‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 259 sur 357 · Ibid., page 377 et suivantes · texte numérisé non relu

Ibid., page 377 et suivantes

La politique allemande fut, à tous égards, la contrepartie de la nôtre, — dans son fond, car l'Allemagne hésita jusqu'au dernier jour sur les solutions qu'elle pouvait accepter ; dans sa forme, car elle ne démasqua jamais son jeu ; et ce jeu fut, trois mois durant, tout de feintes et de bluff. Quand on débarque à Algésiras, l'Allemagne propose aux uns et aux autres sept ou huit solutions diverses et contradictoires, où les principes généraux déguisent mal les convoitises particulières ^ 11 n'y a que la France à qui elle ne propose rien, bien qu'elle ait pris l'initiative de solliciter de nous des pourparlers directs*. A nos concessions, M. de Radowitz, sur des instructions de Berlin que peut-être il n'approuve pas, répond par des refus successifs, qui vonl en s'aggravant jusqu'au 19 février et contrastent avec les promesses a d'aide » prodiguées en 1905^. Dès ce moment, cependant, nous acceptons et le mandat franco-espagnol et des garanties de contrôle, c'est-à-dire ce que l'Allemagne admettra le 26 mars. Mais elle ne souscrit pas à celte solution sage, parce qu'elle est convaincue qu'en appuyant, elle obtiendra plus. C'est pour cela qu'elle nous menace d'une rupture de la conférence^; pour cela qu'avec une désinvolture dédaigneuse elle néglige les quatre arbitrages qui s'offrent à elle : arbitrage russe, arbitrage italien, arbitrage américain, arbitrage autrichien. A ces quatre puissances, — d'accord, à des nuances près, pour désirer une transaction honorable, — elle rend, par son intransigeance, la tâche si difïicile que, peu à peu, d'intermédiaires bénévoles, elles deviennent, chacune selon ses moyens, les auxiliaires de notre politique. A cette erreur capitale s'ajoutent des fautes de conduite. On entend si souvent M. de Radowitz et le comte de Tattenbach donner leur parole qu'ils n'iront pas plus loin, que ceux qui d'abord se sont laissés prendre à ces aflirmations et que l'événement a ensuite éclairés ^ refusent bientôt de s'y arrêter. 11 y a aussi les fausses nouvelles écloses dans les agences et dans les feuilles les plus directement inspirées par les plénipotentiaires allemands. Il y a surtout la brutale tentative d'intimidation pour-

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