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2r>6 LA CONFLUENCE D ALGÉSIRAS
ses récriminations ^ Il ne lui reprochait pas d'être trop favorable à la France. Le grief qu'il lui faisait était de trop parler de l'Empereur. L'Empereur, disait-il, était très conciliant et il était injuste et maladroit d'en douter. Le prince de Bulow avait, en définitive, la responsabilité comme la direction de la politique allemande. Pourquoi mettre en cause le souverain? M. de Ojeda ne répondit rien à cette étrange doléance, dont on ne savait si elle était destinée à couvrir l'Empereur ou à compromettre le chancelier. Mais il ne se refusa pas le plaisir de la raconter un peu partout. Elle fil le tour des salons de Madrid, puis de l'hôtel Reina CrisUna. El une fois de plus, malgré l'imposante discipline qni parait caractériser rÉtat allemand, on se demanda si cette façade majesluease ne cachait pas une extraordinaire anarchie. Quoi qu'il en fût, le sous-secrétaire d'État paraissait guéri de ses faiblesses pour TAllemagne. Et sa dernière aventure achevait de le rejeter de notre côté.
L'Angleterre, à Madrid comme à Rome, nous avait appuyés sans un instant de mollesse ou d'hésitation. Elle marquait en toute occasion que, partie aux engagements souscrits par la France au sujet du Maroc, elle s'intéressait activement à rapplicalion de ces xiccords et que, partout où l'on avait afTaire à nous, on avait affaire à elle. L'Allemagne le savait du reste. Et le comte de Tattenbach lui-môme, capable pourtant de toutes les hardiesses, n'aurait sans doute pas renouvelé l'étrange tentative de « débauchage » qu'il avait dessinée au début de février contre sir Arthur Nicolson^. Quant au Portugal, il restait résolument uni à TAngleterre et à la France.
A côté des puissances, sur qui nous avions le droit de compter, il en était qui, sans avoir aucune raison de se compromettre pour nous, en avaient moins encore de faire à notre égard acte d'hostilité. La Belgique, la Suède, les Pays-Bas, l'Autriche môme, avaient déclaré qu'en venant à la conférence elles ne demandaient qu'une chose, l'égalité économique et la « porte ouverte ». Il était donc très