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CONCLUSION 4t)5
débal? Non seulemout l'amitié franco-anglaise fournissait à sa politique une base large et pacifique. Mais, au Maroc môme, il lui devenait loisible de recommencer, sans risques, avec l'aveu de l'Europe et Tappui de la France, une entreprise coloniale, moins onéreuse et plus productive que celles dont le poids pesait encore sur elle. Sans avoir besoin ni d'une flotte ni d'une expédition, elle voyait s'ouvrir devant elle un champ d'exploitation. A la population malheureuse de l'Andalousie, une terre d'émigration excellente pouvait être assurée à bref délai. La monnaie espagnole gardait, dans l empire chérifien, sa force libératoire ^ L'association des banques espagnoles avec le consortium français de l'emprunt de 1904 leur donnait, dans la Banque d'État, une place privilégiée, immédiatement après la France 2. Enfin la charge de rétablir l'ordre dans les ports ouverts était partagée entre l'Espagne et nous. Et c'est dans la zone même qui l'intéressait le plus que ses officiers étaient appelés à exercer leur action. Ni ses intérêts positifs, ni sa juste fierté ne recevaient donc d'atteinte. Matériellement ot moralement elle sortait de la conférence dans une position excellente, tant en Europe qu'en Afrique. Et, dès le début de son règne, Alphonse XIII obtenait un succès extérieur, tel que, depuis longtemps, son pays n'en avait recueilli.
Qu'est-ce que, dans ces conditions, l'Allemagne, au Maroc, retirait de la conférence et comment se justifiait la satisfaction exprimée par le prince de Btïlow, dans son discours du 5 avril ^? Pour établir le bilan de ses avantages, il faudrait préciser d'abord la nature et le but du dessein qu'elle avait poursuivi. Or, on l'a vu», rien n'est plus difficile que de savoir exactement ce que l'Allemagne entendait obtenir dans l'empire chérifien. Et c'est en Europe, et non au Maroc, qu'on trouve les raisons profondes de sa politique marocaine. De là, dans cette politique, le flottement que nous avons constaté. Si cependant, laissant de côté les manifestations discordantes et déconcertantes qui ont précédé ou accompagné la conférence, on s'en tient aux déclarations oflicielles, l'Allemagne avait voulud'abordprotester contre l'exclusion dont elle prétendait avoir
i. Voir ci-dessus, page 229.