‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 167 sur 357 · Voir Protocoles, pages 168 et suivantes · texte numérisé non relu

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racht m'a fait connaître son intention de présenter à la conférence, au nom de la délégation russe, un exposé des vues qu une expérience de plusieurs années lui a suggérées à cet égard.. Je donne donc la parole à M. Bacheracht.

On a vu dans quelles conditions le ministre de Russie à Tanger avait, à la demande de M. Révoil, accepté d'ouvrir le débat*; comment aussi M. de Radowitz avait marqué son mécontentement de cetle initiative russe ^. La parfaite convenance et la réelle habileté de Texposé de M. Bacheracht ne purent qu'aggraver ce mécontentement^. Le ministre russe commença par énoncer quelques principes : inégalité des intérêts européens au Maroc, mais obligation commune à toutes les puissances de sauvegarder la sécurité personnelle de leurs nationaux, leur liberté et leurs biens ; nécessité aussi de traiter cette question dans un esprit de concorde, en dehors de toute arrière-pensée politique, par l'organisation d'une troupe de police susceptible de fonctionner utilement. Pour cette organisation, on avait proposé de recruter des instructeurs parmi les ressortissants des diverses puissances et aussi des États neutres. Mais quelle action collective avait jamais, dans cet ordre d'idées, créé des résultats durables? Et M. Bacheracht rappelait que les officiers étrangers, engagés depuis vingt ans au service du Sullan, n'avaient pu, malgré leur mérite, former une troupe cohérente et disciplinée. Comment des « instructeurs agissant au nom d'un vague mandat collectif, ne connaissant ni la langue ni les coutumes du pays, réussiraient-ils là où d'autres, mieux placés, avaient échoué » ? Il ajoutait :

Dans le cas spécial qui nous occupe, avec une organisation faite d'éléments internationaux multiples et variés, qui interviendrait ? Qui insisterait sur l'exécution des engagements ? Qui enfin sur-

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