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II. Réforme financière

Concours financier donné au maghzen par la création d'une Banque d'Etat avec privilège d'émission, se chargeant des opérations de tréso-

rerie et s'entremettant pour la frappe de la monnaie dont les bénéfices appartiendraient au maghzen.

La Banque d'Etat procéderaità l'assainissement de la situation monétaire.

Les crédits ouverts au maghzen seraient employés à l'équipement et à la solde des troupes de police et à certains travaux publics urgents^ notamment à l'amélioration des ports et de leur outillage.

m. Etude d'un meilleur rendement des impôts et de la création de nouveaux revenus.

IV. iiingagement par le maghzen de n'aliéner aucun des services publics au profit d'intérêts particuliers.

Principe de l'adjudication, sans acception de nationalité, pour les travaux publics.

Fait à Paris, lo 28 septembre 1905.

Signé : Rouvier.

Radolin.

Note concertée entre les commissaires des gouvernements français et

allemand.

Paris, lo 28 seplciiibre lOOiJ.

Les négociations entre la France et l'Allemagne concernant le projet de programme de la conférence sur les affaires marocaines viennent d'aboutir.

L'accord s'est fait sur un programme qui comprend : organisation de la police; règlement concernant la surveillance et la répression de la contrebande des armes ; réforme financière consistant principalement dans rinslitulion d'une Banque d'Etal , étude d'un meilleur rendement des impôts et de la créalion de nouveaux revenus ; enfin fixation de certains principes destinés à sauvegarder la liberté économique.

Ounnt à la région frontière, par une réserve spéciale insérée au ])rojel do programme, il est entendu que les questions de police continuent à y être réglées directement et exclusivement entre la France et le Sultan et restent en dehors du programme de la conférence. Dans la même région, l'application du règlement sur la contrebande des armes restera l'affaire exclusive de la P'rance et du Maroc.

Les deux gouvernements se sont mis d'accord pour demander à l'Espagne si elle accepterait que la ville d'Algésiras fût choisie comme lieu de réunion de la conférence.

En ce qui concerne les questions de l'emprunt et du port, elles ont été réglées de la manière suivante :

I. Pressé par sa situation financière, le Maghzen s'était adressé à un intermédiaire étranger résidant au Maroc — qui a eu lui-môme recours îi un trroupe de banques allemandes — pour obtenir une avance de

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•courte durée remboursable sur le prochain emprunt ; le gouvemenient marocain offrait en gage ses biens immobiliers dans les différentes villes de la côte.

Un accord s'est établi entre le groupe des banques allemandes et le consortium des banques françaises, en vue de participer à celte opération qui gardera son caractère d'avance de courte durée, avec gage spécial, et remboursable sur le prochain emprunt ou par les voies et moyens de la Banque d'État dont la création figure au programme de la conférence. L'opération laisse intacte la question du droit de préférence du consortium français.

En ce qui concerne la construction d'un môle dans le port de Tanger, le gouvernement marocain avait, par une lettre adressée à la légation d'Allemagne en date du 20 mars, demandé à la maison Borgeaud et Reutemann l'établissement de deux plans entre lesquels il choisirait. Comme, à la même époque, une Compagnie. française avait été autorisée à étudier les mêmes travaux, il a été entendu qu'on prendrait un délai pour examiner les titres de cette Compagnie, et que, à moins que la Compagnie française ne présente des litres identiques à ceux de la Compagnie allemande, celle-ci exécutera les travaux commandés pat le maghzen.

III. Le projet de programme et la proposition concernant le Ueu de réunion de la conférence vont être soumis sans délai, par les deux gouvernements, à l'adhésion du Sultan et à celle des puissances signataires de la convention de Madrid ou y ayant adhéré.

Dès que les propositions concernant le programme et le lieu de la conférence auront été soumises au Sultan, les deux missions quitteront Fez pour retourner à Tanger.

Déclarations du prince de Biilow publiées par le « Temps » le 5 octobre 1905.

— Il y a, dans les incidents auxquels a donné lieu depuis bientôt six mois l'affaire marocaine, deux choses distinctes à considérer. Le Maroc est la première, la politique générale est la seconde. Au Maroc, nous avons des intérêts commerciaux importants. Nous avons tenu et nous tenons à les sauvegarder. Sur ce terrain général, nous avons été obligés de répondre à une politique qui tendait à nous v isoler » et qui, à cette intention avouée, empruntait, vis-à-vis de nous un caractère nettement hostile.

» Je ne veux pas revenir sur le passé, mais je crois qu'entre deux grands peuples unis par les liens d'une haute culture intellectuelle et

morale, rien ne vaut une explication franche. Quand la France s'efst entendue avec l'Angleterre d*abord, avec TEspagno ensuite, au sujet du Maroc, j'ai dit au Reichstag que je me refusais à considérer que ces accords eussent une pointe dirigée contre TAUemagne. A cette affirmation optimiste on a inutilementinfligé un démenti en affectant d'ignorer l'Allemagne et de se passer d'elle. Inutilement aussi, on a imprimé à des événements en soi fort acceptables et dignes même d'approbation, tels que le rapprochement franco-itaUen ou le rapprochement franco-anglais, une allure antiallemande. Il ne pouvait nous convenir de nous résigner à ce prétendu isolement. Je ne crois pas qu'aucune grande puissance s'y fût prêtée. L'afTaire marocaine était la manifestation la plus récente et la plus caractérisée de celle politique; elle a été pour nous l'occasion d'une riposte nécessaire.

