Voir le Ttmps^ 21 mars
et Algésiras, 20 mars, 1 heure.
« Le bruit court, avec une persistance inquiétante, que M. de RadowiU aurait obtenu du comte de Welsersheimb de se charger du dépôt d'une nouvelle proposition moins acceptable encore que les précédentes. 11 s'agirait de restreindre ù, quatre ports seulement, ceux de Tanger, Laracho, Rabat et Casablanca, l'organisation de la police en confiant cette police par alternance à la Franco et à l'Espagne. On estime, parmi les délégués, que cette proposilion serait doublement inadmissible, d'abord parce qu'elle tend à ignorer et à. annuler les accords franco-espagnols, ensuite et surtout parce que, sans raison aucune, on exclut quatre ports sur huit d'une organisation qui est aussi nécessaire dans les uns que daus les autres. Mais surtout on est très frappé de ce lait que, par cette proposition, l'Allemagne se réserverait la possibilité ultérieure d'une action personnelle dans ceux des ports que n'organiserait pas la conférence. Pour toutes ces raisons, plusieurs délégués m'ont dit qu'il leur semblait peu probable que l'Autriche se chargeât de déposer un tel projet. Néanmoins, je répète que le bruit de ce dépôt, soit pour co soir, soit pour demain, court avec persistance. » — J. Galtier.
-. Voir ci-dessus, page 317.
Alors, M. Regnault développa de nouveau ses arguments sur la question de Casablanca, demandant que, suivant les propres termes employés par M. de Radowitz, on « mît en harmonie » le projet français et le projet autrichien. Nous (avions accepté le principe de l'inspection, faisant ainsi ce qui dépendait de nous pour arriver à celte « harmonie ». L'Allemagne acceptait-elle la police francoespagnole sans restriction ?M. de Tatlenbach ne répondit point. Le mercredi 21, le comité tint une nouvelle séance. Dès ce moment*, on avait, à Paris, de bonnes raisons de croire aune concession allemande. Mais, à Algésiras, cette concession semblait loin d'être acquise. M. de Welsersheimb disait à qui voulait Tenlendre, que le gouvernement allemand n'avait pas envoyé d'instructions à M. de Radowitz et que, dans ces conditions, faction médiatrice de l'Autriche ne pouvait pas s'exercer. Le 21, le comité étudiait donc les attributions de l'inspecteur et rédigeait les articles secondaires du projet de police, mais « réservait» toujours l'article relatif à Casablanca. Le vendredi 23, il se réunissait une troisième fois et adoptait une rédaction provisoire qui nous donnait satisfaction, et ne parlait plus du régime spécial du huitième port. Dès ce moment d'ailleurs, l'affaire était réglée. Et à la séance plénière du 26, les représentants de l'Autriche et de TAllemagne énonçaient officiellement leur adhésion, sur ce point, au système français. M. de Welsersheimb prenait le premier la parole et, après avoir rappelé les termes du conflit, il disait :
On s'est aperçu que la proposition autrichienne suscitait deux objections principales : la première portait sur les inconvénients pratiques de la double fonction d'inspection et de commandement qu'on se proposait de donner à l'inspecteur, inconvénient qui paraissait de nature à empêcher que le but désiré fût atteint ; la seconde provenait de ce que la France et l'Espagne ne croyaient pas pouvoir admettre que des officiers d'une troisième puissance fussent chargés de l'organisalion de la police dans l'un des ports du Maroc.
L'Autriche-Hongrie a donc cru devoir renoncera ce point. Cependant, il s'agissait de remplacer par d'autres garanties celle qui disparaissait ainsi du projet primitif. Il a paru qu'on pourrait utilement y substituer le contrôle du corps diplomatique. En conséquence, je me