Voir Protocoles, page liO
i. Voir Protocoles, puf^es 127 à 135.
^j. \i)'\v Protocoles. pag<' 1*2») à lU.
228 LA CONFKnKNCE D ALGESIRAS
et encore en fin d'année, après qu'il aurait été reconnu que le prélèvement do GO p. 100 suffisait au service de Temprunt français*. Parlait-on de charger la Banque d'État du service de la dette et des emprunts? Nous rappelions aussitôt le privilège assuré à cet égard à la Banque de Paris et des Pays-Bas *. Force était donc d'aborder la question même du droit de préférence, droit d'autant moins facile à ignorer qu*il constituait pour le gouvernement marocain un excellent instrument, de crédit. M. deTa'v tenbach, qui s'en rendait compte, reprit Targumentation qu'il avait esquissée déjà dans ses conversations avec M. Regnault'. Si son projet ne disait rien de notre droit de préférence, c'est que ce droit n avait pas, selon lui, grande valeur. Il ne devait s'exercer que « si les conditions et prix étaient égaux ». Or, en pratique, on pouvait dire que jamais deux offres n'étaient égales et que, par conséquent, notre droit était plus apparent que réel *. C'était une assez habile façon de déplacer la question pour éviter d'y répondre. Mais, en réalité, elle se posait dans des termes différents. Le droit de préférence n'était point du tout le privilège hypothétique et factice que disait M. de Tatlenbach : il comportait la faculté pour les banques françaises de s'approprier les conditions quelconques olîcrtes au Maroc en vue d'un emprunt, par un établissement concurrent^. Etait-ce là, comme le prétendait M. de Tattenbach, une interprétation abusive ? Certainement non, puisque la Banque ottomane, toujours citée par la délégation allemande comme un exemple, avait dans son contrat une clause identique à l'article 33 du contrat de 1904 et que, depuis cinquante ans, cette clause était appliquée, sans discussion, avec le sens même que nous entendions lui donner au Maroc : à savoir, droit de se substituer à tous autres prêteurs en s'appropriant leurs offres. L'avantage que nous avions
1. Voir Protocoles, paffos 121, 122, 123, 124, entre autres :
fl Son E\rolI«-nco M. le o«unlo do Tattonbach (AUemagne) demande qu'on tout cab lo 40 p. 100 des douanes puisse être assigné à la banque. Son Excellonce M. Révoil (Franco) répond aftiiinativemont, niais cotle assignation aurait liou seulement en fin d'exercice et lorsqu'il serait établi que le 60 p. 100, qui nest qu'un niiniinum, aurait suffi au service de l'emprunt. »