» Ne revenons pas, si vous le voulez bien, sur les incidents qui ont marqué ce débat et qui, fort heureusement, n'ont plus qu'un intérêt rétrospectif. Le Temps l'écrivait l'autre jour avec raison : « Les deux gouvernements ont dû chercher les bases de leur entente sur un terrain que sans doute ils n'eussent choisi ni l'un ni l'autre si le problème marocain eût pu dès l'origine ôlre traité en lui-môme. Néanmoins, et malgré les difficultés inhérentes à une action ainsi engagée, les négociateurs sont arrivés à un accord. » Je considère cet accord comme un événement heureux dans la vie des deux nations, car il met lin à une période de défiance que j'ai toujours jugée regrettable; et ^ràce à la précision des pourparlers, il établit l'entente non seulement sur la forme, mais sur le fond, sans froisser ni les intérêts ni Tamour-propre des contractants.

» Puisque des deux côtés on travaillait pour s'entendre et non pour se quereller, j'ai cherché une solution équitable, en tenant compte d'une part du besoin qu'a la France d'assurer sur sa frontière algérienne Tordre et la sécurité, d'autre part des intérêts légitimes de l'Allemagne pl des droits que lui confère la convention de Madrid. J'ai été heureux de constater que les vues de M. Rouvier étaient, quant aux principes à suivre, en parfaite harmonie avec les miennes.

» Dans quelques semaines la conférence se réunira. J'espère que la même harmonie ne manquera pas de s'y manifester. J'estime que cette assemblée, loin de nous diviser, doit contribuer à nous rapprocher. A ce rapprochement toutefois une condition est nécessaire : c'est qu'on se rende bien compte dans le public français que la politique qui tendait à isoler l'Allemagne est chose du passé, que cette roule d'hier est aujourd'hui abandonnée sans retour. J'ai la confiance qu'il en sera ainsi. Et c'est pourquoi j'ai donné, dans l'accord signé vendredi, une grande preuve de notre esprit de conciliation. Je n'ai qu'un désir : c'est que la j)olitique française, à la conférence et après, me permette de continuer cette politique de bonne entente, la seule digne de deux grands peuples voisins, l'un et l'autre facteurs essentiels de la civilisation. »

488 LA CONFÉRENCE d'aI.GK.SIRAS

Je fais alors observer au prince que, si le dessein dMsoler rAllemagne, dessein dont on s'est probablement exagéré à Berlin la précision et le sérieux, ajamais existé, le Parlement et lepublic français, d'accord avec le président du Conseil, ont montré qu'ils ne s'y associaient pas. J'ajoute qu'en tout cas certaines manifestations de la politique allemande ont provoqué en France une défiance égale à celle qu'on reproche à la politique française d'avoir créée en Allemagne. Je cite notamment les démarches de M. de Tattenbach.

— Je sais, reprend le prince. On m'a dit cette impression. Je regrette qu'on l'ait ressentie. Mais je vous donne ma parole de gentleman que jamais il n'y a eu de noire part la moindre arrière-pensée. Malentendu fâcheux : rien de plus. Au surplus nous l'avons prouvé dans les négociations qui viennent d'aboutir.

Et comme je réponds que, malgré tout, certaines appréhensions subsistent, que l'on se demande en France sil'Allemagne, abandonnant la tradition bismarckienne, fera désormais obstacle à notre expansion coloniale, acceptée, favorisée même par le premier chancelier; qu'on redoute, d'autre part, qu'il n'existe à Berlin un secret désir de nous engager dans une politique antianglaise; qu'on craint enfin qu'un rapprochement russo-allemand ne soit à cet égard un moyen indirect de nous forcer la main, — toutes choses de nature à empêcher le rétablissement de la confiance, — le chancelier m'arrête et dit :

— Toutes ces inquiétudes sont sans fondement. Oui, c'est vrai, le princede Bismarck a souvent reconnu la légitimité de votre politique coloniale, el inoi-inùrnc j'ai dit un jour au Reichstag qu'il n'était point, en Afrique ou en Asie, de terrain où nos intérêts se heurtassent. Mais encore faut-il que celle politique coloniale ne soil pas, comme dans le cas marocain, l'occasion de mauvais procédés vis-à-vis de l'Allemagne. Si, en 1904, on avait répondu au discours confiant que j'avais prononcé au Reichslag, comme il élait naturel qu'on y répondit, en me communiquant officiellement l'accord anglo-français avec les explications nécessaires, il n'y aurait pas eu d'alfairc marocaine. En deux heures nous eussions été d'accord. On ne l'a pas voulu : d'où le conflit. Mais ce conflit n'est pas nécessaire. Ce conflit est anormal. Aujourd'hui comme hier, pourvu que votre politique coloniale respecte nos intérêts commerciaux qui croissent chaque jour et notre dignité que nous plaçons plus haut encore, non seulement nous ne vous gênerons pas, mais au besoin nous vous aiderons, au Maroc et ailleurs.

)) Vous m'avez parlé d'un autre principe de défiance. Vous m'avez dit qu'on se demande, en France, s'il n'y a pas en Allemagne l'arrièrepensée de vous entraîner à prendre parti pour nous contre l'Angleterre, de vous impliquer dans un conflit qu'on prétend inévitable. Sur ce point encore, je m'expliquerai volontiers.

