Voirie Temps, 14 mars
316 LA CONFËnUXCE D ALGËSIR\S
Dès ce moment, en effet, une double campagne de fausses nouvelles, — campagne de presse d'abord, campagne diplomatique ensuite, — s'engage contre nous et souligne le sens de Tintransigcance soudainement marquée à Algésiras par la délégation allemande. Le but est de nous démoraliser pendant Tînterrègoe ministériel, d'intimider, quel qu'il soit, le futur ministre des Affaires étrangères, et, pour cela, de détacher de la France les , concours qui n*ontpas cessé de lui être acquis, ou tout au moins de propager Timpression que ces concours deviennent incertains ou timides. Dès le 10 mars, on voit se dessiner la manœuvre. Le correspondant de la Gazette de Cologne parle de la « reconnaissance » qu'inspire à toutes les grandes puissances l'attitude « prévenante » de TAllemagne*. Le 12 mars, M. Stein, correspondant à Berlin de la Gazette de Francfort et Tintime du chancelier, écrit :
Il se confirme que la grosse majorité des puissances considère le projet aulricliien comme une transaction à bon compte, et on peut s\iUendre û ce que leurs représentants exercent sur les délégués français leur influence pour leur faire accepter ce projet.
Le môme jour, une dépêche d'Algésiras au Lokal-Anzeiger porte (|ue « la résistance de la France Ta isolée, en poussant du côté allemand les principales puissances neutres, notamment la Hussie, l'Italie, l'Amérique et même l'Angletierre * ». Et le correspondant ajoute que, pour cette dernière puissance» c'est une conversation de sir Arthur Nicolson avec M. de Radov^itz qui a déterminé le changement: or, dans cette conversation, le plénipotentiaire de la Grande-Hrelagne avait marqué, au contraire, & son collègue allemand, sa surprise de le voir insister sur le régime spécial de Casablanca, au lieu de répondre, par un bon procédé, à notre concession sur l'inspection*. Tous les jours