Voir ci-dessus, page
Les résultats locaux de la conférence doivent être envisagés à quatre points de vue différents : Maroc, France, Espagne, Allemagne.
Au point de vue marocain, il est clair que, si les mesures arrêtées par les plénipotentiaires sont appliquées, l'empire chérifien en retirera un bénéfice. Toutes ces mesures ont, en effet, un objet unique : le développement de Tordre. Et Tordre seul fait défaut au Maroc. Comme Técrivait M. Delcassé, le 42 avril 1904, dans sa circulaire aux ambassadeurs, « le Maroc a une population de beaucoup supérieure à celle de l'Algérie et de la Tunisie réunies, — par conséquent une main-d'œuvre plus abondante et il poss de en quantité ce que n*ont ni la Tunisie ni l'Algérie : Teau toujours^ ». Pour que ses richesses naturelles soient exploitées, que manque-t-il? Les capitaux et la sécurité qui les attire. Relisez l'Acte général d'Algésiras : vous constaterez que c'est d'établir cette sécurité que les plénipotentiaires se sont constamment préoccupés. D'abord, par la police, — police des huit ports ouverts et d'eux seuls, il est vrai, mais c'est par là qu'il fallait commencer; ensuite, par la répression de la contrebande des armes, destinée à tarir la source des désordres ; enfin, par la revision des règlements douaniers propre à supprimer les fraudes dont souffrent à la fois les commerçants scrupuleux et le fisc chérifien. La sécurité rétablie, il faudra améliorer les conditions matérielles de Texploitalion du pays : outillage des ports, voies de communication, routes et chemins de fer ; le corps diplomatique de Tanger pourra procéder, à cet égard, à d'utiles préparations, suivant les indications inscrites dans l'Acte général. Enfin, la Banque d'État, avec sa double fonction d'établissement privé et d'institution publique, assainira la monnaie, facilitera les échanges, commanditera les entreprises, ajoutera la sécurité financière à la sécurité matérielle. Ce n'est là que Tébauche d'un programme