» Il y a des gens, je le sais, qui prophétisent entre l'Angleterre et l'Allemagne la guerre fatale. M. Tilloni vous disait samedi qu'il no

croyait pas à celte guerre. Moi je vais plus loin et je dis que c'est une bêtise de l'annoncer comme inévitable. L'Allemagne et l'Angleterre se feraient trop de mal l'une à l'autre. Elles ne tenteront pas l'épreuve. El si je ne méconnais pas la violence des polémiques de presse et la nervosité du public, j'affirme que les gouvernements, à Londres comme à Berlin, ont trop le souci de leur responsabilité pour se laisser influencer par ces violences.

» Votre pays a d'ailleurs un rôle utile à jouer en apaisant les esprits au lieu de les exciter. Le suave mari magno n'est pas de mise en pareille matière. La solidarité internationale est trop profonde pour qu'on puisse se flatter — continuons à parler latin — d'être le terUus (jaudcns d'une querelle, quelle qu'elle soit. S'il y a entre Anglais et Allemands des préventions qui, je le répète, s'évanouiront tôt ou tard, la France peut aider à les dissiper. Permettez-moi d'ajouter que son exemple est là pour prouver qu'il est toujours possible de se réconcilier avec l'Angleterre.

)) De même en ce qui regarde la Russie. Nous sommes avec vos alliés en bonnes, en très bonnes relations. C'est là une situation naturelle, traditionnelle. Pourquoi en prendriez-vous ombrage? Est-ce que nous avons pris ombrage de l'alliance franco-russe? Non. Parce que celle alliance n'a jamais eu à notre égard le caractère agressif qu'on a donné, je ne sais pourquoi, à certains rapprochements, qui sans avoir la valeur d'une alliance, ont paru beaucoup plus inquiétants.

» Un double système d'alliances, dont l'un et l'autre sont pacifiques, assure l'équilibre de l'Europe. A ces alliances peuvent et doivent se superposer des amitiés. Vous êtes bien avec l'Italie : rien de mieux. Nous sommes bien avec la Russie : c'est parfait. Il faut seulement ne pas donner au rapprochement franco-italien un caractère anliallemand, au rapprochement russo-allemand un caractère antifrançais. Mais quoi de plus facile que de réaliser cette condition?

» Je vous ai parlé librement, car la franchise est, à mon sens, la meilleure des politiques. Je vous ai dit l'origine de notre différend, le juste mécontentement de l'Allemagne de se voir systématiquement laissée de côté, Tiinpossibilité où nous étions — où tout autre eût été à noire place — de tolérer qu'on annonçât notre isolement, c'est-à-dire notre diniinulion matérielle et morale. Nous avons répondu dans la forme que nous offraient les circonstances. Il a pu y avoir, de part et d'autre, des heures désagréables ; mais, somme toute, un conflit inutile a été évité et la paix a été maintenue : c'est l'essentiel.

)) Je souhaite que cette détente soit le prélude d'une réciproque confiance. L'opinion allemande s'abandonnera volontiers à ce sentiment dès qu'elle aura la certitude que nul ne songe plus à Paris à faire le vide autour de nous, — ce qui, entre peuples comme entre individus, passera toujours pour un mauvais procédé. »

Discours prononcé au Reichstag par le prince de Bùlow le 6 décembre 1905.

Un homme d'État ne peut pas, au premier moment venu, faire un discours sur la situation extérieure, principalement quand celle situation n'est pas absolument saiisfaisanie (wenn dièse Loge keine durchaus bcfn'edegende ist). (Ecoutez ! Ecoulez!)

Quand des désaccords viennent seulement d'être surmontés, et quand de nouveaux sont à craindre, il doit toujours se demander s'il doit parler et si son discours public ne fera pas plus de mai que de bien.

Les relations de gouvernement à gouvernement peuvent être correctes ; elles peuvent être animées de profonds sentiments pacifiques, mais les rapports entre cabinets ne sont pas toute la politique d'un pays. Ils ne sont pas toujours les mêmes que ceux entre les peuples €t nous avons maintenant à compter avec une profonde antipathie de l'opinion publique anglaise. Dans ces tout derniers temps seulement on a pu remarquer un mouvement en sens contraire. Je salue sincèrement de tels signes d'amélioration. Je voudrais bien voir en eux le commencement d'un relour à Tenlente réciproque de deux grands peuples de culture égale.

En ce qui concerne la question du Maroc, je ne puis apporter à la tribune aucun fait nouveau et ne peux dire non plus tout ce qiie contiennent les documents diplomatiques. Cependant, je vais vous exposer l'évolution de la question marocaine. Je crois raisonnable que les représentants du peuple allemand sachent quelle attitude les gérants responsables de la politique étrangère de l'Allemagne ont adoptée dans celte question qui touche, par delà les intérêts immédiats qu'elle comporte, le domaine de la situation internationale de l'Empire et qui a créé de réelles difficultés.

Déjà à la conférence de Madrid, c'est-à-dire il y a vingt-cinq ans, l'Allemagne n'a recherché aucun avantage qui lui fût particulier, mais de môme que les autres puissances, elle a favorisé le développement paisible et indépendant du Maroc. S'inspirant fidèlement de cette conception, l'action de l'Allemagne au Maroc ne pouvait avoir qu'un caractère défensif et non pas agressif.

Elle ne pouvait poursuivre aucune acquisition de territoires, elle demandait seulement le respect des traités, le respect de sa situation à l'égard du Maroc, considéré comme État indépendant, le respect au point de vue économique de ses droits, égaux à ceux des autres nations.

