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366 LA CONFÉRENCE d'aLGÉSTRAS
était indispensable de nous réserver par notre silence la possibilité de n'y consentir qu après débat et en faisant de nos concessions une monnaie d'échange qui nous valût, sur d'autres points^ des satisfactions équivalentes. L'essentiel était que l'inspecteur n'apparût pas comme le subordonné, non du Sultan souverain, mais du corps diplomatique irresponsable. Que ses rapports dussent être en fait communiqués au corps diplomatique à Tanger, ce n'était pas évitable. Que le corps diplomatique fût éventuellement autorisé à recourir à lui, c'était possible aussi, — mais à une condition, c'est que les droits du Sultan et ceux des instructeurs français et espagnols fussent également préservés.
Le lundi 26 mars, la conférence qui, de délai en délai, avait ccsgé de siéger depuis le 10 mars, se réunit à dix heures du matin. Avant que la discussion ne s'ouvrît sur les articles, les déclarations du comte de Welsersheimb et de M. de Radowitz vidèrent l'affaire de Casablanca*. Puis, très rapidement, on arri va aux amendements annoncés par le représentant de rAutriche. Dès l'article III, la question se posa de savoir, s*il convenait que l'inspecteur et le corps diplomatique collaborassent à la rédaction du règlement de police. Sir Arlhur Nicolson exprima une opinion négative en indiquant une solution transactionnelle : l'inspecteur pourrait se borner à donner son avis. A son tour, M. Révoil exposa que cette collaboration risquerait d'engager la responsabilité de l'inspecteur et de diminuer sa liberté dans l'exercice de sa surveillance. De môme, fallait-il que le corps diplomatique participât à cette rédaction ? Et n'était-il pas préférable, en le tenant en dehors de ce travail, de laisser au maghzen toute la responsabilité, pour le cas où la police ne fonctionnerait pas d'une façon satisfaisante ? Sur les deux points, M. de Tattenbach répondit par un refus. Il fallait que le corps diplomatique fût consulté h ce sujet. Faute de s'entendre, on renvoya une fois de plus l'article au comité de rédaction.
C'est sur l'article VI que le débat prit toute son ampleur. Le projet du comité de rédaction portait :
Art VI. ~ Le fonctionnement de la police sera, pendant la même période de cinq années, l'objet d'une inspection qui sera confiée à un