants de la campagne de celte province. La dissolution de l'armée rendait la