La convention franco-anglaise d'avril 1904 équivalait, en ce qui concerne le Maroc, à dire que l'Angleterre se désintéressait de ce pays en faveur de la France. L'Angleterre s'engageait à laisser les mains libres à la France. Nous n'avons jamais contesté au gouvernement anglais, pas plus que, ultérieurement, au gouvernement espagnol, le droit de disposer des intérêts de leurs nationaux au Maroc, mais les droits de l'Allemagne ne pouvaient se trouver supprimés du fait dune convention franco-anglaise {Très juste).

Ces droits résultent de la convention signée en 4 880 à Madrid entre toules les grandes puissances d'Europe et d'Amérique et le Maroc, et aussi du traité de commerce germano-marocain du 2 juillet 1890. Au sujet de l'accord franco-anglais, il faut rappeler en particulier l'article 17 de la convention de 1880 qui garantissait à toutes les puissances participantes la clause de la nation la plus favorisée.

Si par conséquent la France sur la base de son accord francoanglais voulait acquérir des droits privilégiés, en contradiction avec le traitement de la nation la plus favorisée dont jouissaient d'autres Etats, il fallait non seulement l'assentiment du Maroc, mais aussi celui des autres puissances signataires de la convention.

Nous avons un intérêt considérable à ce que les territoires du monde qui sont encore libres actuellement ne soient pas désormais fermes {Vifs applaudissements) et à ce que notre industrie et notre commerce ne trouvent pas la porte fermée dans un pays de grand avenir. Si l'on a dit que nos intérêts commerciaux étaient trop peu imj)orlants pour justifier une défense sérieuse, je réponds que cbaque pays à le droit d'apprécier lui-même la valeur de ses intérêts. L'adage miniina non curât prœtor ne s'applique pas au cas où les droits consacrés par les traités et le prestige d'un pays sont en jeu. J'aurais vivement désiré que notre entente avec la France sur la conciliation de nos droits tels qu'ils résultaient des traités avec la convention anglofrançaise s'eflectuât d'une façon coulante, rapide et sans bruit. C'est pourquoi je me suis exprimé en termes conciliants au Reichstag peu après la signature de la convention.

J'ai insisté à ce moment sur ce point que nous n'avions pas besoin de craindre que nos droits et nos intérêts fussent lésés ni que la convention lût une arme dirigée contre nous. Je crois par ces paroles avoir donné clairement à entendre ma pensée; elles étaient du moins d'une courtoisie parfaite. Mon attente que l'autre partie s'aboucherait et s'entendrait avec nous, avant de mettre ses plans à exécution au Maroc, ne s'est pas réalisée. (Ecoutez!) On ne nous a fait, dans tous les cas. aucune communication sérieuse et suffisante au sujet de Taccord.

Une partie de la presse française s'efforçait de donner à la convention franco-anglaise un sens hostile à l'Allemagne. D'autres côtés aussi se manifestait une tendance à nous créer des difficultés. Le

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ministre qui porte la lourde responsabilité de la sécurité et de la paix d'un grand pays ne doit pas s'assoupir ni se laisser duper. 11 doit attendre tranquillement que la situation se soit éclaircie d'une façon ou de l'autre.

Ce moment est arrivé lorsque la France s'est préparée, sans autre explication, sans nous avoir rien demandé, à tirer de la convention franco-anglaise des conséquences qui avaient la plus grande portée.

Dans ce but fut envoyé le ministre français Saint-René-Taillandier qui soumit au gouvernement marocain des propositions dont l'acceptation aurait mis le Maroc dans une situation analogue à celle de la Tunisie. Le Maroc nous en avisa et nous informa en même temps que M. Saint-René-Taillandier avai invoqué, pour appuyer ses demandes, un mandat que l'Europe lui aurait donné. Les droits que nous assurait la convention de Madrid se trouvaient donc ainsi manifestement violés.

La souveraineté du Maroc, garantie par des traités internationaux, se trouvait mise en question et nos intérêts économiques au Maroc étaient menacés de disparaître d'ici à une époque assez peu éloignée. A ce moment se déroula une longue campagne diplomatique que je ne veux pas récapituler dans ses détails. Les points de vue que nous considérâmes comme directeurs au cours de ces négociations se trouvent condensés dans la note suivante que j'adressai, le 11 avril, à M. de Metternich, notre ambassadeur à Londres :

Berlin, 11 avril.

« Bien que d'après les communications de Votre Excellence, l'opinion publique en Angleterre soit peu susceptible d'une appréciation objective des afl'aires du Maroc et en particulier de notre politique au Maroc, je ne voudrais pas négliger cependant de vous orienter sur les principaux points de vue de celte dernière.

» La convention anglo-française prévoit expressément le maintien du slatu (juo. Nous étions donc en droit d'admettre que si, à un moment donné, il était introduit des innovations qui fussent de nature à affecter les intérêts des puissances étrangères, l'Allemagne serait au nombre des puissances avec lesquelles on entrerait en pourparlers à ce sujet.

» Parlant de cette conception, nous ne sortîmes pas de notre rôle d'observateurs jusqu'au moment où le gouvernement marocain fit demander à notre représentant à Tanger si véritablement le ministre de France était le mandataire des puissances européennes, comme il l'avait exposé au maglizen.

