Voir ci-clcssus, page
1'. Voir appendice, page 532.
:>. Le mécontentement qui n'a cessé de se manifester en Allemagne, pendant les derniers mois de 1906. s'explique pour une part par le sentiment (ju'on a eu de la stérilité de la politique extérieure.
motifs purement marocains, elle aurait donc été, au terme de Taffaire, la dupe de son insistance. Car elle eût obtenu d*une négociation directe avec la France, au printemps de 1905, des avantages infiniment supérieurs à ceux que lui valait la conférence*. Celle-ci fermait à son action politique les huit ports marocains. Si on avait, comme cela semble probable, rêvé à de certaines heures, à Berlin, de dépôts de charbon et de points d'appui pour la Ûotte ^ ce rêve était désormais condamné. Quant à la liberté commerciale, qu'on se targuait de nous avoir imposée, nous ne l'avions jamais contestée. Les résultats africains étaient donc, pour TAllemagne, aussi médiocres qu'ils étaient, pour la France, appréciables. Mais, nous Tavons vu, le Maroc n'avait, été, au dire de M. de BUlow, qu'une « occasion ». Pour apprécier équitablement les profils que nos adversaires tiraient de ces trois mois d*efforts, ce n'est donc pas le Maroc, c'est l'Europe qu'il faut considérer. C'est la politique générale qui avait déterminé l'action allemande : comment se présentait, en avril 1906, la situation générale des puissances les unes par rapport aux autres et de l'Allemagne vis-à-vis d'elles ?
La politique marocaine de l'Allemagne avait été une politique de représailles européennes ^. Démontrer à la France l'inutilité de Tentente franco-anglaise ; fortifier du même coup la Triple- Alliance en détachant l'Italie des puissances occidentales, tel avait été l'objet de ce que le prince de Bulow appelait, en 1905, une « riposte nécessaire * ». A quoi aboutissait cette riposte ?
L'entente franco-anglaise pouvait se rompre dé deux façons : ou par une infidélité de la France, ou par une infidélité de TAngleterre. L'Allemagne, en 1905, avait surtout agi sur nous^ Au