‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 168 sur 357 · Voir ci- dessus, page · texte numérisé non relu

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3. M. Bacheracht, commentant ses déclarations devant la conférence, dit & M. Joseph Galtier : « Je me suis placé, en face des réalités et j'ai considéré la question au seul point de vue pratique. Un long séjour au Maroc m'a donné quelque expérience de la situation et des besoins du pays. Sans doute, il est bon d'arrêter des règlements administratifs, encore faut-il qu'on puisse les appliquer. L'essentiel, pour obtenir des résultats, c'est Tunité d'action. » (Voir le Temps, 7 mars.)

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veillerait, point essentiel, le fonctionnement régulier du recrutement, les cliâlimenls en cas d'insubordination ou de désertion^?

Voulait-on, en eflTel, s'assurer que l'Europe collective n'inspire aux Marocains ni crainte ni respect ? Il suffisait de considérer le Conseil Sanitaire de Tanger, « image permanente de son impuissance », en conflit perpétuel — et inégal — avec le gouvernement chérifien. M. Bacheracht précisait alors sa comparaison et il disait:

Cette assemblée, je puis bien le constater, en faisant partie depuis huit ans, mnlgré Tulilitéet la persévérance de ses conseils, ne parvient qu à grand'pcinc à obtenir du maghzen les mesures nécessaires pour la préservation de ce pays du danger d'invasion épidémique et elle a à lutter pied à pied chaque année avec le gouvernement marocain, même sous ce rapport.

Quant à l'exercice des autres pouvoirs qui ont été conférés au 3onseil sanitaire en vertu des firmans chérifîens, tels par exemple que la surveillance de mesures d'hygiène dans Tinlérieur des villes, les questions de Tadduclion des eaux, des abattoirs, des marchés etc., il se heurte à chaque pas à d'invincibles résistances de la part des autorités locales et à un mauvais vouloir érigé par elles, dirait-on, en système.

C'est à un tel point vrai, que toutes ces questions, de la dernière importance pour la ville de Tanger, dont la population a au moins doublé ces <lix dernières années, n'approchent même pas, jdepuîs ce temps, de leur solution, malgré tous nos incessants efforts! L'Europe réunie en conseil ne réussit môme pas à obtenir le balayage du marché, dont Tètat de saleté repoussante est le signe quotidien de l'impuissance du conseil sanitaire, impuissance émanant de son vice originel :1a col iec* tivité. Et l'on voudrait confier à un tel régime, fondé sur ces mêmes principes, Texéculion de réformes bien autrement importâmes et difficiles que le coup de balai que nous ne parvenons même pas à faire donner au marché de Tanger !

l'nc ex[)érience de huit années du conseil sanitaire me met en mesure d'affirmer que l'internationalisation de la police au Maroc ne donnera jamais des résultats pratiques appréciables. Il se peut que le maghzen ail des préférences pour une solution semblable, mais c'est uniquement parce qu'une longue expérience lui a appris à connaître les hésitations et la faiblesse des efforts collectifs des puissances-.

i. Voir Pi-otocoles, pago 171.

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