» A peu près en môme temps, nous apprîmes que le programme présenté par celui-ci contenait des exigences inconciliables avec le maintien du statu quo. Gomme pour faire disparaître tout doute sur les tendances finales du gouvernement français, quelques organes ins-

pires de la grande presse parisienne patronnèrent concurremment cette idée que le Maroc devait être mis dans la même situation que la Tunisie à l'égard de la France. Noire point de vue est que ce dessein de la France est dépourvu de toute base au point de vue du droit international et porte ainsi préjudice aux intérêts de tous les Élats qui ont pris part aux précédentes conférences marocaines, mais actuellement n'ont pas été consultés par la France.

» L'objection des journaux officieux français d'après laquelle, au cours des précédentes conférences, il se serait agi iHiiquement de questions d'intérêts de droit privé, et non de changements politiques, est un argument de chicane et n'a aucune valeur, car un changement tel que la tunisificalion du Maroc, qui a pour conséquence d'écarter, d'après l'exemple de Tunis, les éléments non français de la vie commerciale du Maroc, louche naturellement les intérêts privés dans leur ensemble.

» On ne peut donc empêcher les puissances signataires de poser la question aussi longtemps que la France n'abandonne pas le terrain du droit pour prendre purement et simplement celui de la force.

» En ce qui concerne l'Angleterre et l'Espagne, nous ne contestons à aucun de ces deux gouvernements le droit de disposer à son bon plaisir des intérêts de ses sujets au Maroc pour le présent et pour l'avenir, mais nous ne croyons pas qu'aucune de ces deux puissances ait en même temps la prétention de disposer des intérêts des sujets des autres puissances signataires, par exemi)le des Allemands.

)) L'article de l'accord anglo-français, qui établit le maintien du slaluquo, confirme notre opinion.

» Si la France marche maintenant au bouleversement de cet accord, elle le fait à ses risques et périls. L'Angleterre n'en est pas responsable.

» La presse anglaise fait actuellement de grands efforts pour attribuer, comme elle en a du reste l'habitude depuis des années, toutes sortes de noirs projets à la politique allemande. On pourrait dire de notre situation :

Cet animal est trùs-méchant.

Quand on l'aLtaquc, il se défend.

» Nous prenons la défense de nos intérêts, dont on veut disposer sans nous demander l'assentiment auquel les traités nous donnent droit.

» L'importance de ces intérêts n'est en ceci qu'une chose accessoire.

» Celui à qui on prend de l'argent dans sa poche se défendra toujours de toutes ses forces, qu'il s'agisse de 5 ou de 5.000 marks. Que nous ayons des intérêts au Maroc, cela n'a même pas besoin d'être démontré. Si nous les abandonnons, en restant muets, nous encoura-

geons le monde, qui est spectateur, à procéder avec aussi peu de sansgêne à notre égard dans d'autres questions qui seraient peut-être plus importantes. Votre Excellence pourra donc dire, quand elle jugera une conversation sur la politique marocaine indiquée, que rAllemagne intervient pour défendre au Maroc les intérêts de ses nationaux, qui se confondent avec les intérêts des nationaux de tous les autres États signataires et qui s'identifient avec le maintien de la porte ouverte.

» Votre Excellence pourra dire aussi que l'Allemagne n'a pas l'intention de s'assurer, soit au Maroc, soit ailleurs, à cette occasion, au moyen de négociations séparées, des avantages particuliers de quelque nature qu'ils soient. »

Dans cet état d'esprit, au moment où la question du Maroc est entrée, sans que ce soit de notre faute, dans une période aiguë, nous avons cherché à amener une solution pacifique au moyen d'une nouvelle conférence. Nous avons maintenu du commencement à la fin celle claire argumentation légale. Nous avons reconnu la situation particulière résultant pour la France de la communauté de sa frontière algérienne, mais nous avons résolument fait reconnaître le point de vue de droit auquel nous nous plaçons, en face de la politique dangereuse qui consistait à nous ignorer. ( Vifs applaudissements.)

Depuis, le gouvernement français a adopté l'idée de la conférence, et s'est entendu avec nous sur son programme, et toutes les puissances y prendront part. Il va de soi que nous continuerons à représenter et à défendre à celte conférence ce que nous avons considéré jusqu'ici comme juste et équitable. (Applaudissements,)

Dans celte tâche, nous ne nous laisserons pas troubler par les tentatives auxquelles se livrent une vieille haine, une vieille envie et un ancien antagonisme qui attribuent à la politique allemande des mobiles faux pour semer la méfiance, et en particulier, pour faire suspecter notre amour de la paix. On a dit de nous que nous cherchions une occasion pour nous jeter sur la France. Messieurs, pourquoi ferions-nous cela? Par désir de revanche? Pour quelle raison? Par simple ardeur belliqueuse ? C'est absurde. Puis on a prétendu que nous voulions forcer la France à marcher avec nous contre l'Angleterre. C'est également absurde.

Toutes ces rumeurs et tous les mensonges analogues prouvent seulement qu'il existe contre nous dos dispositions hostiles contre lesquelles nous devons être sur nos gardes. Je n'utiliserai pas cette occasion pour affirmer solennellement en de belles phrases, devant vous, devant l'Europe et le monde, le principe fondamental de notre politique. Notre attitude dans l'alTaire du Maroc prouve précisément, d'une manière irréfutable, que si nous cherchons à défendre les intérêts et les droits allemands, nous nous efforçons aussi de surmonter

APPENDICES 49î>

pacifiquement les difficultés matérielles et les hostilités diplomatiques, sans mépriser les droits des autres et sans aucune provocation. (Applau dissemenls.)

