Notamment, le marquis Visconti-Venosla
suivie pendant la crise ministérielle française, les reproches, les insinuations, les menaces, — tout un ensemble de procédés maladroits autant qu'incorrects, où s'exprime une confiance excessive dans la veulerie des autres, un mépris singulier de Topinion et de la conscience publiques^
Ce que les argiiments de la France n'avaient pas obtenu, sa résistance le conquiert. Et c'est en se voyant seule, blâmée par l'Autriche môme qui cependant la soutient par nécessité d'alliance, que l'Allemagne se décide, le 26 mars, à accepter ce qu'elle refusait depuis près de deux mois et demi. Cette adhésion, donnée plus tôt, aurait paru spontanée; consentie dans ces conditions, elle prit une allure de reculade. Imprécision des desseins, appétit de représailles, infatuation, ce sont, en politique, des défauts qui se paient tôt ou lard. L'Allemagne, à qui ils avaient réussi en 1905*, comptait, en 1906, sur un succès pareil. Elle exigeait, sans souci de nos droits, Tinternationalisation intégrale pour la banque, pour la police, pour tout. Elle ne tenait compte ni des engagements souscrits par elle, ni des titres acquis par nous, ni des changements survenus, — préparation militaire de la France, participation de l'Europe au débat d'Algésiras. Elle croyait pouvoir forcer la fortune. La fortune lui résista. Et bien qu'en luimême le résultat final fût pour elle acceptable, elle se donna, à ravoir écarté si longtemps, l'apparence de céder par force et non point par persuasion. Si la conférence, à ce titre, lui fut une déception, elle fut l'artisan de sa déconvenue, la créatrice de son isolement.
Les caractères opposés de la politique allemande et de la politique française précisèrent et accentuèrent les dispositions qu'ap- 1 portaient les puissances tierces à l'examen du litige. On sait pour quelles raisons et avec quelle énergie l'Angleterre était résolue à nous soutenir. L'essai de « débauchage » tenté le 3 février parle comte de Tattenbach sur sir Arthur Nicolson^ l'incident de la dépêche Wolff*, la circulaire du 12 mars", ne firent que confirmer