‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 274 sur 357 · Voir ci-dossus, pap:o · texte numérisé non relu

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été victime, de la part de M.Delcassé,dans le règlement des affaires marocaines; ensuite exiger, pour leur règlement, une forme internationale, c'est-à-dire des garanties contre une annexion politique ou un monopole économique de la part de la France. A ces deux desiderata, la conférence répondait sans conteste. Ce n'est pas après dix mois cfe négociations franco-allemandes que la France pouvait être suspectée de ne vouloir point « causer » a\ec TAllemagne. Ce n'est pas après la réunion à Algésiras des représentants de toute l'Europe, qu'on pouvait parler encore d'une « main-mise française sur le Maroc ». De cela, le chancelier triomphait*. Mais ce triomphe était factice. Car quand on crée soi-même les obstacles qu'on se flatte ensuite d'avoir renversés; on remporte de faciles victoires. Il résultait, selon lui, de la conférence, que la France s'engageait à ne pas conquérir le Maroc, à ne pas le monopoliser. Et M. Schiemann s'écriait : « Nous l'emportons : car ce que la France promet aujourd'hui, c'est ce que Sa Majesté l'Empereur avait exigé, à Tanger, le 31 mars 1905-. » Déduction fragile, dont les prémisses manquaient. Jamais, nous n'avions conçu les projets qu'on nous attribuait : il était donc abusif de prétendre qu'on nous eût contraint d'y renoncer. Souveraineté du Sultan, intégrité du Maroc, liberté commerciale, c'était notre plan, avant d'être celui de Guillaume II. Et, comme M. Clemenceau à M. Jaurès, nous aurions pu dire à l'Allemagne : « Votre programme, nous le connaissons, car c'est le nôtre ; et vous nous l'avez pris. » En réalité, dès que l'Allemagne avait désiré s'en assurer, elle avait pu se convaincre, à cet égard, de notre parfait accord avec elle. La conférence n'avait rien changé à notre politique, ni à son profit ni au nôtre. Cette politique était demeurée invariable. Avant comme après, nous nous y tenions. S'il plaisait au prince de Biilow de voir dans sa stabilité un succès de sa diplomatie, c'était un artifice de dialectique, qui ne pouvait tromper personne.

Il est vrai que, dans l'application, l'Allemagne avait déduit, des principes acceptés par nous, des conclusions contraires aux nôtres. Confondant arbitrairement le domaine politique et le domaine

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