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LA SEMAINE DES CHEFS d'ÉTAT 257

légitime que — sans prier ces puissances, astreintes pour des raisons diverses à ne point encourir le mécontentement de l'Allemagne, de voter pour la France, — nous leur fissions connaître notre espoir de ne pas trouver dans leur abstention la marque d'une hostilité quelconque h Fendroit de nos propositions. Voter pour celles de l'Allemagne, aucune, l'Autriche exceptée, ne le ferait Traisemblablement. Mais s'abstenir sans dire pourquoi, c'était déjà donner à nos adversaires une satisfaction, à nos dépens. Nous souhaitions donc que le refus de voter fût accompagné de commentaires qui apportassent à cette satisfaction le correctif nécessaire, pour que l'impartialité fût non seulement apparente, mais réelle*. Nos ambassadeurs et nos ministres chargés d'exprimer ce vœu, furent partout bien accueillis. Déjà, M. Leghait, ministre de Belgique, avait spontanément affirmé à M. Rouvler qu'il était faux que le délégué belge à Algésiras eût Tordre de voter avec TAUcmagne^ : le baron de Joostens devait, en cas de conflit politique, s'abstenir et ne voter que dans les débats où seraient engagés les intérêts commerciaux de son pays. A La Haye, M. Van Tels, ministre des Affaires étrangères, informait M. de Monbel que lejonkheer Testa voterait avec la majorité : nous n'avions, en ce cas, rien ù «raindre. A Stockholm enfin, M. de TroUe répondait à M. Marchand que les instructions de M. Sager lui prescrivaient de s'abstenir si un désaccord se produisait et de faire le nécessaire pour qu'en aucun cas il ne parût prendre parti soit dans un sens soit dans l'autre.

Restait l'Autriche. Il était difficile d'admettre que, forcée de se prononcer, elle pût éviter de soutenir les prétentions allemandes. Mais l'évidente et légitime répugnance qu'elle éprouvait à adopter, à notre égard, une attitude que nous aurions le droit de juger hostile, nous permettait d'espérer qu'elle multiplierait, avant d'en arriver là, les efforts transactionnels. Déjà, le comte Goluchowski avait exprimé au duc d'Avarna un jugement sévère sur la politique allemande ^ Au bal de cour donné le jeudi 27 février, l'empereur François-Joseph fut, dans ses entretiens avec les ambassadeurs,

4. G*était là ce que les Etats-Unis nous avaient formellement promis. Voir •ci-dessus, page 251.

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