‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 271 sur 357 · Voir ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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4. Il était inévitable qu'ayant accepté la conférence, c'esl-à-dire l'intervention de l'Europe dans l'introduction des réformes, l'Europe eût le droit de s'assurer que l'exécution de ces réformes était conforme aux principes adoptés par elle. Gomme récrivait M. do Caix, dans son rapport au comité du Maroc : « Si l'on ne voulait faire aucune concession, c'est en juin ou juillet 1905 qu'il fallait rompre, ne pas aller à la conférence. En y allant, surtout après l'accord du 28 septembre, on ne pouvait s'en tirer qu'avec un compromis, comme toujours en pareil cas. Un des membres de la conférence disait : a Vous êtes dans la situation malaisée, paradoxale mémo, de demander à une assemblée internationale de renoncer, en votre faveur, à internationaliser. La situation de l'Allemagne est autrement facile. » Un autre plénipotentiaire ajoutait : « Vous avez en acceptant la conférence et son programme, introduit au Maroc le microbe international et vous ne pouvez savoir comment vous limiterez ses ravages. ») A la fin des débats, la même personne estimait que les lésions faites par ce microbe étaient beaucoup plus limitées qu'on n'aurait cru.

collaboration au commandement. Fonctionnaire chérifîen, c'est au maghzen qu'il adresse ses rapports, dont le corps diplomatique ne reçoit que des copies. Il n'est pas « sous lecontrôle » des ministres à Tanger '. Ses relations avec eux se réduisent à ceci, que ces derniers peuvent lui demander des enquêtes en avertissant de leur démarche le représentant du Sultan. Ce n'est de quoi diminuer ni l'autonomie des instructeurs, ni la souveraineté d'Abd-el-Aziz. Et c est, à la surveillance près, l'organisation que nous avions prévue. L'identité se retrouve jusque dans le détail, puisque, sauf une modification -, la répartition des ports entre l'Espagne et la France (»st établie par la conférence dans les termes mêmes qu'avaient employés les deux pays dans leur accord secret du l®"" septembre 1905 ^

Pour la Banque d'État, la situation était plus complexe. On peut soutenir qu'en acceptant l'internationalisation de son capital, nous élionsallésplusloin que ne l'exigeait l'accord du 28 septembre 1905, qui disait seulement « concours financier donné au maghzen par la création d'une Banque d'Etat ». Sur ce point, comme pour la police, nous aurions été fondés en droit à soutenir qu' « introduction des réformes par voie d'accord international » ne signifiait pas exécution internationale de ces réformes*. Mais, en fait, nous n'aurions pas obtenu que la banque, comme la police, fût exclusivement franco-espagnole. Et c'est, on s'en souvient, sur le terrain linancier que, dans ses instructions du 12 janvier 4906, M. Rouvier avait prescrit à M. Révoil de consentir les concessions qu'il estimerait indispensables ^ Pratiquement d'ailleurs, nous n'avions qu'un intérêt, c'était d'obtenir, dans la direction de la nouvelle banque, une place équivalente à l'importance de notre apport®, équivalente aussi à notre rôle prépondérant dans la constitution du crédit marocain. Pour cela, un seul moyen, nécessaire et suffisant : posséder, dans le comité des statuts et dans le conseil d'administration, la majorité. Or, cette majorité, nous

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