Jbid., page
4. Dans son interview de Baden-Baden. Voir appendice, page 486.
5. Voir ci-dessus, page 10 les menaces adressées à M. Bouvier. Il y eut aussi, à. ce moment, le voyage d'intimidation fait à, Paris par le prince Henckcl de Donnersmarck.
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début de la conférence, elle avait agi sur TAngleterre ^ Ni d'un côté, ni de l'autre, elle n'avait réussi. Non seulement les deux pays, réconciliés par le traité du 8 avril 1904, étaient demeurés étroitement solidaires pour le règlement de l'affaire marocaine. Mais cette solidarité localisée- s'était étendue peu à peu à toute leurdiplomatie.Lesdébuts de l'entente cordiale avaient élé accueillis des deux parts avec satisfaction, mais sans enthousiasme. La consécration populaire vint ensuite, d'autant plus expressive qu'elle avait été plus réfléchie. Rien n'unit mieux deux politiques que la communauté du péril. Entre la France et l'Angleterre, la crise marocaine scella cette union d'autant plus fortement qu'il était évident pour tous que l'amitié franco-anglaise, redoutable instrument de guerre, ne servait, en l'espèce, qu'à des fins pacifiques. Cette amitié n'était pas seulement conservatrice : elle était, de plus, attractive. Nul doute que l'Espagne et l'Italie n'y aient trouvé une raison décisive de se tenir fermement attachées à leurs accords avec la France. L'absolue et visible unité d'action à Madrid, de M. Jules Gambon etde M. Cartwright, à Rome, de M. Barrère et de M. Egerton. fut, du premier au dernier jour, le gage de la fidélité espagnole et italienne \ Cette unité, d'autant plus efficace qu'elle était plus nouvelle, pesa, dans la balance, d'un poids au moins égal à celui de la Triple-Alliance. L'Italie comprit mieux l intérêt peraianent de la contre-assurance que M. de Bïilow naguère qualifiait de « lourde valse» ». L'Espagne trouva dans rinlimité franco-anglaise l'énergie de résister aux fantaisies de son imagination et aux invites de l'Allemagne ^. L'une et l'autre constatèrent que le traité de 1904, au lieu d'être un règlement de liquidation, devenait le principe durable d'une politique avec laquelle il fallait, sur laquelle on pouvait compter. L'Allemagne avait assuré que cette « combinaison fragile » ne résisterait pas a ses coups. La combinaison résistait. Et c'est l'Allemagne qui reculait. A Rome comme à Madrid, on en fut frappé. Et le binôme franco-anglais sortit de la crise, non seulement intact, mais fortifié.
1. Voir ci-dessus pago 147 la démarche du comte de ïatteiibach près de 6ir Arthur Nicolson.