‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 216 sur 357 · Voir Protocoles, pages 201 à · texte numérisé non relu

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agi de définir les droits et les devoirs de ceux-ci, on n'avait pas cru pouvoir prendre assez de précautions contre le risque possible d'abus d'autorité, susceptibles de porter atteinte à la souveraineté marocaine. Pour garantir de toute restriction cette intangible souveraineté, on avait décidé que les officiers français et espagnols entreraient au service du Sultan et deviendraient fonctionnaires chérifiens ; on avait décidé qu'ils n'exerceraient ni direction ni commandement ; qu'ils seraient mis purement et simplement à la disposition d'Abd-el-Aziz, avec mission d'instruire, sous son autorité, les contingents marocains préposés à la police des huit ports ouverts de l'empire. En un mot, on avait limité autant que possible la liberté de ces officiers. Et c'est après ces limitations que l'on venait tout à coup affranchir l'inspecteur de l'autorité marocaine, le soustraire à la souveraineté du Sultan et le placer, lui, contrôleur général d'une police purement chérifienne, sous les ordres d'un organisme étranger tel que le corps diplomatique ! C'était un insoutenable paradoxe.

Aussi bien, cette proposition présentait un caractère qui, abstraction faite des raisons de droit, nous obligeait à l'écarter en fait; c'était d'aboutir, par un détour, à cette internationalisation de la police marocaine, que la France avait toujours repoussée. Le jour où un inspecteur indépendant du Sultan et responsable devant le corps diplomatique aurait été chargé de contrôler les officiers français et espagnols, ce jour-là, le prétendu mandat donné à la France et à l'Espagne eût été anéanti au profit du corps diplomatique, organisme international par excellence, et une fois de plus, tout comme quinze jours plus tôt dans l'affaire de Casablanca, on aurait annulé pratiquement les satisfactions théoriquement consenties. Le jeu de l'Allemagne restait le même. Il avait pour objet de ruiner la concession accordée à la France et à l'Espagne. C'était la ruiner que d'introduire dans un port sur huit, comme on avait tenté de le faire, une tierce puissante. C'était la ruiner encore que de subordonner l'inspecteur non pas au Sultan souverain, mais au corps diplomatique, devenu, pour la circonstance, l'usurpateur international de cette souveraineté. Dans un cas comme dans l'autre, la France et l'Espagne étaient jouées. Dans un cas comme dans l'autre, il leur était impossible de s'y prêter.

Toutefois, dans leur désir d'en finir, les plénipotentiaires,

C'est à la même séance de comité de rédactian du mardi 20 mars, dont il a été question déjà dans le précédent chapitre*, que futouvertle débat sur les attributions de rinspeuleur. Comme, à cette date, nous n'avions pas encore reçuradhésiou ofticielle de TÂllemagne à la police franco-espagnole sans restriciions, M. Hegnault fit observer que c'était sous la réserve expresse de cette adhésion qu'il était autorisé à parler de rinspoction el des conditions pratiques dans lesquelles elle s'exercerait. Puis, après une courte discussion sur le régime de Casablanca, le comîh! s'ajourna au lendemain mercredi 21.

Ce jour-là, M. Bacheracht, se reportant au projet autrichien, exposa ses idées sur l'organisation de l'inspection prévue par larticle 4 de ce projet : elles étaient naturellement conformes aux nôtres. Et naturellement aussi, le comte de Tattenbach crut devoir les critiquer. D'après lui, le délégué russe ne donnait pas à Finspecteur de suffisantes garanties. Il fallait que le canirùle de ce dernier sur le fonctionnement de la police fût effectif et réeL II faMait qu'en toute occasion et sans aucun délai, le corps diplomatique pût

1. Le Temps écrivait : « C'est au Sultan que l'inspecteur doit ûflreasôrsus rapports. Qu'on trouve un moyen, si Ton veut, de les co^lIïl^mL|u^^.^ nu corpa diplomatique ; mais qu'on ne parle plus de substituer pour leur réception J&a légations au maghzen. Une telle combinaison serait pour la Pnmce etTEspagnû illogique, humiliante et néfaste. » (Voir le Temps 2S mars I90t>.)

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