Faisant cela nous agissons dans le cadre de la politique traditionnelle allemande, qui, depuis l'obtention de Tunité, ne connaît de but plus élevé et de plus grand intérêt que de développer la force de notre culture à l'intérieur et à l'extérieur pour être h chaque moment assurecontre les horreurs de la guerre. {Applaudissements.)

Celui qui ne s*en est pas encore rendu compte ne veut pas voir clîiir, et tous les discours et toutes les assurances ne lui serviraient da rien. {Applaudissements prolongés,)

Déclaration lue devant la Chambre des députés le 16 décembre iS05. par M. Rouvier, président du Conseil, ministre des Âfifaires étrangères.

Le 10 juillet dernier, j'ai fait connaître à la Chambre les premiers résullats des négociations engagées entre l'Allemagne et la France au sujet de la conférence marocaine.

Le gouvernement de la République n'a accepté de participer à cette conférence qu'après s'être mis d'accord avec le gouvernement impérial sur les principes qui constituent la garantie indispensable des inléréls de la France au Maroc et de sa situation spéciale vis-à-vis de l'empire chérificn.

C'est cet accord que consacrait le protocole du 8 juillet. En le coininuniquant à la Chambre, je l'ai priée d'ajourner tout débat sur les aflaires marocaines jusqu'au moment où je pourrais lui fournir de l)lus complètes explications : en effet, nous avions encore à déteriniuor le programme de la conférence et à le faire accepter de concert par le Sultan.

Le ^2S septembre dernier, j'ai signé avec le prince de Hadolin un nouveau protocole, qui a fixé le projet de programme, en conformité des principes adoptés dans l'échange de lettres du 8 juillet.

A la date du 22 octobre, le Sultan du Maroc a fait connaître à notre ministre à Fez et au ministre d'Allemagne qu'il adhérait au programme proposé et qu'il se ralliait au choix de la ville d'Algésiras, comme lieu de réunion de la conférence.

L'Espagne, prêtant de nouveau h l'Europe son hospitalité qu'elle pouvait d'ailleurs considérer dans l'espèce comme une tradition, il lui appartenait de convoquer les puissances.

Pour satisfaire à une demande du maghzen, la date du 15 décembre,.

i9t5 LA CONFÉRENCE D ALGÊSIRAS

primilivement fixée, n'a pas été maintenue. Je suis fondé à penser que la conférence s'ouvrira dans les premiers jours de janvier.

J'avais également promis au Parlement de placer sous ses yeux les documents concernant la question marocaine. Le Livre Jau^e^ qui vous a été distribué, vous permet d'apprécier, dans son ensemble^ la politique suivie par la France au Maroc et les incidents qui en ont marqué la dernière phase : tout esprit impartial y trouvera en même temps la preuve de la modération et de la légitimité de notre action.

La France, Messieurs, ne peut pas ne pas avoir une politique marocaine ; la forme et la direction que prendra dans Tavenir l'évolution de l'empire marocain influeront d'une manière décisive sur les destinées de nos possessions de l'Afrique du Nord.

Depuis soixante ans, le voisinage du Maroc a été pour TAlgérie une cause permanente de trouble et d'agitation. La sécurité de nos communications et de nos postes-frontièîes; celle de nos sujets algériens, menacée par des excitations de toute nature; la présence constante sur nos confins des rebelles et des fugitifs de chaque insurrection; l'agression continue, non point de maraudeurs isolés, non point de bandes, mais de hordes de plusieurs milliers d'hommes : tout nous imposait la nécessité de réclamer que l'État limitrophe remplît ses obligations envers nous.

Le Livre Jaune, abondamment documenté, que nous vous avons remis, contient un tableau fidèle de nos efforts et des méthodes que nous avons appliquées à la solution du problème. Nous avons longtemps espéré, nous avons pu même croire à certains moments, que nous obtiendrions du gouvernement marocain un concours efficace, une collaboration suivie. Les accords de 1901 et 1902 étaient les plus propres à assurer ce résultat. Mais le gouvernement marocain, livré à lui-môme, s'est montré hors d'état d'accomplir ses devoirs élémentaires envers les étrangers. Le désordre intérieur n'a pas cessé d'augmenter; la rébellion s'est installée au Maroc sur une importante partie du territoire et le maghzen en est arrivé à un tel degré de faiblesse qu'il ne fait plus l'effort nécessaire pour garantir la sécurité des Européens.

Le danger de cette anarchie contagieuse, la légitimité de nos griefs, ont été reconnus par les puissances dont les intérêts, à des titres divers, sont avec les nôtres, les plus importants au Maroc. Elles ont admis que les lourdes responsabilités du maghzen à notre égard, s'ajoutant à notre position spéciale, nous autorisaient à nous présenter à lui, d'accord avec elles, non plus seulement en plaignants, mais en conseillers, reconnaissant que si nos conseils étaient écoutés, la civilisation générale en profilerait.

Telle était la situation quand l'intervention de l'Allemagne s'est produite. L'Allemagne n'a pas jugé suffisant d'être informée de nos accords : estimant que ses intérêts exigeaient qu'elle fût plus directe-

ment consultée, elle a appuyé officiellement le projet de conférence présenté par le Sultan, qui en appelait ainsi de nos propositions à une consultation internationale.

