MONTRÉAL DBS PRESSES DU JOURNAL "LE PAYS
Rue Sie. Thérèse, No. 9.
PRB FA es.
A la Teille d'élections génélrales qui devront d^dder pour lûbj^^mpi peut-être du sort de la race française en Canada, nous obéissons à la ypiz irrésistible du devoir en mettant sous les yeux du peuple le sombre tableau des maux qu'une poignée d'ambitieux lui prépare depuis longues années. La presse libérale n'a cessé depuis vingt ans de jeter le cri d'alarme. Elle ne s'est pas lassée un seul instant de signaler les dangers que nous courions. Sa voix malheureusement n'a point éveillé tous les échos de l'opinion publique.
Il arrive parfois qu'une sentinelle blessée au poste ne réussit point à avertir de l'approche de l'ennemi ses compagnons d'armes endormis. Sa Toix, qui se perd sans force dans l'espace, s'épuise à crier en vain. L'armée leste plongée dans le sommeil : et cependant l'ennemi avance toujours, et la mort plane sur elle. Tout à coup, la pauvre vedette, réunissant ses forces, pousse un cri suprême, oii elle inet toute son âme, toute sa vie. Ce cri est entendu, et la patrie est sauvée.
Il en est temps encore, un effort héroïque peut débarrasser le Canada français des sangsues qui boivent le meilleur de son sang. Le peuple a en mains une arme irrésistible : le vote. Qu'il s'en serve avec intelligence > qu'il soit sans miséricorde pour ceux qui ont attiré sur sa tête une ava> lanche de maux de tout genre. S'il ne peut leur faire expier leurs faute» et leur manque de cœur, qu'il les empêche au moins de le perdre irrévocablement ; qu'il remette le soin de le sauver à des guides sûrs, à des amis sincères,— et s'il ne lui est pas possible de réparer tous ses malheurs passés, il pourra du moins en prévenir de plus terribles encore.
C'est pour éclairer une dernière fois le peuple sur sa route, avant qu'il n'arrive au terme fatal où se perdent les nations aveuglées, que nous écrivons ces quelques pages. Nous faisons le jour sur les desseins perfides de chefs qui le trahissent *, nous les montrons dans leur hideuse nudité ; nous appelons le jugement populaire sur leurs actes ; nous signalons les périls qu'ils sèment sous les pais de nos compatriotes, et puis nous nous demandons s'il serait prudent, s'il serait sage de les laisser abuser encore d'une confiance déjà vingt fois trahie.
Ce travail est on court exposé des plus grosses fautes politiques et administratives du gouvernement conservateiir depuis quelques années. Le sentiment hostile à notre race qui a fait imposer au Bas-Oanada la Confédération, les dangers certains qu'elle crée, les dépenses énormes qu'elle entraine, les taxes qu'elle nécessite, les funestes résultats qu'elle produira inévitablement si la gestion des affaires est laissée entre les mains de ceux qui l'ont faite, telles sont les questions le plus spécialement tiaitées. Chaque accusation, chaque assertion, chaque fait est soigneusement appuyé de documents officiels, de dates, de chiffres, de preuves complètes, en un mot. De sorte que l'on pourra se reposer pleinement sur l'exactitude de tout ce que nous avançons.