CHAPITRE DEUXIÈME
melon, la pastèque, le maïs, le piment, etc., produisent de très-bonnes récoltes. Ces champs sont arrosés par la rivière de Siancas, dont les eaux, si elles étaient plus abondantes au printemps, permettraient à ces cultures de prendre un plus grand développement.
La production de sucre et d'eau-de-vie de ce département est évaluée à 1250 quintaux de sucre, au prix moyen de 80 francs le quintal, et 600 barils d'eau-de-vie à celui de 100 à 125 francs le baril.
La culture de la canne à sucre demande peu de travail; seulement elle exige beaucoup d'humidité: aussi, dans les années pluvieuses, la récolte est d'autant plus abondante. Le travail se fait le plus souvent à l'aide des Indiens Matacos du Grand Chaco, qui, au nombre de 1,500 à 2,000, sont employés dans les établissements à l'époque de la récolte et de la fabrication du sucre ou de l'eau-de-vie, c'està-dire d'avril et octobre, sans qu'il soit possible de les retenir plus longtemps. On les paye en objets d* habillements, outils et ustensiles, qu'ils emportent pour faire leur commerce d'échange avec les autres tribus.
Un terrain de douze cuadras carrées, propre à la culture de la canne à sucre, ^^aut, avec haies. . . 7,500 francs.
Les dépenses pour la plantation de la canne à sucre montent à 2,750 »
Les frais d'établissement de Tusine s'élèvent à 6,500 »
Ce qui donne pour le petit établissement
un total de dépenses ou Temploi d'un
capital de 16,750 •
Ce même établissement, en calculant sur quatre cuadras de culture de canne à sucre, donne de 75 à i 00 quintaux de sucre, soit 95 au prix moyen de 80 fr.
le quintal 7,600 »
La production de cette quantité de sucre donne lieu aux dépenses suivantes :
Intérêt du capital employé, 12 pour 100 l'an, sur 16,750
francs 2,010 francs.
Salaires et nourritmre des ouvriers. . . , 2,250 »
Total 4,260 francs.
C'est-à-dire que cette petite culture laisse un bénéfice net de 3,540 francs par an, indépendamment du produit des huit cuadras de terrain restant, qui peuvent être employées, soit à la même culture, soit à celle du tabac, du cotonnier ou d'arbres fruitiers.
Dans le département de Cerrillos, dont le climat est sain et agréable, on s'occupe principalement d'agriculture, quoique l'arrosement du sol soit plus difficile, car l'eau est fournie aux canaux d'irrigation par la rivière de la vallée du Toro, située à une assez grande distance. Le maïs, le piment, la pistache de terre, la pastèque, la patate, le froment, l'orge, les fèves, etc., etc., donnent de bonnes récohes. Cerrillos renferme de bonnes carrières de calcaire qui alimentent sept fours à chaux.
Le département de Chicoana produit les mêmes fruits que le précédent; mais, grâce à un climat un