‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 232 sur 357 · Voir Protocoles, pafçc · texte numérisé non relu

Voir Protocoles, pafçc

388 LA CONFÊBENCE D ALGÉSIR\S

c'est le même jour que le prince de Biilow l'avait confirmée au comte d'OsteD-SackeD *. Il était donc difticile de revenir en arrière. D'ailleurs, tout le monde était d'accord à Algésiras pour regretter la complication qu'avait, involontairement, provoquée M. Roosevelt en parlant d'une police mixte. Le duc d'Almodovar tenait cette organisation pour impraticable. M. Moret était du même avis. Sir Arthur Nicolson demandait à M. White de ne pas s'y arrêter. Et sir Edward Grey exposait à M. Carter, chargé d affaires des États- Unis, toutes les difficultés qu'elle occasionnerait. Enfin le comte Goluchowski, qui tenait à garder la paternité de faccord final, fécarlait énergiquement. De notre côté, il était impossible qu'un refus catégorique fût transmis à Washington. Mais, d'abord, nous pouvions faire remarquer que les officiers français et espagnols, ne devant pas exercer de commandement et étant de simples instructeurs, ne devaient, à aucun degré, être considérés comme les agents actuels ou éventuels d'une politique menaçante pour l'intégrité marocaine. Il nous était permis aussi de signaler que l'Allemagne ayant accepté nos propositions sur l'organisation de la police, le président ne verrait probablement aucun inconvénient à se rallier à la solution admise de part et d'autre. 11 avait voulu fournir un terrain de transaction. La transaction était acquise. Les États-Unis, n'ayant pas de politique personnelle au Maroc et n'agissant que dans l'intérêt de l'entente, ne pouvaient que se réjouir de la voir établie.

Malgré les légers froissements que provoquèrent ces observations, nous réussîmes à faire triompher nos vues. C'est le 26 mars que la conférence, après une interruption de plus de quinze jours, devait reprendre ses travaux. Dès le 24-, nous avions la certitude que M. White ne prendrait pas la parole pour défendre le système de la police mixte et que le comte de Welsersheimb ne la ferait pas figurer parmi les amendements qu'il comptait déposer. Sans doute, M. de Tattenbach, dont la mauvaise humeur augmentait chaque jour, aurait bien voulu s'accrocher à cette combinaison comme à un moyen suprême de nous remettre en échec. Mais si l'occasion lui manquait, ses mauvaises intentions seraient sans

Page 1