‹ La Confédération argentineChapitre 44 sur 151 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

par la Cordillère, et, jusqu'à présent seulement, par terre avec le littoral de la Plata; mais la navigation du fleuve Yermejo lui permettra d* écouler ses produits plus facilement par cette nouvelle voie.

Les transports se font, de Salta au port du Rosario, en charrettes tirées par des bœufs, ou à dos de mulets. Dans le premier cas, il faut quatre mois pour faire le trajet, et le fret varie de 10 francs à 12 francs 50 centimes les 25 livres; dans le second, le voyage n'exige que cinquante jours, et le fret est de 1 francs les 25 livres.

L'on effectue les transports de Salta à Valparaiso, par Cobija, à dos de mulets, en trente-cinq jours, et

menses espaces à Factivité humaine. L'humble géograplye se complète, et, par la reconnaissance d'une nouvelle voie terrestre ou fluviale, vient rassurer le vieux monde contre toute crainte d'encombrement populeux.

f Un fait de ce genre s'est produit dans la République Argentine : deux ofliciers de marine des États-Unis, le commandant Thomas Page et le lieutenant William Murdaugh, du bateau à vapeur de guerre des Ëtals-Unis le Waier-Witch, ont pu faire transporter ce bateau à vapeur, à travers les terres, jusqu'au Rio Salade, qui n* avait jamais été exploré. Ils ont constaté, en remontant le fleuve, entre Santiago et Matara, que le Salado, qui de temps immémorial a^-ait été considéré comme inutile, est un fleuve navigable, pouvant, d^uis le Parana, où il débouche, jusqu'aux confins de la province de Salta, c'est-à-dire sur un parcours de 1,000 kilomètres environ, devenir une vole de transport facile pour de «riches et vastes contrées entièrement isolées aujourd'hui du mouyement universel. Il est peu de régions plus fertiles, plus pittoresques et plus agréables. Elles sont exclusivement explorées par de pauvres Indiens sauvages qui devront bientôt, grâce à d'ingénieux et hardis pionniers, céder le pas à la civilisation en marche. »

par Copiapo en trente-deux, au prix de 10 francs les

25 livres.

De San Juan à Salta, ce prix est de 120 francs pour la charge d'une mule, 550 livres, et le voyage dure 42 jours.

La ville de Salta a été fondée en 1582; elle a acquis un développement notable durant ces dernières années. Les édifices sont solides et de bon goût, et la vie y est à assez bon marché : la viande vaut de 10 à 15 centimes la livre; le froment, de 25 à 30 fr. les 300 livres; le sucre, fabriqué dans la province, suivant sa qualité, 15, 20 ou 25 francs les 25 livres. Le poisson abonde, de même que toutes les espèces de fruits : poires, pommes, pêches, raisins, la chirimoya ou corossolier, qui est un des meilleurs fruits connus.

La Paldera, située à huit lieues au nord de Salla, sur la frontière de Jujuy, offre un aspect très-varié. La partie ouest, qui est montagneuse, produit les fruits des climats tempérés; celle de l'est, unie et plus chaude, n'est pas propre à l'agriculture, mais on y élève des bestiaux. C'est là aussi que gisent les bons dépôts de kaolin de Getemani.

Le département de Campo Santo est celui qui renferme les plantations les plus considérables de cannes à sucre. Le sol et le climat en sont aussi trèsfavorables à la culture des fruits tropicaux : corossolier, bananier, oranger, indigotier, cotonnier, etc. La culture du riz donne d'excellents résultats. Le

Page 1