J'ai considéré que, sous condition d'obtenir les garanties nécessaires, nous ne devions pas nous refuser aux tempéraments compatibles avec le souci de la dignité de la France comme avec la sauvegarde de ses intérêts essentiels, et que passer outre, c'eût été perdre le sentiment de notre responsabilité envers le pays. Nous entendions ne pas faire sortir la question marocaine des proportions qu'elle doit garder; nous avons accepté de nous rendre à la conférence.

Dans quelle situation nous y présenlons-nous, et que comptons-nous y faire?

Il ne saurait plus y avoir de méprise aujourd'hui sur le caractère et la portée véritables des propositions que notre ministre à Fez a présentées à l'agrément du Sultan. Ces propositions ne tendaient en aucune façon à introduire au Maroc un régime analogue à celui appliqué dans la Régence de Tunis. D'autre part, nous n'avons jamais invoqué auprès du maghzen un prétendu mandat de l'Europe ; M. Sainl-Ilené-Taillandier a rempli avec une correction parfaite la mission qui lui avait été confiée et qui ne mettait en cause ni les droits souverains du Sultan, ni la situation des puissances, telle qu'elle résulte des traités. Nous avions déjà tracé ces limites ; nous n'avons donc qu'à rester fidèles à nous-mêmes.

Ce n'est point une discussion de juristes qui s'ouvrira à la conférence. La question qui se pose devant elle est simple. Chaque puissance a des droits au Maroc : ils ne sont pas contestés. Chaque puissance y bénéficie des traités : il n'a jamais été question d'y porter atteinte. Chaque puissance enfin, dans une mesure quelconque, peut faire valoir ses intérêts. Ces intérêts doivent être respectés. Mais ce que nous avons le devoir de montrer à la conférence, c'est la qualité spéciale de nos droits et l'importance de nos propres intérêts.

Nos droits tout d'abord. Il ne s'agit pas du régime de notre frontière al^^érienne, qui reste du ressort exclusif de la France et du Maroc ; c'est là une réserve explicitement sanctionnée par le protocole du 8 juillet et confirmée le 28 septembre.

Mais la situation particulière que nous occupons au Maroc ne résulte pas seulement de la contiguïté de nos frontières; notre droit a une portée plus générale. Il consiste en ceci que la France est puissance musulmane dans l'Afrique du Nord; que nous avons à y maintenir et y préserver notre autorité sur une population de 6 000 000 d'indigènes en contact avec 700 000 colons européens, que la communauté de langue, de religion, de race, qui rapproche cette population de celle du Maroc, la rend sensible à toutes les excitations que peut développer dans l'Etat voisin, soit l'absence de gouvernement régulier, soit la constitution d'un gouvernement hostile. Nous sommes donc fondés à Tardieu. 32

lA CONFERENCE ï) ALGESIRAS

Angleterre .

France. . .

Allemagne .

Espagne . .

Commerce de Tanger.

(Statisliquos consulaires françaises.)

Exporlalion. Imporlalion. Total.

ExporlatioD. Imporlalion.

Total.

Les rapports anglais donnent d'autre part pour 1904 :

France 4.515.850

Allemagne 1.309.310

La proportion est donc visiblement la même dans les deux statistiques. Il en est de même pour le tonnage des navires qui donne, en 1904, 15 p. 100 à la France et 11,5 p. 100 à l'Allemagne.

Commerce de Sa fi en 1904.

(CliilTres anglais.)

Exportation. Importation.

Angleterre 2.788.875 3.696.875

France 211.000 1.176.625

Allemagne 1.172.875 164.625

Espagne 150.750 »

(GhilTres français.)

Angleterre 2.414.532 2.315.080

France 222.275 872.440

Allemagne 1.150.315 115.431

ToUl.

Commerce de Mogador en 1904.

(ChifTres anglais.)

Exporlalion. Importation.

Angleterre 1.704.700 3.'794.775

France 462.025 2.762.250

Allemagne 3.0(31.575 451.825

Espagne 98.525 48.200

(GhilTres français.)

Angleterre 1.403.407 3.178.317

France 452.832 2.726.176

Allemagne 3.118.294 502.520

Kspagne 124.334 214.835

Total.

Commercc'de Mazagan en 190 k (Chiffres français).

EïporluUon. Imporlalion.

Angleterre. ' 3.571.900 6.294.400

Fran:e 852.710 1.870.5iS

Allemagne 1.383.950 256.27c

Espagne 2.026.000 22.100

(Chiffres allemands.)

Angleterre 3.756.750 4.169.525

France 685.375 1.976.900

Allemagne 1.941.500 249.575

Espagne 1.797.075 115.800

'CliilTres anglais.)

Angleterre 3.370.900 6.219.400

France. . 674.175 896.525

Allemagne 1.383.950 256.275

Espagne 2.1iî6.000 22.100

Total.

Commerce de Casablanca en 1904.

Stati3li«|ues fran«;aises.

Exporlalioii. Imporlalion.

Angleterre 3.907.775 2.460.225

France 3.618.184 1.531.619

Allemagne 303 582 1.215.800

Espagne 244.474 7.206

Statistiques anglaises.

Angleterre 4.i8i.200 1.861.675

Fr.LiKv 3. 1*31.725 I.i8i.l75

Allemagne 9SS.800 1.987.G00

Espagne 121.850 1.717.450

Total.

Commerce de Larache.

Statisti<{iics françaises.

EN 100 3 iw 10 04

Kxporlaliou. Imporlalion, Total. Exporlalion. Imporlalion. Total.

Angleterre.

Fiance. . .

Allemagne.

ICs pagne. .

Statistiques anglaises.

Angleterre.

Franco. . .

Allemagne.

Espagne. .

r>02 i.A CONFÉRENCE d'aLGÉSIRAS

Proportion du commerce de Rabat, D'après un rapport consulaii'c allemand (mars 4906). Etporlaliou. [mporlalion.

Allemagne. . . . 13 p. 100. 16 p. 100. 48p.100. 21 p. 100. Angleterre .... 44 — 39 — 7 — 11 — France 43 — 49 — 45 — 08 —

APPENDICE X Liste des missions diplomatiques à la conférence d'Algôsiras.

AllemaGiNE. — MM. de Radowitz, ambassadeur à Madrid; le comte de Tallenbach, minisire à Lisbonne ; Klehmel, conseiller rapporteur ; de Radowitz, secrétaire d'ambassade ; de Glasenapp, conseiller financier; Schabinger, drogman.

AuTRicnE-HoNGRiE. — MM. le comte de Welsersheimb, ambassadeur à Madrid; le comte Koziebrodzki, ministre à Tanger; de Monllong, secrétaire, chargé des affaires marocaines au Ballplalz.

Belgique. — MM. le baron deJoostens, ministre à Madrid; le comte de Buisseret, ministre à Tanger ; Peltzer, secrétaire,

Espagne. — MM. le duc d'Almodovar del Rio, ministre d'État ; Ferez Gaballero, ministre à Bruxelles ; Pina y Millet, un des deux chefs du secrétariat de la conférence ; Hontoria (extrêmement actif et qui mena souvent la délégation espagnole) ; Cristobal Vallin, spécialiste maro^. cain, s'occupant de la question au déparlement d'État; de Ojeda, fils du sous-secrétaire d'État; le comte de Pradère; Reginaldo Ruiz, drogman.

États-Unis. — MM. Henry While, ambassadeur à Rome; Gummeré, ministre à Tanger ; Einstein, secrétaire.

Franck. — MM. Révoil, ambassadeur à Berne ; Regnault, ministre plénipotentiaire, délégué des porteurs de titres de l'emprunt de 1904; de Margerie, conseiller d'ambassade à Madrid, qui a- fait la plus grande partie du travail du secrétariat de la conférence; Aynard, directeur du cabinet du gouverneur général de l'Algérie ; comte de Cliérisey, secrétaire de la commission de rédaction ; R. de 3illy, secrétaire de la mission française, chargé des rapports avec la presse; commandant Godet, secrétaire parliculier de M. Révoil; capitaine Grandconseil, du cabinet de M. Jonnart, chargé de la chancellerie ; Destailleurs, chargé de la chancellerie ; G. Jessé-Curély, consul suppléant, attaché au service des douanes marocaines ; Gaillard, consul à Fez, chargé dudrogmanal; L. Leriche, consul à Rabat, chargé

du drogmanat ; Dupasseur, directeur de la Banque de Paris el des Pays-Bas ; Lurel, chargé des questions économiques; Secchi, secrétaire de M. Luret.

On peut joindre à la délégation française :

MM. le capitaine de frégate Haberl, commandant dn Galilée ; le commandant du Lalande ; Salraon, directeur des Archives marocaines; le commandant Fariau, chef de la mission militaire au Maroc*

Grande-Brktagne. — Sir Arthur Nicolson, ambassadeur à Madrid; MM. Vaughan (malade presque tout le temps) ; Lionel Saint-Aubyn, secrétaire ; A. Irvin, drograan.

Italie. — MM. le Marquis Visconli-Venosla ; Malmusi, ministre à Tc'inger ; Sforza, secrétaire ; les deux fils du marquis Visconli-Venosta venus l'un après l'autre comme secrétaires particuliers ; Comandari, drogman.

Maroc. — El Hadj Mohammed ben El arbi Ettorrès, délégué du Sultan à Tanger ; El Hadj Mohammed ben Abdesselam El Mokri, ministre des Dépenses ; El Hadj Mohamed Es-Seffar el Si Abderrahman Bennis.

Pays-Bas. — MM. le Jonkheer Testa ; de Sluers, secrétaire.

Portugal. — MM. le comte de Tovar (presque toujours absent) ; le comte de Marlens Ferrao; Navarro, attaché commercial.

Russie. — MM. le comte Cassini, ambassadeur à Madrid^; Bacheracht, ministre à Tanger; Kolémine, beau-fils de M. Bacheracht.

Suéde. — M. Sager.

Liste des principaux correspondants de journau!!.

POUR LA FRANXE

Tcmps^ MM. J. Galtier et Pimienta; Débats, R. de Caix; Matin, Hedeman et Honé Frnnrois; Echo de Paris, A. Mévil, Ch. Biel ; l'éclair, A. Cnussc; Petit Parisien, Brun; Petit Journal, Caslex; Gaulois, Dino d'Alfano; Figaro, du Taillis; Journal, Gaston Routier; New-York Herald, ^{^r\\\o^Q', Agence Ilavas, Mercadier el Henry Delmas; Politique Coloniale, Ali Zachy Bey; Dépêche Coloniale, Henri Lorin; Petite République, Paul Ballaguy ; Liberté, Maurice Gandolphe; Dépêche maro^ caine, Robert Raynaud.

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